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01 janv. 09

Les actualités du 1er janvier 1909

150 kilomètres en aéroplane - Wilbur Wright bat ses précédents records

wright

Aviation

Wilbur Wright  (...) nous a donné pour terminer l'année deux records magnifiques, celui de la distance et celui de la durée. Tout d'abord ce matin, après avoir déclaré qu'il ne ferait aucun vol, Wilbur Wright s'envola dans les airs après avoir ajouté à son aéroplane un réservoir supplémentaire d'essence. A 11 H 16, il fît un premier départ et vola 42 minutes. Son second réservoir s'étant mis à fuir et l'essence lui giclant dans la figure, Wright fut obligé d'arrêter. A midi, Monsieur Léon Bollée, Président de l'Aero-Club de la Sarthe (...) se rendit à la gare de Champagne pour recevoir Monsieur Barthou, Ministres des travaux publics (...). Après déjeuner, Wilbur Wright annonça son intention de courir pour la coupe Michelin et il s'empressa de revêtir un costume ad hoc.

Il partit à 2 H 3 secondes exactement en présence du ministre. Le thermomètre marquait 0. L'aéroplane se mit à évoluer et à décrire des ellipses régulières autour des poteaux de virage. Au out de 1 heure 52 minutes 15 secondes, après 45 tours accomplis, Wright atteignit les 100 kilomètres. Il ne s'arrêta pas là et, continuant sa course, il dépassa les deux heures. Ce ne fut qu'après 2 heures 20 minutes et 23 secondes de vol qu'il consentit à atterrir.

A ce moment, Wilbur Wright avait accompli la distance officielle de 124 kilomètres et 700 mètres et en réalité, la distance de 150 kilomètres. Toutefois le chemin parcouru pour la coupe Michelin est inférieur à ces chiffres, car on ne doit compter que la distance parcourue depuis le départ jusqu'au coucher du soleil, c'est à dire jusqu'à 4 H 19.  Cette distance est exactement 123 kilométrés 200 metres ce qui vu l'insuccès de Farman lui acquiert définitivement la coupe Michelin ainsi que les records de la durée et de la distance.

Après ce vol formidable, Wilbur Wright décida malgré la nuit qui venait, d'emmener Monsieur Barthou dans les airs. (...) A 5 H 20, dans la nuit complète, l'aviateur et le ministre s'enlevèrent dans l'ombre et tous deux goûtèrent pendant 3 minutes 58 secondes les joies de l'aéroplane. (...) Le ministre a regagné Paris par le rapide de 7 heures.

Le Petit Parisien – 1er janvier 1909

 

Des coups de revolver chez Monsieur Clémenceau

clemenceau

Nous avions Mattis. Nous avons Benedetti. Mais ce dernier est un exalté d'une catégorie différente. Alors que l'agresseur de Monsieur Fallières prétendait donner à son geste une portée politique, l'impulsif d'hier soir n'a a agi que pour son compte. Pour se faire rendre justice a t'il dit. (...). Il en voulait ce Benedetti à Monsieur Clémenceau. Il le rendait responsable de tous ses malheurs. Et il avait trouvé un moyen tout simple d'attirer sur lui l'attention publique. Hier après midi, il se munit d'un revolver.

Ce revolver, il le mit dans la poche de son mince pardessus. Après quoi, l'air d'un vieux soldat avec sa barbiche grise et son allure encore preste, il se rendit le chapeau sur l'oreille au ministère de l'intérieur Place Beauveau. Il franchit la grille et se dirigea à droite vers l'antichambre du sous secrétaire d'État. On l'en revit sortir peu après, mais il n'alla pas bien loin. Il se haussa sur la pointe des pieds devant l'une des fenêtres du Cabinet de Monsieur Clémenceau. De là il pouvait voir le Président du conseil assis à son bureau.

Puis il sortit son revolver de sa poche et tira deux fois. (...) On entendit un bruit de carreaux brisés. On aperçut Monsieur Clémenceau ouvrant la fenêtre, un peu ému. Déjà deux hommes s'étaient précipité sur Benedetti qui, maintenant, tirait en l'air trois fois. L'un des hommes, le mécanicien de Monsieur Clémenceau avait mis lui aussi revolver au poing.

