CPA Scans

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07 avr. 09

Les actualités du 7 avril 1909

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Vives émotions au meeting des canots automobile de Monaco !

Les journées se suivent sans heureusement se ressembler. Après la maussade journée d'hier, nous avons eu ce matin un temps radieux, un ciel pur, très lumineux, une mer qu'agitait à peine un léger clapotis. Les spectateurs venus nombreux, penchés sur les balustrades du tir aux pigeons, suivaient avec intérêt les évolutions des petits cruisers, tandis qu'un soleil bienfaisant nous gratifiait de la chaleur de ses rayons.

Nous avons déjà dit la victoire, dans la course des cruisers de ce matin, du Sizaire-et-Naudin, engagé par la Société Sizaire et Naudin, les constructeurs d'automobiles bien connus. Leur canot a virtuellement fait un walk-over, malgré douze concurrents au départ, puisque son plus proche rival, le second, fut battu de près de 15 kilomètres sur 50 !

Avant que d'assister à la course de cet après-midi, réservée aux racers, nous avons eu une forte émotion. Parmi les concurrents qui devaient se mettre en ligne, figurait un canot allemand, le Prinz-Einrich, lequel, avant de prendre le départ, voulut tenter quelques essais au large. On savait déjà que ce canot n'était pas très sûr et qu'il manquait totalement de stabilité; cependant, il partit sans incident. Mais tout à coup, alors qu'arrivé à la hauteur de Roquebrune, il se préparait à revenir, on vit le pilote se dresser sur le plat-bord et agiter le drapeau de secours.

A la lorgnette, on voyait nettement le Prinz-Heinrich peu à peu s'enfoncer et disparaître. Le remorqueur de service aperçut les signaux, mais il était assez loin, et on eut quelques-minutes d'anxiété. Cependant on parvint a temps pour sauver le pilote, M. Wolf, et son mécanicien, les deux seules personnes qui étaient à bord. A ce moment précis, le canot allemand coula a pic, sans qu'on pût même avoir le temps de lui passer une amarre pour déterminer au moins le lieu exact du naufrage.

En conséquence, quatre partants, au lieu de cinq, se présentèrent au départ de l'épreuve réservée aux racers sans limitation de force. Il y avait Valla-Va, à M. de Guturbay; un canot américain, le Dixie-II; le Panhard-et-Levassor, et enfin le Wolseley, dont le propriétaire est le duc de Westminster, qui, par suite d'un deuil récent, ne faisait pas courir sous son nom, mais sous celui du barreur, M. Hobbins. Le Panhard-et-Levassor était piloté par M. Yvon, avec M. Scheffer comme mécanicien.

Au départ, Valla-Va coupa le premier la ligne, suivi par le Panhard-et-Levassor; le Wolseley était troisième. Le canot américain Dixie-II ne fut jamais dans la course. Quant à Valla-Va, il abandonna après le premier tour. On le regrettera, car c'était, parmi ces quatre canots en ligne, le seul glisseur; mais il dut rentrer au port, le clapotis, quoique léger, étant, paraît-il, trop fort pour sa coque pas assez solide et l'une de ses surfaces glissantes ayant été démolie par la faible vague d'hier.

Nous eûmes donc a nouveau, comme l'année dernière, le duel du canot français et du canot anglais. Ce fut une course splendide, émotionnante au possible, belle à voir, surtout pour les spectateurs, qui placés en face du virage distinguaient le Panhard et le Wolseley se suivant à quelque trois cents mètres, disparaître dans l'écume, qu'ils trouaient, soulevant autour d'eux l'eau en volutes irisées, laissant après leur passage un sillage écumant.

Ce fut une lutte de tous les instants. Parti en tête, le Panhard-et-Levassor fut dépassé par le canot anglais, derrière lequel il se maintint alors constamment, avec un écart qui n'accusa jamais plus de dix-sept secondes, pour finir avec seulement quatorze secondes de différence. Le Wolseley couvrit les cinquante kilomètres du parcours en quarante-neuf minutes et quatre cinquièmes de seconde; le Panhard-et-Levassor mit quarante-neuf minutes et quatorze secondes. Les deux canots avaient dépassé soixante et un kilomètres à l'heure de moyenne. On applaudit, inutile de le dire, les vainqueurs. On cria "Vive l'Angleterre !" et "Vive la France!", tandis que rentrés au port, les équipages des deux canots fraternisaient et échangeaient force poignées de mains, desquelles l'huile, l'essence et le cambouis n'étaient pas exclus.

Le Temps – 7 avril 1909

Monte_carlo

EN BREF

uk Les suffragettes et le Jiu-Jitsu - Furieuses d'être, chaque fois qu'elles tentent de prendre d'assaut le Parlement, un peu malmenées par les agents de service, les sutragettes se préparent à prendre leur revanche. Elles apprennent, en effet, le jiu-jitsu. Leur professeur, Mme Garrut, annonce qu'elle a actuellement vingt-cinq élèves qui font de rapides progrès et seront bientôt en mesure de lutter avec avantage contre les policemen. Pour peu quelle en ait bientôt quelques centaines — et elle y compte — cela nous réserve quelques scènes amusantes lors des prochaines manifestations féministes. Le Petit Parisien – 7 avril 1909

Le fossoyeur sectionne un cadavre trop long - Depuis quelques jours, on fait grand bruit, dans une importante localité voisine de Pantoise, autour d'une affaire assez macabre. Le fossoyeur de la commune avait été chargé d'opérer l'exhumation d'un cadavre enseveli deja depuis assez longtemps, et de transférer les restes dans une tombe voisine. Mais il se trouva qu'au lieu des ossements qu'il s'attendait a trouver, le fossoyeur eut à exhumer un cadavre en parfait état de conservation. Or, il n'avait apporté qu'un cercueil neuf beaucoup trop petit. C'est alors, affirme-t-on, que pour pouvoir enfermer le corps dans la bière le fossoyeur lui coupa les jambes. Cette profanation d'un cadavre, opérée en présence de plusieurs témoins, cause dans le pays une indignation assez vive. Il faut ajouter, toutefois, qu'au parquet de Pontoise on déclare faire toutes réserves sur cette affaire dont on n'est pas officiellement saisi. Le Petit Parisien – 7 avril 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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