CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

16 févr. 09

Les actualités du 16 février 1909

0902156voilier

Une collision en mer – Un vapeur et un voilier coulés – 46 hommes d'équipage noyés.

Alger, 15 février - Le vapeur allemand Iberia a ramené à Alger dix hommes de l'équipage du vapeur Australia, d'Anvers, qu'il avait rencontrés sur la route allant à la dérive à bord d'un simple canot. Les naufragés racontent que leur navire fut abordé vendredi dernier, par le travers de l'île Alboran, à cent milles environ de Gibraltar, par un grand voilier dont ils ignorent la nationalité. L'Australia coula rapidement et le voilier aurait également sombré.

Voici d'ailleurs le récit que font de la collision le capitaine Norman, de l'Australia et son second Fonteyn : Nous étions partis d'Oran, dit le second, mercredi soir; la mer était grosse; vendredi matin, elle était démontée ; un lourd brouillard nous enveloppai, à ce point épais qu'il nous était impossible de voir devant nous.

La manœuvre devenait de plus en plus difficile, quand soudain, nous entendîmes un bruit sourd : un bateau venait de nous aborder. C'est à peine si nous pûmes distinguer sa forme. L'abordeur était un des grands voiliers comme il y en a beaucoup dans les parages des côtes espagnoles. Il avait touché notre vapeur sur bâbord d'avant, près de la cale 2.

Trois minutes à peine s'étaient écoulées depuis le choc que l'Australia commença à s'enfoncer dans les flots. Il coula en quatre minutes. Nous eûmes cependant le temps de mettre les canots à la mer. Le capitaine quitta le dernier le bord et vint prendre place dans notre canot, ou nous nous trouvâmes ainsi dix hommes. Nous étions très légèrement vêtus et sans vivres; nous sommes ainsi restés pendant quarante-deux heures. Les forces commençaient à nous manquer lorsque, samedi soir, nous aperçûmes le vapeur allemand Iberia, qui, ayant remarqué nos signaux de détresse, vint vers nous et nous prit à son bord. Nous reçûmes là tous les soins nécessaires. Le capitaine du vapeur allemand nous fit changer de vêtements et mettre à table.

On a interrogé le second sur le nombre des victimes. Il est certain, a-t-il répondu, que les marins de l'Australia qui n'ont pu prendre place dans les canots ont été engloutis par les flots. Comme nous étions vingt-six à bord de l'Australia, sur lesquels dix seulement sont sauvés, dit-il, et que le voilier abordeur était monté par une trentaine d'hommes, il faut compter quarante-six victimes. Les dix hommes sauvés sont les suivants : capitaine Norman, son second Fonteyn, Jolin Monnik, Pierre Alboneys Kud Brauns, Edmond Rosit, George, Richaud, Jules Geerts, Jari van der Hey-den et Henri Hellebbosch. L'Australia, qui battait pavillon belge, avait un équipage entièrement belge.

Le Figaro – 16 février 1909

EN BREF

Le puits sanglant Marseille - 15 février - Après les pénibles sondages dans le lac souterrain qui forme aux plàtrières de Fondacle un ancien puits abandonné, les pompiers ont réussi à accrocher le cadavre d'un homme paraissant âgé de 35 ans qui avait le crane fendu en deux endroits et dont la gorge avait été ouverte d'un coup de tranchant. Ces recherches avaient été décidées par la parquet de Marseille à la suite de la découverte près du puits de traces sanglantes et d'un marteau inondé de sang auquel adhéraient des débris de peigne de femme et des cheveux assez longs. Des premières constatations faites on avait conclu que certainement un crime avait été commis, et que la victime qui devait être une femme avait été précipitée dans le puits. Aussi fut grande la surprise du magistrat quand fut déposé, sur la margelle ce cadavre d'homme dont l'identité fut vite établie, grâce, aux papiers trouvés dans les vêtements. Le mort est un nommé Léon-Eugène Coudry, né à Courtissols (Marne) le 13 avril 1875 exerçant la. profession d'artiste peintre. La main gauche de Coudry portait, un gant fourré. Or un gant pour la main droite avait été repêché au moment des recherches et portait dès déchirures et des traces de coups de. Couteau. Le cadavre a été ramené à la Morgue aux fins d'autopsie. L'enquête a établi que Coudry était depuis 15 mois à Marseille où il travaillait pour le compte de plusieurs fabricants de cartes postales. Il fréquentait les établissement de nuit et les tripots, et c'est de ce côté que vont être dirigées les recherches en vue de retrouver les assassins On a déjà le signalement d'un individu avec qui on le vit en voiture du côté des plâtrières de Fondacle et on recherche, le cocher qui les y conduisit. Il dut y avoir une vive lutte entre Coudry et ses assassins. Un coup de tranchet a la carotide y mit fin. On croit à une vengeance. La Presse – 16 février 1909

Saisie de tabac - Hazebrouck. — La brigade mobile de Lille a arrêté à Bailleul une automobile montée par deux fraudeurs, Magnier, de Charleroi, et l'Arménien Atamian Miguerdich. L'automobile qui contenait cent trente-six kilos de tabac de Moravie a été saisie. C'est une limousine de quarante chevaux entièrement truquée. Le Figaro – 16 février 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


Commentaires

Poster un commentaire