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15 mars 09

Les actualités du 15 mars 1909

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Crime à Palerme - La Main Noire soupçonnée

Une vive émotion a été causée à Palerme par l'assassinat du détective américain M. Petrosino, arrivé en cette ville depuis quelque temps. Ce meurtre a été commis, dit-on, par les membres de la Main Noire. Voici comment les faits se sont produits.

M. Petrosino se trouvait sur la place Marina, quand plusieurs personnes s'approchèrent et tirèrent sur lui des coups de revolver. Bien que mortellement atteint, le policier américain prit à son tour son revolver et fit feu sur ses agresseurs, mais il s'affaissa bientôt sur le sol. Profitant de la stupeur des assistants les meurtriers, qui n'avaient pas été atteints, purent s'enfuir sans être inquiétés.

On ne sait pas avec précision de quelle mission Petrosino avait été chargé ; on sait seulement que dès son arrivée en Italie, c'est-à-dire vers les premiers jours de février dernier, il entra en relations avec la sûreté générale des villes de Rome, de Naples et de Palerme. On suppose qu'il avait reçu mandat du gouvernement américain d'ouvrir une enquête sur les relations établies entre les affiliés de la Main Noire à New-York et en Sicile, affiliés qui circulent comme émigrants et sous de faux noms, ce qui leur permet de disparaître lorsqu'ils se sentent menacés d'arrestation.

Cette association est, on le sait, organisée sur le modèle de la Camorra napolitaine et de la Maffia sicilienne. Elle a pour but d'extorquer des sommes importantes aux italiens ayant fait fortune aux Etats-Unis. Lorsque ceux-ci refusent de céder aux exigences de la Main Noire, ils sont presque aussitôt l'objet de divers attentats : on lance des bombes contre leur maison, on enlève leurs enfants ; enfin on les tue, s'ils persistent, à ne pas payer les sommes d'argent demandées.

Or Petrosino, Italien de naissance, et naturalisé Américain, était depuis de longues années au service secret du président de la République et du département des Affaires étrangères de l'Union. Il jouissait de la confiance de M. Roosevelt et il avait été chargé particulièrement de traquer les membres de la Main Noire. A cet effet il avait organisé contre eux une brigade spéciale, recrutée principalement parmi les membres mêmes de cette association.

Grâce à ses agents, il réussit souvent à faire avorter les attentats de la société. Cependant, comme un grand nombre de méfaits avaient été commis dernièrement sans qu'on pût mettre la main sur les coupables, Petrosino décida de partir pour l'Italie afin de négocier un arrangement avec les autorités locales et de rechercher les criminels réfugiés, selon lui, soit à Naples, soit à Palerme. C'est dans cette dernière ville qu'il allait trouver la mort.

Fut-il victime d'un de ses agents qui l'aurait trahi ? Fut-il dépisté par les affiliés de la redoutable association ? Ce qui est certain, c'est que ses meurtriers le connaissaient parfaitement, puisque, sachant qu'il portait une cotte de mailles, ils l'ont visé a la figure.

En apprenant le meurtre de Petrosino, l'ambassadeur américain à Rome, M. Griscom, a demandé aussitôt au gouvernement italien de prendre toutes mesures nécessaires pour faire arrêter les coupables. La police a ouvert une enquête et a déjà appréhendé plusieurs repris de justice revenus récemment d'Amérique. Parmi ces derniers, deux sont particulièrement soupçonnés de complicité dans cet assassinat.

Le Petit Parisien – 15 mars 1909


EN BREF

Collision en mer – On télégraphie de Rotterdam au Matin que le steamer norvégien Macoty allant de Rotterdam à Southshields, est entré en collision aujourd'hui à vingt milles à l'ouest du bateau-feu Maas, avec le voilier allemand Margretha allant d'iquique à Hambourg. Le Margretha a sombré ; tout son équipage a péri, sauf six hommes. Le Mascot a subi des avaries importantes et a dû rentrer à Rotterdam. Le Figaro – 15 mars 1909

Froid polaire sur la demi-finale - Une demi-finale du Championnat de France de football-rugby a eu lieu hier, après midi, entre les équipes du Racing Club de France et le Stade Bordelais Université-Club. L'équipe bordelaise a gagné par quinze points à zéro à l'équipe parisienne. Malgré le temps peu favorable, une nombreuse affluence assistait au match. La partie a été abominable ; transis de froid, aveuglés par la pluie et la neige, les hommes ne pouvaient donner leur effort. L'un d'eux, Goumier, s'est, par deux fois, trouvé mal de froid. Plusieurs équipiers avaient abandonné...Le Figaro – 15 mars 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]
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