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13 févr. 09

Les actualités du 13 février 1909

Un nouveau répertoire d'Yvette Guilbert

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Mme Yvette Guilbert vient de rentrer à Paris, où son séjour sera de courte durée, car la divette tant applaudie ne connaît pas le repos. Nous voici dans l'un des salons de l'actrice célèbre, dans celui où, sous la clarté diffuse d'une lampe électrique, un aigle de bronze déploie ses ailes. C'est là qu'Yvette aime à passer les rares heures de liberté que lui laissent, ses multiples occupations.

N'allez pas croire au moins que la Fortune qui a souri à Yvette, lui a fait oublier son art, ce serait mal la connaître. Il y avait tant à faire pour rénover la vieille chanson française, qu'Yvette s'est entièrement consacrée à cette belle tâche. C'est pour cela qu'elle va sans trêve, de côté et d'autre, populariser nos vieux airs et nos naïves légendes, au lieu de se confiner dans son hôtel du boulevard Berthier.

Je viens, nous dit Yvette, de chanter a Berlin, à Dresde, a Francfort, de vieilles chansons de France, on ne saurait croire combien On aime en Allemagne ce genre de chansons; aussi suis-je toujours sûre de trouver auprès du public l'accueil le plus exquis. Avant de chanter je faisais un brin de conférence sur les raisons qui m'avaient fait choisir tel ou tel auteur, dont les poésies vibrantes et imagées m'avaient séduite et je disais à mes auditeurs que grâce au beau talent de ce poètes, ils allaient voir ce qu'ils allaient entendre. Rentrée a Paris J'ai fait connaître au Gymnase en matinée une partie de mon nouveau répertoire. Ce répertoire se compose de chansons que l'on peut chanter partout, parce qu'elles sont exemptes de ces allusions lourdes et souvent déplacées que le public accueille parfois avec trop de faveur.

Et comme nos chansonniers actuels ne font presque plus de chansons, ou que celles, qu'ils font, ils les chantent eux-mêmes, Yvette a eu une idée, ensemble originale et lumineuse. Écoutons la plutôt : J'ai fait, nous déclare-t-elle, un choix de poésies imagées, tellement coloriées, que, agrémentées de musique, elles deviennent des choses superbes. J'ai mis à contribution Lafargne, Rollinat, F. James, etc...J'ai même découvert chez: un auteur écossais de la prose superbe — parfaitement ! — de la prose admirable, au rythme surprenant.

Yvette, on le voit, prend de toutes mains: elle puise à notre vieux fonds national, elle met a contribution nos poètes contemporains, elle emprunte même à l'étranger ; mais à tout cela elle imprime le cachet bien personnel de son art ; de chacune de ces poésies elle fait, grâce à sa sensibilité délicate et à sa diction incomparablement nette et pure, une merveille de grâce, de charme, d'esprit.

Quiconque l'a entendue interpréter ses vieilles chansons françaises, Corbleu, Marion ! ou le Joli Tambour, s'est étonné sans doute du parti qu'elle sait tirer de ces œuvres si simples. Elle les anime et les rend vivantes. Elle en fait de petits drames ravissants, qu'on ne se lasse pas d'entendre. Le nouveau répertoire qu'elle s'est composé réserve donc, certainement, au public, friand de ces choses exquises, des sensations très agréables. Il réserve aussi à Yvette de nombreux et grands succès, dont la matinée du Gymnase lui a d'ailleurs déjà donné un avant-goût

La Presse – 13 février 1909

Mayol aux Ambassadeurs

 

L'inauguration de la Foire de Paris

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Cet après-midi, a eu lieu, au Grand Palais des Champs-Elysées, l'inauguration de la Foire de Paris. M. Lépine, préfet de police, accompagné des représentants des ministres du commerce, du travail, de l'agriculture et des affaires étrangères, a présidé à l'inauguration.

On commence à parcourir les galeries, pendant que la musique du 102e d'infanterie de ligne joue la "Marseillaise". Au cortège officiel se joignent MM. Dausset et Alpy, conseillers municipaux, M. Joly, président et les membres du comité ; M. Murat, officier de paix, dirige le service d'ordre ; M. Chanot, commissaire de police des Champs-Elysées, est également présent.

La visite est menée rapidement. Tout le monde gèle, les poêles disséminés dans l'immense hall ne donnant qu'une chaleur insuffisante. On arrive au buffet ; vite on prend une coupe de Champagne, pendant que M. Joly prononce un petit discours et que M. Lépine lui répond. Puis le préfet de police remet quelques décorations : officiers d'Académie : MM. Plissen, secrétaire du comité, et Gallardo membre du comité de direction ; M. Gillet, architecte est nommé chevalier du Mérite Agricole.

La Presse – 13 février 1909


EN BREF

Blessés par des rats - Dans un modeste logement de la rue de Charonne, vit une famille de travailleurs, les époux Sanski et leurs trois enfants. Tous les cinq dorment dans la même pièce, une pauvre chambre infestée par les rats. La nuit dernière, deux des fils, âgés de douze et quatorze ans, qui couchent ensemble, ont été mordus et grièvement blessés par un de ces rongeurs, énorme bête à laquelle on a donné vainement la chasse. Un des enfants, qui a eu l'oreille droite en partie arrachée, a dû recevoir des soins à l'hôpital Saint-Antoine. Le Petit Parisien – 13 février 1909

Posté par Ichtos à 15:33 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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