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19 févr. 09

Les actualités du 18 février 1909

090218pompiers

Violent incendie à Montreuil Sous Bois

Un incendie d'une extrême violence a éclaté, hier matin, près de Paris, chez MM. Chapal et Cie, teinturiers et pelletiers, à Montreuil-sous-Bois, une très importante maison de fourrures. Les ateliers Chapal occupent un vaste quadrilatère compris entre les rues de Vincennes, Kléber et Marcellin-Berthelot. Plus de 600 ouvriers (hommes et femmes) y travaillent constamment.

C'est vers trois heures et demie du matin que le cocher Alexandre, qui habite dans la maison, et le veilleur de nuit, ont aperçu une épaisse fumée s'élevant au-dessus du bâtiment principal, d'une superficie totale d'environ 400 mètres, et formant la partie centrale de l'usine. Ce bâtiment, légèrement construit et en partie vitré, avait été surélevée d'un étage, il y a environ deux ans. Il était spécialement affecté au séchage des peaux, au lustrage et à la teinturerie. Des marchandises de valeur : peaux de loutre, d'astrakan, de castor, de chinchilla, d'hermine, de martre, de vison, y étaient emmagasinées.

L'alarme aussitôt donnée, M. Chapal et le directeur, M. Touraille, demandèrent les pompiers de Paris. Cependant, ceux de Montreuil et de Vincennes arrivaient avec leur matériel. Les agents firent sortir les chevaux des écuries. A quatre heures, six lances étaient dirigées sur le foyer d'incendie, dont les flammes, qui s'élevaient très haut, rougissaient le ciel. On pouvait craindre un moment que le sinistre ne s'étendît à la salle des machines, car il eût suffi pour cela d'une saute de vent.

Après deux heures de travail, les pompiers étaient maîtres du feu. De l'atelier principal, où l'incendie a éclaté, il ne reste plus que quelques murs et les châssis vitrés, dont les carreaux sont en partie cassés. Toutes les machines-outils ont été brisées et les marchandises brûlées. Sur les lieux du sinistre se trouvaient, dès la première heure, MM. Lépine, préfet de police ; Hémard, conseiller général de la Seine ; de la Bussière, maire, et ses adjoints ; Niclausse, commissaire de police, et son secrétaire, M. Guillaume. Un important service d'ordre avait été organisé pour maintenir la foule des curieux et pour empêcher les malfaiteurs de pénétrer dans l'usine, où ils auraient pu s'approprier des objets de valeur.

Les dégâts consistant notamment en marchandises perdues et machinerie détruite, s'élèvent à environ deux millions de Francs. Quant à la cause du sinistre, elle n'est pas encore connue.

M. Chapal, que nous avons vu nous a déclaré que le feu avait pris dans une partie de l'atelier central où se trouvent des étuves. Comme l'électricité n'est pas installée du côté de ce corps de bâtiment, on ne peut attribuer le sinistre à un court-circuit. Il y a tout lieu de croire, d'après M. Chapal, qu'un tuyau-serpentin d'une étuve aura été chauffé au rouge. Ce serpentin, en contact avec une pièce de bois, y aura mis le feu.

Sur les 600 personnes employées dans l'usine, la moitié va être momentanément réduite au chômage. Les ouvriers seront répartis dans les divers autres ateliers composant l'usine. Il faudra une huitaine de jours pour les divers détails d'organisation. M. Hémard, conseiller général. de la Seine, a demandé, hier après-midi, à l'assemblée départementale un secours de 5.000 francs en faveur des victimes du chômage. Le Conseil a donné satisfaction à M. Hemard.

Le Petit Journal – 18 février 1909

EN BREF

Catastrophe en perse – Un tremblement de terre détruit 60 villages - Des rapports officiels, qui sont, arrivés en retard, annoncent qu'un violent tremble ment de terre s'est produit le 23 janvier dans les régions de Bouroujourd et de Selahor, dans la province du Louristan. Quoique la population soit très disséminée dans la région, soixante villages ont été détruits, partiellement ou totalement. Plusieurs même ont été complètement engloutis. Il y a cinq ou six mille morts. Des quantités de bestiaux ont péri. Les survivants, dénués de tout, accourent à Bouroujourd, venant implorer le gouvernement de les secourir. Le Petit Journal – 18 février 1909

allemagne 43 km de glace - Les inondations d'une part et la glace d'autre part, continuent leurs ravages dans les marchés de Brandebourg. L'Altmark, l'une des régions les plus prospères au point de vue agricole est complètement ruinée. Les terres resteront ensablées pendant des années. Il y a ainsi des millions de pertes. Trente-cinq villes ou villages sont ou totalement, ou partiellement submergés. Les autorités militaires prêtent un concours actif. Le Kronprinz est arrivé aujourd'hui dans la région inondée. D'autre part, une partie de l'Elbe est couverte de glace. De Wittenberge à Havelberg, il y a ainsi une montagne de glace de 43 kilomètres de longueur. Des navires brise-glace sont en activité jour et nuit. Les dégâts sont partout considérables. Le Petit Journal – 18 février 1909

Posté par Ichtos à 01:10 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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