Impérieusement, le Président du Conseil s'écria: "Je vous défends de tirer, ne faits pas de mal à ce fou." Benedetti d'ailleurs jetait son arme et se contentait de manifester: "A bas le tyran, justice, justice !". On l'empoigna, on l'emmena chez Monsieur Hennion, Directeur de la sureté générale...Toute cette scène s'était déroulée en moins d'une minute. L'homme à la barbiche, emporté comme un paquet avait à peine disparu que Monsieur Clémenceau, refermant sa fenêtre, reprenait le cours de ses audiences.

Le Petit Parisien – 1er janvier 1909

 

EN BREF

Pantin – Un bœuf furieux – Un bœuf s'est échappé hier d'un wagon de bestiaux dans la gare des marchandises. A une allure folle, il traversa la ville, terrorisant les habitants rue Denis Papin, Route d'Aubervilliers, Rue Victor Hugo. Dans cette dernière rue, il fonça sur un superbe cheval appartenant à Monsieur Lebel, fabricant de meubles et le projeta sur la chaussée le poitrail ouvert. Puis le bœuf de plus en plus furieux, repartir avec une impétuosité farouche, renversant tout sur son passage. Il mit notamment en miettes une voiture à bras et s'acharna sur celui qui la poussait devant lui, Monsieur Mazet, 45 ans. Le pauvre homme est condamné pour le moins à 20 jours de repos. Enfin, rue Courtois, une escouade d'agents rejoignit le terrible animal qui put être abattu à coups de revolver. La Croix – 1er janvier 1909

Justice

Suisse

Reconnu à l'anthropométrie – Dans la nuit du 21 au 22 décembre un individu était surpris en flagrant délit de vol dans une chambre d'hôtel à Bâle. Il voulut se sauver par une fenêtre à l'aide de ses draps de lit noués en corde. Mais il prît mal ses mesures, les draps se rompirent. Le voleur tomba sur le sol et se tua. En l'absence de papiers pouvant établir l'identité de ce rat d'hôtel, on envoya à tout hasard sa photographie à Monsieur Bertillon. Grâce au répertoire international, celui-ci vient d'établir que le voleur avait été condamné pour faits analogues sous le nom de Detrahardt par le Tribunal de Zurich et sous le nom de Steinmer par le Tribunal de Rome. Le Petit Parisien, - 1er janvier 1909

Catastrophe-ferroviaireCollision de trains près de Choisy-Le-Roi - Par suite d'un brouillard très épais qui s'étendait ce matin sur Paris et sa banlieue un grave accident s'est produit sur la ligne d'Orléans entre Choisy-Le-Roi et Baches. Le train de voyageurs 1339 a tamponné le train 311 qui stationnait depuis un certain temps à cet endroit par suite d'un déraillement qui s'était produit à Choisy-Le-Roi. D'après les premiers résultats de l'enquête ouverte par le commissaire de surveillance administrative de la gare d'Austerlitz, il résulte que l'accident est dû à une erreur de signaux. Les voies ont été obstruées jusqu'à midi environ et de grands retards se sont produits de ce fait. A la compagnie, on déclare que cet accident n'a occasionné que des dégâts matériels de peu d'importance. La Presse – 1er janvier 1909

us-1908

6 champions olympiques suspendus – Le Comité de l'Amateur Athletic Union d'Amérique vient de suspendre définitivement pour faits de professionnalisme (sommes exorbitantes reçues pour frais de déplacement) les six champions suivants: Melvin Sheppart, champion du monde des 800 et 1,500 mètres et recordman du monde des 1.500 mètres en 1 m 52 s 4/5, Charles Bacon, champion du monde et recordman des 400 mètres haies en 55 secondes, Harry Porter, champion du monde de saut en hauteur, concours qu'il gagne avec 1 m 93  devant André (Français) et C.Leaby (Anglais), Georges Bonhag, champion des 10 milles d'Amérique en 1904, 19005, 1906 et 1907, F.J. Bellars, champion actuel des 5 milles d'Amérique, James Lee, champion actuel des 10 milles d'Amérique. La Presse – 1er janvier 1909

Posté par Ichtos à 10:00 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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