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23 janv. 01

Les actualité du 23 janvier 1901

Queen Victoria

Mort de la reine Victoria

Sa Majesté Victoria Iere, reine d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, impératrice des Indes, est morte hier soir, mardi 22 janvier, à 6 h. 1/2, au château d'Osborne, dans l'île de Wight. Elle avait exactement 82 ans et 8 mois. Elle était née le 24 mai 1819. Elle était fille unique du prince Edouard duc de Kent, qui mourut en 1820, et petite-fille du roi Georges III. Elle succéda à son oncle le roi Guillaume IV le 20 juin 1837. Elle a régné soixante-trois ans et sept mois. Le prince de Galles a annoncé lui-même en ces termes, la nouvelle de la mort de sa mère au lord-maire de Londres : "Ma bien-aimée mère, la reine vient de s'éteindre, entourée de ses enfants et de ses petits-enfants."

Aussitôt que la nouvelle de la mort de la reine a été connue à Londres par le télégramme du prince de Galles, toutes les têtes se sont découvertes, et la foule qui se pressait aux abords de Mansion-House a laissé voir sa profonde émotion. Bientôt, toutes les cloches ont sonné le glas. Tous les théâtres et tous les établissement publics ont été fermés. Des éditions spéciales des journaux ont été rapidement publiées, ils étaient encadrés de larges bordures de deuil, avec portrait et la biographie de la reine. On envahît les magasins pour avoir des cravates noires et des crêpes. — Dans cette grande cité, le silence est presque complet On parle à voix basse, et devant Saint-Paul, une foule immense stationne sans bruit.

Dans la journée de mardi, les membres de la famille royale furent appelés trois fois au chevet de la reine qui de temps en temps reprenait connaissance. Puis la mort est survenue avec rapidité. La reine s'est endormie On a compris qu'elle était morte quand on a cessé d'entendre sa respiration. Du reste, il paraît que la reine n'a point souffert : depuis qu'elle fut frappée par le mal, elle resta dans un état comateux.

Rien n'est encore arrêté au sujet des funérailles. Le nouveau roi, l'empereur d'Allemagne et les membres de la famille royale doivent être à Londres ce matin. On dit que vendredi ou samedi, le cercueil de la reine sera transporté à Windsor et qu'après la solennité des obsèques, l'inhumation aura lieu au caveau de Frogmore, près Windsor, à côté du prince consort.

Tous les journaux de Londres sont aussi ce matin encadrés de noir. Tous constatent le grand calme de la population. Le Daily Mail dit que l'histoire mettra le nom de Victoria à côté de celui d'Elisabeth, que la mémoire de la reine défunte vivra à jamais dans l'esprit des Anglais comme la personnification de vertus pour lesquelles la race anglaise a le plus grand respect. Ce journal remarque fort justement, du reste, que la reine Victoria a rétabli dans le pays l'estime pour la monarchie. Le loyalisme n'était pas de mode quand elle monta sur le trône Elle a réparé les fautes et les erreurs de ses ancêtres. Et il ajoute : Si les Anglais ont un regret, c'est que la reine soit morte avant d'avoir appris la fin de la guerre qu'elle a vu commencer.

La Croix – 23 janvier 1901


EN BREF

Incendie du theâtre de Lons-Le-Saunier - Lons-le-Saunier, 22 janvier - L'incendie a éclaté au Bazar jurassien, situé sous les arcades du théâtre de Lons-le-Saunier. Le feu a pris dans des pièces d'artifice faisant partie des marchandises vendues par le bazar. La salle de spectacle a été rapidement envahie et le feu a redoublé d'intensité lorsque les décors ont brûlé. Le lustre est tombé avec un fracas épouvantable. Sous le théâtre, il y a des arcades occupées par des magasins, ainsi que deux grands cafés. Le 44e d'infanterie, la compagnie des pompiers de Lons-le-Saunier, de nombreuses compagnies de pompiers des environs sont arrivés sur les lieux et ont prêté leur concours pour combattre le feu. A un moment donné, on a cru que plusieurs personnes étaient restées dans les flammes ; mais bientôt on a eu la certitude que, seul, un jeune homme de dix-huit ans, nommé Guy, avait été victime de ce sinistre. Une jeune fille avait disparu. On la croyait restée dans les flammes, mais ce matin, elle est venue se présenter. Elle s'était enfuie au début de l'incendie. Il y a plusieurs blessés : un jeune homme employé au bazar, M. Marcel Humbert, et la bonne du bazar, Aline Michaud, ainsi que quelques pompiers. Le théâtre était assuré à dix Compagnies et les négociants sinistrés sont également assurés en partie. Les dégâts sont estimés à plus d'un million. Le feu ayant pris à six heures du soir, il n'y avait personne dans la salle du théâtre. Le Petit Journal – 23 janvier 1901

Un prince aux arrêts par ordre du Tsar - Un journal de Vienne raconté que, un peu avant la maladie de l'empereur Nicolas, la famille impériale fut troublée par une grave nouvelle: le grand-duc Constantin Constantinovitch, poète, auteur dramatique et acteur amateur, ce qui ne l'empêche pas de se distinguer dans les sciences comme dans l'art militaire. annonçait qu'il allait apparaitre en public sur les planches d'un théâtre viennois! L'émoi fût grand à la cour. Un Romanov, s'afficher à ce point! Aussi n'eût-on pas de peine a obtenir de l'empereur un ordre formel qui défendait a son oncle, le grand-duc Constantin, de donner suite a son projet, et qui l'envoyait aux arrêts forcés dans les immenses propriétés qu'il possède en Sibérie. Parmi ses œuvres littéraires, on cite particulièremet sa traduction de Hamlet, qu'il fît représenter à la Cour et où il remplit le principal rôle. Il a traduit également plusieurs drames de Schiller et le fameux roman polonais Quo Vadis ? Le grand-duc Constantin, qui a maintenant quarante-deux ans, s'est marié en 1884 avec la princesse Elisabeth d'Alterburg, une charmante Saxonne a l'esprit cultivé et aux idées hardies. On la soupçonna même d'avoir collaboré aux volumes de poésie qu'a publiés le grand-duc. La Presse – 23 janvier 1901

La première course automobile de la saison s'est disputée hier C'était la Coupe Linsky. Le départ en a été donné à Cagnes, près de Nice, à dix heures du matin. L'arrivée, ayant lieu à 42 kilomètres, dans les montagnes, le parcours comportait des côtes terribles dont plusieurs atteignaient 11%. Notons que le col de la Faye, où grimpaient les concurrents, est à 1,000 mètres d'altitude. Voici l'ordre des arrivées : 1. L. Ravenez (voiturette de 250 kilos, 5 chevaux), à 11 h. 34 m, 3 s. Temps de la course : 1 h. 32 m. 3 s. 2. Marius Oustrie (voiturette de 320 kilos, 3 chevaux), à 11 h. 49 m. 2 s. Temps : 1 h. 45 m. 2 s. 3, Gilbert (voiturette de 250 kilos, 5 chevaux. Aucun accident à noter. Certains concurrents ont du s'arrêter par suite de pannes. La Presse – 23 janvier 1901


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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