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08 mars 09

Les actualités du 8 mars 1909

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Inauguration du Monument Charles Floquet

L'inauguration du magnifique monument élevé par souscription nationale à la mémoire de Charles Floquet a eu lieu hier après midi en présence du Président de la République, des présidents de chambres de tous les membres du gouvernement, et d'un grand nombre de personnalités appartenant à tous les mondes... Le peuple de Paris avait tenu à rendre un suprême hommage à celui qui, à juste titre, peut être considéré comme l'un des plus vaillants, des plus intrépides soldats de la troisième République...Aussi est-ce par milliers que se pressaient ouvriers et petits bourgeois sur la place formée par le croisement de l'avenue de la République et du boulevard Richard Lenoir. C'est là, en effet, en plein cœur de ce quartier si populeux de la Folie Méricourt dont Floquet fut, pendant de longues années, le mandataire au conseil municipal et à la Chambre des députés, c'est là que les membres du comité ont fait ériger avec l'agrément de l'assemblée municipale et du préfet de la Seine le superbe monument dû au ciseau du statuaire Jean Descomps.

A l'occasion de cette cérémonie la Fédération socialiste de la Seine avait cru devoir organiser une manifestation pour protester contre certaines intentions prêtées à M.Clémenceau, notamment celle de prononcer "un discours politique contre les socialistes et tous les républicains d'avant-garde qui ne sont pas les admirateurs du gouvernement". Mais cette manifestation ne s'est traduite par aucun incident sérieux (...).

Dès une heure de l'après-midi, l'animation est très vive avenue, de la République et boulevard Richard Lenoir, aux abords du terre-plein sur lequel le monument Floquet s'élève. En prévision de la manifestation annoncée, un important service d'ordre a été organisé par le préfet de police et ses collaborateurs. De nombreux agents sont postés çà et là, prêts à intervenir le cas échéant : toute la garde municipale est sur pied. De plus, par surcroît de précautions, une partie des troupes de la garnison de Paris a été consignée.

Les curieux arrivent en masse et se disputent les premiers rangs derrière les gardiens de la paix...Deux tribunes ont été dressées... elles sont réservées, l'une aux personnages officiels ; l'autre, aux invités... La première est placée face à la place de la République, sur le boulevard Richard-Lenoir, la seconde, face à l'avenue même. Des trophées de drapeaux tricolores, des cartouches aux initiales R.F. les ornent. L'estrade officielle est tendue intérieurement de velours or, garni de lourdes crépines or également, une tribune pour les orateurs a été en outre aménagée...

Vers deux heures et demie les personnages officiels font leur apparition (...). Mme veuve Charles Floquet est également présente. Le président du Conseil, M.Clemenceau, arrive quelques minutes avant trois heures en automobile ; il est accompagné de M. Maujan et de son frère... Enfin, un remous se produit dans la foule; les soldats et la garde mettent l'arme sur l'épaule et c'est le cortège présidentiel qui, débouchant sur la place de la République se dirige au trot vers le lieu de l'inauguration. La musique de la garde républicaine joue la Marseillaise. Prestement, M. Falières descend de voiture, suivi de M. Raimondou, secrétaire général de la présidence et d'un officier d'ordonnance. Il est reçu par les membres du comité, les préfets de la Seine et de police, les ministres et les présidents des Chambres. A tous M. Fallières serre cordialement la main; ;

Les assistants admirent pendant quelques instants l'œuvre superbe du sculpteur Jean Descomps. Charles Floquet est debout dans une attitude de tribun. Le socle est rehaussé de personnages allégoriques :à droite, l'Eloquence déposant une palme ; à gauche, la Démocratie montrant Floquet à une écolière. Enfin, on lit cette seule inscription : A CHARLES FLOQUET. Hommage de la démocratie. M. Fallières félicite l'auteur du monument ainsi que l'architecte et les membres du comité...

L'heure des discours est arrivée. C'est M. Viet. maire du XIe arrondissement, qui prend le premier la parole... En une allocution applaudie il remet le monument à la Ville de Paris. (...) . Monsieur Clémenceau parle le dernier. Il prononce un de ses plus beau discours. (...).Cette merveilleuse péroraison fût longuement applaudie et des cris de "Vive Clémenceau !" répondaient à l'écho taquin des coups de sifflet des unifiés du onzième arrondissement. Les enfants des écoles défilèrent devant la tribune présidentielle, puis le cortège se reforma.... A cinq heures la cérémonie 'inauguration était terminée.

Le Petit Parisien - 8 mars 1909


EN BREF

L'enfant le plus riche du monde - John Nicholas Brown, âgé de neuf ans, est le plus riche petit garçon du monde. Il a une fortune qui dépasse 125,000,000 de francs. A peine âgé de neuf semaines, il héritait de 25.000.000 que lui laissait son père. Quelques jours après, un de ses oncles lui léguait une nouvelle somme de 25.000.000 de francs. Enfin, tout récemment, sa grand mère, Mme John Carter Brown, de qui il était le préféré, lui a fait don, en mourant, de 75.000.000 de francs. Les plus grandes précautions sont prises pour le mettre à l'abri de toute maladie et d'un enlèvement, car il constitue une riche proie; Ses aliments. sont stérilisés ; les voitures dans lesquelles il se promène, les jouets dont il se''sert sont désinfectés. Le Petit Journal - 8 mars 1909

belgique Décapité par un coup de canon - Cet après-midi a eu lieu, au palais du Cinquantenaire, une fête militaire, organisée par les troupes de la garnison au profit des sinistrés de la Calabre et de la Sicile. A la fin du programme, alors que toutes les musiques des régiments étaient en train d'exécuter l'hymne national italien et l'hymne national belge et que, dans le parc du palais, une batterie d'artillerie tirait des salves, un curieux eut la déplorable idée de passer devant une pièce malgré la consigne donnée. Au moment même le coup partait et l'imprudent, tué net, s'affaissa sur le sol. Il avait la tête en partie emportée. Grâce aux papiers trouvés dans les vêtements du malheureux on a pu établir aussitôt son identité. C'est un chef du service des titres à la succursale bruxelloise du Comptoir national d'Escompte de Paris, nommé Charles Penglaon. Il était né à Nantes en 1861 et il habitait actuellement avenue Elisabeth à Woluwe, localité voisine de la capitale. Le Petit Parisien - 8 mars 1909

Posté par Ichtos à 14:20 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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