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03 févr. 09

Les actualités du 3 février 1909

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Un ballon heurte un rocher – Les deux aéronautes sont tués

Un terrible accident s'est produit ce malin, aux environs de Cassagnoles. Le ballon le Rêve, parti hier de Bordeaux et que montaient deux aéronautes de cette ville, MM Etienne Faure et Achard, fut entraîné par la tourmente, alors que l'obscurité empêchait les passagers de voir dans quelle direction ils étaient emportés.

Vers une heure du matin, les aéronautes, à ce que l'on croit, s'aperçurent qu ils se dirigeaient avec rapidité vers la mer ; ils soupapèrent brusquement et le ballon, complètement désemparé, se rapprocha du sol avec une effrayante vélocité. La nacelle, après avoir effleuré les cimes des arbres, heurta un énorme rocher et MM. Faure et Achard furent violemment jetés à terre. M. Achard se releva seul, semblant n'avoir que de légères blessures ; mois son ami avait été tué sur le coup. Pour lui, il ne lui survécut que de quelques heures.

M. Etienne Faure, remplissait à Bordeaux les fonctions de juge au tribunal de commerce. Il était marié, père d'une fillette et âgé de quarante-deux ans. Il était le frère de l'aéronaute parisien bien connu Jacques Faure, qui a remporté le premier grand prix de l'Aéro-Club en 1905, détenu en 1900 le record de la distance, traversé sept ou huit fois la Manche en ballon et établi le record de Londres à Paris, en 6 heures 30.

Un parent de M. Etienne Faure a déjà péri dans des circonstances à peu près semblables. Un de ses cousins, en effet, M. Guy de Bethmann, montait en compagnie de M. Scharf le Fernandez Durot qui se perdit l'an dernier en mer. Le Rêve appartenait à MM. Faure et Achard. Ils étaient partis hier à quatre heures de l'usine a gaz de la Bastide, pour une simple promenade.

Le Petit Parisien – 3 février 1909


allemagne L'aviateur français Zipfel se couvre de gloire à Berlin

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Les deux premières journées d'essais de l'aviateur français Zipfel au camp de Tempelhof, près de Berlin, n'avaient donné que des résultats plutôt négatifs. La troisième journée officielle, celle d'aujourd'hui, aura marqué un succès appréciable, que le public a salué chaleureusement.

A 2 h. 1/2 exactement, les portes du hangar abritant l'aéroplane s'ouvraient, et celui-ci était amené devant la tribune d'honneur, d'où s'effectue le départ. Un vent sud-sud-ouest assez vif par instants, soufflait avec une force de 13 mètres par seconde. Des milliers de spectateurs — de 20. à 30.000 — s'échelonnaient de part et d'autre du champ de manœuvres qui était couvert d'une couche de neige de 15 a 20 centimètres.

Au commandement de départ, l'hélice est mise en mouvement Elle chasse une véritable trombe de neige sur les spectateurs installes à la tribune d'honneur ; ceux-ci reçoivent stoïquement la tourmente. L'aéroplane se met en marche, parcourt de 2 à 300 mètres sur le sol, puis s'élève tout d'un coup à une hauteur d'au moins vingt mètres. Un hourra unanime retentit. L'aéroplane parcourt dans l'air 1.200 mètres, puis arrivé aux limites du terrain, revient au sol.Le vol avait duré trois minutes.

L'aéroplane s'élève une seconde fois, et s'arrête après un parcours de 700 mètres à une hauteur moyenne de vingt à vingt-cinq mètres. Un troisième essai donne un vol, interrompu par un court atterrissage, de 800 mètres. Enfin, une quatrième fois, l'épreuve recommence. Le moteur semble moins régulier. Le vol est moins élevé et moins long, 7 à 800 mètres sont couverts, puis le clairon donne le signal de la fin. M. Zipfel continuera demain et les jours suivants, peut-être, jusque dimanche.

Le Petit Parisien – 3 février 1909

Posté par Ichtos à 12:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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