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Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

01 févr. 09

Les actualités du 1er février 1909

La doyenne des bachelières s'est éteinte hier à Crozon

090201institC'est une figure curieuse qui vient de disparaître en la personne de Mlle Le Bastard de Mesmeur, une vieille institutrice qui, ce matin, s'est éteinte a plus de quatre-vingt-douze ans, au petit bourg de Crozon, qu'elle habitait depuis sa naissance. Mlle Anna-Désirée-Jacqueline Le Bastard de Mesmeur, qui avait enseigné sous la royauté, l'empire, la République, était considérée comme la doyenne de l'enseignement primaire et la doyenne des bachelières : n'avait-elle pas conquis ce grade universitaire il y a plus de soixante cinq ans ?

Déjà institutrice sous l'empire, alors qu'elle était restée ardente royaliste, elle fut héroïne de l'anecdote suivante : En 1859, il y avait grande fête à l'école de Crozon à l'occasion de la distribution des prix. Mlle Le Bastard, qui dirigeait l'école avait invité son père à cette solennité. M. Le Bastard, historien et archéologue breton avait été garde du corps de Louis XVIII en 1815, et maire de la commune de Fouesnant en 1822. Il avait fait donner a sa fille une instruction très complète et l'avait poussée jusqu'au baccalauréat ès lettres, ce qui était extrêmement rare à l'époque.

Or, l'ancien garde du corps du roi, arrivant à l'école de Crozon et apercevant le buste de Napoléon III en évidence sur un socle dit à sa fille: Enlève moi ce larron (sic) sans quoi je refuse d'assister à ta distribution de prix. Mlle Le Bastard dût s'éxécuter. Le buste de 1'empereur fut enlevé de son socle et dissimulé sous la table. On juge du scandale ! L'institutrice fut mandée au parquet de Châteaulin où elle fut conduite comme une véritable criminelle. Elle dut avouer son "crime" de lèse-majesté...

Mlle Le Bastard de Mesmeur a terminé doucement ses jours dans un ouvroir, où elle s'était retirée, il y a quelque temps. Ses obsèques seront célébrées demain.

Le Petit Parisien – 1er février 1909


EN BREF

Maroc: Destruction du village de Ramara - Des nouvelles indigènes provenant de Tétouan donnent des détails sur la catastrophe qui a détruit ces jours-ci le village de Ramara (...). Pendant la nuit les habitants de ce village furent réveillés par de grands bruits souterrains. Saisis de panique, ils quittèrent leurs gourbis et se jetèrent à terre. Implorant le pardon d'Allah, dont Les infidèles avaient, selon eux, excité le courroux. Tout à coup, une très forte secousse agita le sol, un bruit se fit entendre et, au même moment, une avalanche de terre et de quartiers de roc tomba de la montagne, sur les flancs de laquelle se trouvait le village. En un clin d'œil, le village fut enseveli. La catastrophe fut si rapide que les villageois n'eurent pas le temps de prendre la fuite vers la plaine Seuls, quelques indigènes, qui habitaient des gourbis situés dans ta vallée, purent se sauver et gagner Tetouan. Les survivants ont déclaré ne pas comprendre la cause du phénomène. Ils croient que tous ou presque tous les habitants du village ont péri.Le Petit Parisien – 1er février 1909

Meurtrier par pitié - Un drame douloureux s'est passé hier, 2, rue Hoche, à Puteaux, dans un ménage d'employé, Depuis quelques mois, une jeune femme, Julia Baudin, souffrait d'un asthme, incurable. Dans son chagrin, elle suppliait sans cesse son mari de mettre fin a ses souffrances en la tuant. Hier, Alphonse Baudin a cédé aux prières de la malade, et lui a tiré un coup de revolver dans la tête. La mort a été instantanée. Le mari, qui est âgé de trente-huit ans, est allé aussitôt se constituer prisonnier au commissariat de police. Le corps de Julia Baudin a été envoyé à la Morgue. Le Figaro – 1er février 1909

090201tempeteLa tempête à Marseille - Le vent du nord-ouest s'est mis soudainement à souffler en tempête la nuit dernière, si bien que la mer est démontée; dans la rade. Les courriers attendus dans la journée ne sont entrés qu'avec difficulté; l'Ourah a même, débarqué ses sacs postaux sur un remorqueur en dehors de la rade pour reprendre immédiatement sa route vers Londres. La Germania, venant de New-York s'est réfugiée à l'Estaque. Le Ilero courrier d'Extrême-Orient, après des tentatives infructueuses pour franchir la passe,.a dû demander les secours des plus puissants remorqueur du port. Le Figaro – 1er février 1909

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