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15 avr. 09

Les actualités du 15 avril 1909

19090415prison

Une révolte de détenus à Gaillon

Dans l'après-midi de lundi, vers cinq heures du soir, une centaine de détenus de la colonie correctionnelle de Gaillon (Eure) ont fait une tentative d'évasion collective. Cette évasion est la suite d'une véritable révolte qui s'est produite dans l'établissement. Les détenus, profitant de l'absence de la moitié des gardiens à l'heure du déjeuner, arrachèrent un banc et essayèrent de franchir un mur et un saut de loup.

Le gardien Phélut voulut les empêcher; ils l'assommèrent. Plusieurs gardiens accoururent ils sont frappés et couverts de sang, obligés de reculer et de laisser la place libre aux révoltés. On fait appel à une compagnie du 74e casernée près de la maison ; les effectifs, réduits par suite des vacances, ne permettent d'envoyer que dix hommes, qui sont reçus à coups de pierres.

M. Monnier, sénateur, maire de Gaillon, fait alors assembler une compagnie de pompiers et envoie sur les lieux la pompe de l'établissement pénitentiaire. De son côté, M. Grosmolard, directeur de la colonie des Douaires, homme très énergique, accourt et parlemente avec les détenus. Ceux-ci consentent a se rendre au réfectoire si on leur accorde du vin et du tabac.

Pour temporiser, M. Grosmolard accepte, mais dans l'intervalle, les détenus ont enfoncé la cordonnerie, et armés de tranchets, de poinçons, de marteaux, ils passent la nuit dans le réfectoire, refusant de rendre leurs armes. Au petit jour ils parviennent à franchir les murs, se réfugient dans les jardins. On fait appel a nouveau à la troupe, qui, plus nombreuse, arrive baïonnette au canon. Les détenus, acculés dans un coin du jardin sous menaces des baïonnettes, jettent leurs armes et se rendent. Ils sont enfermés en cellules.

M. Schrameck, directeur de l'administration pénitentiaire, arrive à Gaillon dans l'après-midi. Il interroge les révoltés qui réclament le renvoi du sous-directeur et de quatre gardiens.Des mesures énergiques ont été prises pour éviter le retour d'une révolte, qui jette la terreur dans le pays, neuf fuyards des plus dangereux restant encore cachés dans les bois environnants.

A l'administration des services pénitentiaires, il nous a été dit que la colonie de Gaillon fut ouverte, il y a environ un an, dans un ancien établissement d'aliénés criminels, relevant de l'administration pénitentiaire. Les jeunes gens qui y sont envoyés sont des indisciplinés des autres colonies ou écoles de réformes, comptant à leur actif des actes de rébellion ou des tentatives d'évasion dans les établissements où ils étaient primitivement placés.

L'effectif de la maison de Gaillon comporte actuellement 150 jeunes détenus, âgés de seize à vingt-un ans. Il est exact que quelques-uns d'entre eux brisèrent des vitres et se livrèrent même à des voies de fait sur des gardiens, mais les parquets du département de l'Eure n'ont reçu jusqu'à présent aucune plainte relativement aux délits que les huit évadés auraient pu commettre.

Le Temps – 15 avril 1909


EN BREF

A l'Académie des Sciences: Le théorème de Fermat — Le professeur Paul Wolfskehl, de Darmstadt, a légué à la Société royale des sciences de Gœttingue, il y a deux ou trois ans environ, — nous en avons parlé alors, — une somme de 100,000 marks, soit 125,000 francs, pour la fondation d'un prix à décerner à celui qui le premier démontrera le grand théorème du mathématicien Fermat : l'équation Xn + Yn = Zn n'est pas susceptible d'être réalisée en nombres entiers. Comme la Société refuse de recevoir les manuscrits et qu'elle a décidé de ne prendre en considération que les travaux parus dans des périodiques ou en volumes, l'Institut de France est depuis plusieurs mois accablé d'envois de solutions émanant de mathématiciens tant français qu'étrangers, qui sont tous alléchés parla haute valeur du prix. Les premières chaleurs printanières ont même, parait-il, déterminé une forte recrudescence de ces envois. M. Darboux,qui examiné seul jusqu'ici ces documents, a constaté que tous sans exception se basaient sur une erreur. Aujourd'hui, complètement submergé par la masse des solutions élaborées au cours des vacances de Pâques, il renvoie les derniers documents à l'examen de M. Jordan. Ajoutons encore qu'aux termes du testament du fondateur la décision de la société ne devra être rendue que deux ans au plus tôt après la publication du travail à couronner, et que le concours restera ouvert jusqu'au 13 septembre de l'an 2007 (deux mille sept). Le Temps – 15 avril 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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