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20 avr. 09

Les actualités du 20 avril 1909

090420incendieferme

Meru: la ferme du patron flambe en pleine grève

Un fait de la plus grande importance a provoqué ici aujourd'hui une grosse émotion.Ce matin, en effet, à la première heure, on apprenait, qu'un incendie avait complètement détruit le hangar d'une ferme appartenant à M. Doudelle.

Nous nous sommes rendu cet après-midi a la ferme de M. Doudelle pour nous rendre compte de visu des dégâts causés par l'incendie. Le feu a pris hier soir, à dix heures un quart, dans un petit hangar attenant à une ferme sous-louée par M. Doudelle. Ce furent les habitants de Bonnel qui donnèrent les premiers l'alarme.

Les pompiers de Belle-Eglise, prévenus par le clairon du village, accoururent aussitôt, tandis que la panique se répandait dans tout le pays. Mais les pompiers, aidés par les voisins, furent rapidement maîtres du feu et purent ainsi protéger la ferme.

M. Purnad, le fermier de M. Doudelle, nous a déclaré que les dégâts s'élèvent à plus de 12,000 francs. Tout le monde a cru tout d'abord à la malveillance, car les grévistes qui sont particulièrement nombreux dans la localité, avaient maintes fois proféré des menaces contre M. Doudelle. Mais d'après une autre version le feu aurait été plutôt provoqué par l'imprudence de deux chemineaux a, qui l'on avait confié la garde du hangar. Ces deux chemineaux se trouvaient en complet état d'ébriété au moment où l'alarme lut donnée.

Notons que d'autres personnes continuent à attribuer aux grévistes l'incendie en question. Il convient d'attendre, pour connaître exactement la vérité, les résultats de l'enquête officielle qui a été ouverte. Mais il n'en est pas moins établi, d'ores et déjà, que M. Doudelle avait, reçu des lettres l'informant que la ferme de Bonnel serait incendiée un jour ou l'autre. De son côté, le fermier de M. Doudelle avait également reçu des lettres dans lesquelles, on menaçait d'incendier la ferme.

La Presse – 20 avril 1909

Les forts de la Halle

Une des plus anciennes corporations, une des plus intéressantes, et peut-être des moins connues dans ses détails, est assurément celle des forts de la Halle. Institués en corporation par Saint-Louis, leur nombre est limité à 621; aussi, un concours est-il organisé tous les deux ou trois ans pour remplacer les vides que la retraite, les démissions ou la mort ont fait dans leurs rangs.

Les candidats sont soumis à deux, épreuves, l'une permettant de constater leur force, l'autre ayant trait, à leur instruction. En effet, pour être un fort, il ne suffît pas d'être capable de porter un poids plus ou moins lourd, il faut encore savoir écrire, bien écrire, et compter. De tout temps leur institution s'étant administrée par elle-même, il faut des forts comptables, ainsi que des forts caissiers.

C'est au concours de force que nous avons assisté ce matin.Il a commencé à cinq heures, sous le pavillon des Halles portant n° 4, plus connu sous le nom de pavillon à la volaille. Pour les trente places de fort qu'il y aura à prendre dans l'espace de deux ans, cinq cent cinquante concurrents s'étaient fait inscrire. Trois cents ont subi l'épreuve avec plus ou moins de succès, et elle est rude !

Il s'agit en effet, de parcourir une distance de quarante-cinq mètres, avec sur les épaules, un cageot contenant 200 kilos de pavés. Le concours, commencé à cinq-heures du matin, a duré jusqu'à une heure de l'après-midi. Le meilleur parcours a été fourni par M. Granier, qui n'a mis que trente secondes à couvrir la distance.

Le jury était composé de : MM. Saintyve, chef de la deuxième division, à la préfec-ture de police ; Philippe, chef de service à la deuxième division ; Juchard, commissaire spécial aux Halles ; Hocquart et Mouillevoix, inspecteurs principaux ; Jamin, syndic chef. L'épreuve écrite, comprenant une dictée et deux problèmes, aura lieu mercredi prochain à la préfecture de police

La Presse – 20 avril 1909



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