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Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

07 sept. 01

Les actualités du 7 septembre 1901

Attentat contre le Président des Etats-unis

William_McKinley_AssassinatM. Mac-Kinley, président des Etats-Unis, visitait hier, 6 septembre, dans l'après-midi, l'exposition de Buffalo, grande cité sur les bords du lac Erié. Il était entré au Palais de la musique quand un individu bien vêtu, portant un chapeau de haute forme, s'approcha de lui, lui tendit la main, et, de l'autre, lui tira deux coups d'un revolver dissimulé dans un mouchoir. Une des balles a atteint le président dans la poitrine et comme elle a porté sur un os, on a pu l'extraire. L'autre balle a blessé gravement le président à l'estomac.

L'assassin a été aussitôt arrêté. C'est un nommé Fred Nieman qui se dit anarchiste et de nationalité polonaise. Il habitait Buffalo depuis une semaine et était venu de Détroit. La foule s'est ruée sur lui et a voulu le lyncher. Pour le désarmer, un inspecteur de police s'est précipité sur lui et l'a terrassé. En un clin d'oeil, 20 personnes se sont précipitées sur l'assassin qu'on a eu beaucoup de peine à arracher de leurs mains.

M. Mac-Kinley a été transporté d'abord à l'hôpital où il a reçu les soins les plus empressés de quatre médecins. Pour extraire la balle de la poitrine, on lui a donné un anesthésique. Et on a constaté que la respiration était libre. On a sondé la blessure de l'estomac, mais sans pouvoir extraire le projectile, ni déterminer la place qu'il occupe. Au moment où il a été blessé, le président est tombé dans les bras d'un inspecteur de police à qui il a demandé avec calme : "Suis-je blessé ?" L'inspecteur a déboutonné le gilet de M. Mac-Kinley et voyant la poitrine ensanglantée a répondu : "Je crois que oui."À 6 heures du soir, les médecins annonçaient que les blessures du président, quoique graves, n'étaient pas nécessairement mortelles. Voilà le résumé très fidèle des nombreuses dépêches venues à Paris la nuit dernière et dans la matinée.

On assure que l'assassin, interrogé sur les motifs de son odieux attentat, aurait répondu : "Je suis anarchiste, j'ai fait mon devoir." Une autre télégramme dit, au contraire, que ce miserable n'est pas anarchiste. Alors, c'est un fou. L'émotion causée par l'attentat est considérable à Buffalo, à New-York et partout où la nouvelle est arrivée. Une foule énorme stationnait devant les journaux, avide d'avoir des nouvelles.

Le New-York Herald, contrairement aux nouvelles un peu rassurantes, notées plus haut, dit que l'état du président est considéré comme sérieux. Le monde financier de New-York est tres préoccupé des conséquences que l'attentat peut avoir sur les affaires, et les principales personnalités ont été immédiatement convoquées pour aviser aux mesures à prendre, afin de protéger le marché.

La Croix – 7 septembre 1901


EN BREF

Coup de Grisou - Saint-Etienne, 6 septembre - Une explosion de grisou vient de se produire au puits du Ban, de la Compagnie des mines de Roche-La-Molière et Firminy, à Firminy. Plusieurs ouvriers étaient occupés, hier matin, à extraire du rocher à coups de mine dans une galerie éloignée et grisouteuse. Un fourneau fit explosion et tout a coup les mineurs, terrifiés, virent une longue flamme passer au-dessus de leurs têtes. C'était le grisou ! On se précipita aussitôt dans la galerie pour juger de la gravité dé l'accident qui, bien qu'encore très douloureux, a moins d'importance qu'on ne l'avait cru tout d'abord. Seuls, deux ouvriers: MM. Sauzet, âgé de trente-sept ans, et Minaire, trente-cinq ans, habitant l'un et l'autre au hameau de Raboin, commune d'Unieux, avaient été atteints. Les malheureux mineurs furent remontés au jour et transportés à l'infirmerie de la mine, où des soins dévoués leur furent donnés. Sauzet est le plus grièvement atteint et son état inspire de sérieuses inquiétudes. Quant à Minaire, de l'avis du médecin qui l'a visité, il en sera quitté pour quelques semaines de repos. Cet accident a causé à Firminy une très vive impression. Toute la journée, l'affluence a été grande au puits du Ban, et l'on a eu beaucoup de peine à rassurer le public, qui croyait a une de ces épouvantables catastrophes comme il s'en produit, hélas ! si souvent dans les mines. Le Petit Parisien – 7 septembre 1901

Une tête coupée dans un terrain vague de Romainville - On a trouvé hier dans la commune de Romainville, une tête coupée. Cette funèbre trouvaille a été faite, à deux heures de l'après-midi, par deux gamins qui jouaient dans un terrain boisé côtoyant la route de Noisy-le-Sec, sur la zone militaire du fort de Romainville. C'est une tête d'homme à laquelle adhèrent encore des cheveux. Une blessure profonde troue la partie postérieure de l'occiput. Ce débris humain a été envoyé à la Morgue. Une enquête est ouverte pour savoir si l'on se trouve en présence d'un crime. Le Figaro – 7 septembre 1901

ClownsAu Nouveau-Cirque - Le coquet établissement de la rue Saint-Honoré entièrement remis à neuf et plus élégant que jamais, a fait, hier, une réouverture sensationnelle. Devant une salle composée de nombreux étrangers et Parisiens revenus de villégiature, M. Houcke a offert à ce public trié sur le volet un programme des plus intéressants. Les vingt numéros qu'il comprend mériteraient tous une mention spéciale. Citons en bloc. M. Alaska-Judje et ses phoques ; le cycliste Johnson, de Londres ; Mlle Miniggio, un très gracieux jockey ; les six chevaux présentés par M. Laszewskz ; Footit et Chocolat, retour d'une saison à Londres où ils furent superbement fêtés. Ces exhibitions amusantes et émotionnantes seront certainement appréciées de tous ceux qui vont se rendre en foule au Nouveau-Cirque. Le Petit Journal – 7 septembre 1901

Usine détruite par le feu - Bernay. 6 septembre. L'usine de M. Charles Duret, conseiller d'arrondissement, filateur à Brionne, vient d'être complètement détruite par un incendie. Le feu s'est déclaré hier, vers huit heures du soir, dans un bâtiment annexe de la filature. A dix heures, tout semblait terminé lorsque, quelques instants après, toute la toiture du bâtiment principal prenait feu. Tous les efforts tentés par la compagnie des sapeurs-pompiers pour combattre le fléau ont été infructueux et tous les bâtiments ont été la proie des flammes. Près de 350 ouvriers vont se trouver sans travail. Les causes de ce sinistre sont inconnues, et les pertes, couvertes par plusieurs assurances, ne peuvent encore être évaluées. On n'a à déplorer aucun accident de personnes. Le Petit Journal – 7 septembre 1901


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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