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29 janv. 09

Les actualités du 29 janvier 1909

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Les Serres du cours la Reine

Dans quelques jours auront disparu les serres monumentales du cours la Reine, un des derniers vestige de l'Exposition de 1900. Les démolisseurs, actuellement au travail ne font que parachever l'œuvre du temps. Depuis plusieurs années, déjà l'aspect de ces vastes serres était minable.

Le léger treillage — jadis vert — qui habillait les lourdes verrières barbouillées de bleu chardon, avait subi d'irréparables injures.

Les expositions successives — autant que variées — qui, depuis 1900, avaient trouvé un refuge dans les serres du cours la Reine ne purent jamais redonner un peu de vie à ce coin de Paris, si délicieusement ombragé où pépient des milliers de moineaux. Les services d'architecture de la Ville, et des plantations, vont pouvoir rendre bientôt aux berges de la Seine leur ancienne physionomie. Les vieux Parisiens, amoureux et fiers de leur capitale, ne regretteront rien.

On n'en saurait dire autant à propos de la galerie des Machines vouée — elle aussi — a une prochaine disparition. Cette nef grandiose, merveille d'audace architecturale. qui provoqua l'admiration des millions de visiteurs de l'Exposition de 1889, avait survécu, transformée en partie pour l'Exposition de 1900. Malgré les multiples services rendus antérieurement on n'a pu éviter la démolition de ce qui fut le temple de l'industrie mécanique moderne.

Il reste un vœu à formuler ; les Parisiens — ceux qui se hasardent vers les lointains Jardins du Trocadéro — ne sont pas peu surpris de voir — ainsi que nous l'avons déjà signalé — que le pont d'Iéna n'a pas été encore rétabli dans son aspect primitif. En vue de faciliter, lors de l'Exposition de 1900, le passage aux visiteurs se rendant au Champ-de-Mars, on avait à l'aide d'encorbellements métalliques, élargi considérablement le tablier du pont. Les années se sont écoulées; les ferrures, rongées par la rouille, n'offrent plus grande solidité et le plancher vermoulu menace de s'effondrer sous le pied des promeneurs, aussi l'administration, prévoyante et tutélaire, a t-elle cru devoir prendre de sages précautions. Les crédits — quelques milliers de francs — faisant défaut pour démolir les encorbellements — depuis dix ans provisoires — on a isolé à l'aide d'un treillage les trottoirs de venus dangereux.

O logique administrative !...Combien de temps encore se prolongera cette anormale situation ? Si l'on songe qu'il fallut batailler cinq ans pour faire jeter bas une méchante palissade qui obstruait la petite passerelle reliant le quai de Billy au quai d'Orsay, on peut seulement souhaiter à nos petits-fils de voir réaliser ce travail — urgent — de voirie.

Le Petit Parisien – 29 janvier 1909

EN BREF

La revanche de la couturière - Désireuse de se marier, Mlle X..., couturière, avait fait paraître une annonce ainsi conçue : "Demoiselle sérieuse, 30 ans, possédant 2.500 francs d'économies, épouserait employé pouvant l'aider dans son petit commerce". En réponse à cette invite, la couturière reçut une lettre, signée Richoux, qui lui disait : Je suis grand brun, robuste, très énergique. Je cherche une femme dévouée et intelligente. Je n'attache pas d'importance à la question de dot. L'essentiel est que nous nous plaisions réciproquement. Le ton de celte réponse plût à la couturière. Elle vit le prétendu Richoux qui se présenta comme expert chimiste à l'hôpital Saint-Louis, et bientôt sa confiance fut telle qu'elle remit ses économies entre les mains de Richoux. C'était tout ce qu'attendait le grand brun, qui disparut. Vainement, la pouce fut lancée à sa recherche. On désespérait de le retrouver, quand la couturière s'avisa d'un ingénieux stratagème. Elle fit paraître une nouvelle annonce analogue à la première, en donnant le nom d'une amie. Le piège réussit à souhait. De suite une réponse arriva. Elle n'était plus signée Richoux. Mais comme celle de Richoux, elle disait : "Je suis grand, brun robuste, etc., etc. ". Pas de doute, c'était le prétendu Richoux. Rendez-vous lui fut donné place du Havre et quand il se présenta, des agents lui mirent la main au collet. Il s'appelait de son vrai nom Alphonse Fessier. Il a comparu, hier, devant la onzième chambre, qui l'a condamné à treize mois de prison. Le Petit Parisien – 29 janvier 1909

Posté par Ichtos à 13:00 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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