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24 févr. 09

Les actualités du 24 février 1909

090224comedienneUne jeune artiste est brûlée vive

Mlle Pascaline, la charmante actrice dramatique, connue à la scène sous le nom d'Irène Muza, fut victime, hier, ainsi que son coiffeur, M. Jean Gellis, d'un accident épouvantable. A peine-âgée de vingt-huit ans, elle avait débuté toute jeune au théâtre. Elle s'était fait applaudir, en ces dernières années, sur diverses scènes parisiennes, notamment le théâtre Antoine, et les Folies-Dramatiques, où elle jouait encore l'année dernière.

Depuis lors, elle était allée passer six mois à Buenos-Ayres, avec une tournée artistique. Ces jours derniers, seulement, elle avait regagné son appartement, 10, rue Denis-Poisson, aux Ternes. Dimanche soir, une de ses anciennes camarades, qui organisait une soirée au bénéfice d'une actrice pauvre, vint solliciter la jeune femme de paraître à cette représentation qui devait avoir lieu hier. Très bonne, incapable de refuser un service, Mlle Muza accepta.

Hier matin, elle chargea sa femme de chambre d'aller prévenir M. Jean Gellis son coiffeur habituel, qui demeure 18 bis rue du débarcadère, de venir chez elle dans l'après-midi. Vers quatre heures, M. Gellis se présenta chez Mlle Muza. Celle-ci se trouvait en compagnie d'un ami, fils d'un gros industriel. et d'une camarade, Mlle Juliette Dorny.

L'actrice préféra se faire coiffer dans sa cuisine plutôt que dans son cabinet de toilette. Elle passa un léger peignoir, et après avoir dénoué ses longs cheveux blonds, les livra à l'artiste capillaire. Ce dernier fit placer la jeune femme de façon à ce que sa tête se trouvât au-dessus de l'évier, situé à côté d'une cuisinière où la bonne venait d'allumer du feu.

M. Gellis lavait la chevelure de sa cliente avec une lotion antiseptique à base d'essence minérale. L'opération tirait à sa fin, quand soudain quelques gouttes de ce liquide éclaboussèrent le fourneau. Une énorme flamme s'éleva aussitôt, et le peignoir de l'actrice, puis ses cheveux, encore enduits du dangereux liquide, prirent feu, ainsi que les vêtements de M. Gellis. Aux cris des deux malheureux, les deux visiteurs accoururent. Courageusement, Mlle Dorny voulut sauver son amie, mais elle fut victime de de son dévouement. Brûlée aux mains et aux bras, elle dut s'enfuir.

Enfin, grâce au sang-froid du concierge et de deux voisins, on put éteindre les flammes qui environnaient Mlle Muza et son coiffeur. L'un et l'autre, évanouis, gisaient dans la cuisine. Un médecin fut mandé. Il ne put que prescrire leur transport immédiat à l'hôpital Beaujon.

L'état de Mlle Muza est tel qu'on ne conserve que peu d'espoir de la sauver. La pauvre jeune femme est couverte de brûlures ; son crâne et son visage, sa poitrine et ses jambes, ne forment plus qu'une série de plaies horribles à voir. Les médecins qui la soignent craignent son décès d'une minute à l'autre.

Les blessures de M. Gellis sont moins nombreuses mais sont aussi graves. Quant à Mlle Dorny, qui s'élança si courageusement au secours de son amie, elle a pu quitter l'hôpital, après avoir été pansée. Elle devra, néanmoins, garder le lit pendant quelques semaines.

Le Petit Parisien – 24 février 1909


EN BREF

Elle se réveille sur son lit de mort ! - Fréjus, 23 Février - Au moment où l'on s'apprêtait à la mettre en bière, Mme Cristin, une octogénaire, qu'on croyait morte depuis plusieurs heures, se leva sut son lit et demanda, à boire. Le clergé et les parents réunis se retirèrent impressionnés. Le Petit Journal – 24 février 1909

uk La Reine alexandra portera le Cullinan - Londres, 23 Février - Le roi et la reine, désireux de porter à tour de rôle le Cullinan, réputé le plus grand diamant du monde, ont pris une décision fort intéressante après avoir consulté les bijoutiers de la Cour. Le diamant sera enchâssé dans la couronne de manière qu'on puisse le détacher et le poser au diadème de la reine. Hier, les bijoutiers ont, à cet effet, examiné la couronne au palais Buckingham et ils se mettront ces jours-ci au travail pour monter le diamant de manière qu'il puisse briller sur l'une ou l'autre tête du couple royal. Le Petit Journal – 24 février 1909

090224phenomenUn phénomène lumineux à Brest - Des pêcheurs du petit port de l'Aberwrach, près de Brest, ont assisté cette nuit à un phénomène céleste curieux. Vers dix heures du soir, une sorte de fu sée lumineuse parut sortir de la mer, avec un léger sifflement: le météore parcourut le ciel du sud-est à l'ouest et resta visible jusqu'à quatre heures du matin. Pendant toute sa marche, des étincelles se détachaient du noyau central et semblaient tomber dans la mer. On me télégraphie qu'à Cherbourg le météore a été vu, dans la soirée, pendant une heure environ. Le Petit Parisien – 24 février 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]
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