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04 févr. 09

Les actualités du 4 février 1909

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La cadeau du Dalaï Lama à la France

Le paquebot Calédonien venant d'Alexandrie, est arrivé ce matin ayant à bord le commandant d'Ollone, chef de la mission française d'exploration dans la Chine occidentale et le Tibet oriental.

M. d'Ollone a été salué à son arrivée par de nombreuses personnalités et des délégations des sociétés de géographie de Paris et de Marseille, parmi lesquelles son frère le comte d'Ollone, le docteur Heckel, le baron Hulot, le lieutenant de Fleurette, etc...

Le commandant d'Ollone, qui a bien voulu me recevoir, m'a donné, au sujet de son entrevue avec le Dalaï Lama, les intéressants détails suivants;

C'est à Ou-Tai-Than, dans un site merveilleux, en plein cœur du Tibet, que le "Bouddha vivant" m'accueillit. Je le trouvai assis sur une estrade ; il était vêtu d'une tunique orange, d'une culotte jaune et chaussé de bottes en cuir de même couleur. Sur ses épaules se déroulait une écharpe en scie rouge. Il avait la tête nue et les cheveux courts. Sa lèvre était ombragée d'une fine moustache noire et sur son menton s'étalait une légère mouche.

Il est agé de trente-six ans. Selon l'usage, je lui offris une écharpe de soie bleue, puis par l'intermédiaire de trois interprètes, un Chinois auquel je parlais en français, un Mongol a qui ce Chinois traduisait mes paroles et un Tibétain qui les transmettait enfin au Dalaï Lama, je causai quelques instants avec le Bouddha qui bientôt se leva. Il me fit alors remettre une écharpe bleue pour moi, puis, en prenant une plus belle, il me fit dire qu'il me la confiait afin qu'à mon retour en France je la remette à l'empereur des Français.

Il insista deux fois sur cette recommandation si bien que sans m'y attendre je devins un envoyé extraordinaire du Dalaï Lama auprès du président Fallières. Le commandant d'Ollone part pour Paris ce soir, accompagné du baron Hulot.

Le Petit Parisien – 4 février 1909


Quatre heures de tumulte à la chambre autrichienne

Des scènes de désordre indescriptibles se sont produites, aujourd'hui, à la Chambre autrichienne, devant laquelle M de Biennerth , ministre-président, a déposé les propositions de loi concernant l'usage des langues auprès des autorités de Bohême ainsi que la réforme administrative et politique divisant la Bohême en territoires allemands tchèques ou mixtes.

Le ministre-président ayant, a cette occasion, prononcé un discours, fut constamment interrompu par les Tchèques, auxquels les autres bancs répondaient par de vifs applaudissements. La Chambre a décidé ensuite à l'unanimité de discuter immédiatement la déclaration gouvernementale.

Cette discussion a donné lieu, de la part des députés tchèques, à un violent tumulte, qui dura de midi à quatre heures. Les protestataires se servaient d'accordéons, de crécelles, de pistons, de sifflets métalliques. Enfin, M. Massarick qui était à la tribune, mais ne pouvait placer une parole, demanda au président l'autorisation de remettre son discours à demain. Celui-ci y consentit et la séance fut levée. 

Le Petit Parisien – 4 février 1909

EN BREF

Un squelette dans un bois - M Chevallier, cultivateur à Bonvilliers, commune de Morigny, a découvert dans un bois dépendant de sa propriété, le cadavre couché par terre et replié sur lui-même, d'un pauvre diable dont la tête était séparée du corps. Le défunt était réduit à l'état de squelette ; ses os s'en allaient par morceaux. On croit se trouver en présence d'un des ouvriers de batterie qui, très nombreux, fréquentent la région. Le malheureux se sera, croit-on, couché en état d'ivresse, en cet endroit et y sera mort frappé de congestion. Le corps a été en partie dévoré par des corbeaux. Le Petit Parisien – 4 février 1909

Le froid en Italie - L'hiver actuel est le plus froid qu'on ait jamais subi en Italie. Depuis un mois, le thermomètre descend constamment sous zéro. Hier à Feltre, le thermomètre mar quait 24° au dessous de zéro. A Rome, le lac de la villa Borghèse est gelé. Presque tous les lacs italiens sont couverts de glaces. La Presse – 4 février 1909

Un meurtrier expire le matin de sa comparution aux assises - Aujourd'hui, devait comparaître devant la cour d'assises d'Eure-et-Loir un nommé Percheron, âgé de soixante-treize ans, de Marville-Moutiers-Brûlé, accusé d'assassinat sur la personne de sa femme, Marie Perot, âgée de soixante-douze ans. Percheron qui avait toujours protesté de son innocence ne devait pas être jugé. En effet au début de l'audience le procureur de la République donna connaissance de la mort de l'accusé, survenue le matin à dix heures à la suite de l'émotion provoquée par sa prochaine comparution devant les assises. Le Petit Parisien – 4 février 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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