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19 sept. 08

Les actualités du 19 septembre 1908

derniere photo du lieutenant selfridge2

L'aéroplane d'Orville Wright s'écrase lors d'une expérience. Son passager est tué.

L'ascension faite sur son aéroplane hier après midi à Fort-Myer (Virginie) par Orville Wright, a eu une issue tragique. L'aviateur exécutait un vol en compagnie du lieutenant Selfridge, du corps des aérostiers, et fils de l'amiral, lorsqu'une aile d'une de ses hélices se rompit pendant qu'il accomplissait pour la quatrième fois le tour du champ d'expériences. La machine fit panache et s'abîma sur les deux hommes d'une hauteur de 25 mètres.

Tous les deux furent transportés à l'hôpital de Fort-Myer, où le lieutenant Selfridge succomba au bout de trois heures, sans avoir repris connaissance à une fracture du crâne. Quant à M. Orville Wright, il a une fracture de la jambe gauche au-dessous du genou et de plusieurs côtes du côté droit puis une légère blessure au-dessus de l'œil gauche. Il conserve toute sa connaissance, et après l'examen auquel il a été soumis par le chirurgien, il a dicté un message pour sa famille dans lequel il rassure que "tout va bien".

L'aéronaute et son compagnon avaient commencé à cinq heures quinze leur vol qui devait être le record de l'aéroplane monté par deux hommes. Tout alla bien pendant cinq minutes, lorsque, sans que rien le fît prévoir, un craquement retentissant se produisit. On vit des pièces de l'hélice de gauche brusquement rompue, tomber à terre, puis la machine elle-même, d'abord soutenue un moment par la toile, s'abattre en accélérant sa chute et piquer de l'avant en se renversant sous l'action de l'hélice droite qui continuait à tourner, ce qui détruisit l'équilibre.

Tous les assistants se précipitèrent au secours des aéronautes. Où souleva la machine sous la masse disloquée de laquelle gisaient Orville Wright étourdi, et le lieutenant Selfridge, qui voulut d'abord parler, puis tomba aussitôt dans le coma. L'aviateur avait eu heureusement la présence d'esprit d'arrêter son moteur, sans quoi une explosion aurait pu suivre la chute de l'aéroplane.

L'armature est complètement brisée et devrai être reconstruite entièrement. On explique la rupture de l'hélice de gauche par l'effort trop grand rendu nécessaire par le poids de deux hommes Cette hélice était toute neuve. Les ailes avaient six pouces de plus que celles de l'ancienne. Orville Wright l'essayait pour la première fois. Elle devait augmenter la vitesse de l'appareil.

Les aviateurs étaient parfaitement maîtres de leur appareil quand l'accident se produisit. On estime donc que la chute n'est pas due à un défaut de la machine, mais à la construction défectueuse du propulseur. Après l'accident, la ruine lamentable de l'aéroplane ressemblait à un oiseau dont une aile eût été brisée.

On croit qu'il faudra deux mois à Orville Wright pour être remis sur pied; il ne faut donc plus s'attendre à de nouvelles expériences de sa part cette année. Il est plus téméraire que son frère Wilbur, dont l'extrême prudence ne laisse rien au hasard. Le lieutenant Selfridge qui a été tué, devait partir demain soir pour Saint-Joseph (Missouri) afin de prendre part à une ascension du dirigeable du capitaine Baldwin, à l'exposition militaire.

Le Temps – 19 septembre 1908


EN BREF

La trompette magique - Un Parisien, raconte le Cri de Paris, faisait en Alsace une tournée dans son automobile. Il passa à Strasbourg. Ce Parisien est un homme très prudent. Quand il franchissait un tournant, il ne se contentait pas de la trompe du chauffeur: il poussait encore des appels stridents de trompette. Arrivé au premier tournant, à Strasbourg, le voyageur joue de la trompette. Aussitôt, d'un poste militaire qui se trouvait au coin de la rue, sort un piquet de soldats qui présentent les armes à l'auto. Etonné, le voyageur continue sa route ; mais, à la prochaine caserne qu'il rencontre, le poste sort lui rend les honneurs. Et il en fut ainsi, dans toute la ville, chaque fois qu'on rencontrait des postes militaires. Et Dieu sait s'ils sont nombreux ! Flatté d'abord, le voyageur finit par éprouver quelque inquiétude. Il doit y avoir erreur, se disait-il, et quand on découvrira la vérité, qu'est-ce qui va m'arriver ? A la fin, dans un hôtel, le voyageur eut la clef du mystère. Le kaiser était venu en auto la veille, et son auto avait une trompette, naturellement. En sorte que les soldats trompés par la trompette, pensaient que l'empereur devait être dans la voiture.Le voyageur prudent renonça à jouer de la trompette. La Presse – 19 septembre 1908

Un vapeur en feu dans le port d'Oran - Oran, 17 septembre - Cette nuit, vers trois heures, alors que les pompiers étaient occupés à éteindre un incendie qui s'était déclaré dans une baraque de la Compagnie maritime, de grandes flammes s'élevèrent de la cale avant du cargo Saint-Jacques, de la Compagnie navale de l'Ouest, mouillé dans notre port. Cette cale, contenant du liège, du crin végétal, du savon et des huiles, offrit un aliment facile au feu, activé, en outre, par une violente bourrasque. Les pompiers, les troupes de la garnison, les équipages des navires ancrés dans le port luttèrent avec énergie et eurent beaucoup de peine à préserver le cargo North-West, ancré à côté du Saint-Jacques et portant une cargaison de bois qu'on déchargea aussitôt. Vers neuf heures, le feu envahit la cale numéro 2 contenant de l'alfa, et à l'heure actuelle, le navire tout entier est en flammes. Il est considéré comme perdu. Le Petit Parisien – 19 septembre 1908

Posté par Ichtos à 17:39 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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