CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

07 mai 09

Les actualités du 7 mai 1909

090507soupe

Le drapeau rouge flotte à Argenteuil

Sur la soute de Sannois à Argenteuil à mi-chemin environ, s'élève une masure qui est devenue le fort Chabrol de la région. Plâtriers et carriers grévistes du bassin d'Argenteuil s'y sont donné rendez-vous et, dans un champ attenant à un estaminet, y ont installé "la soupe communiste".

A l'entrée, on est frappés de stupeur en voyant deux mâts, hauts de quatre mètres, à l'extrémité desquels flottent sous les yeux des gendarmes, deux immenses drapeaux rouges. Un peu plus loin, autour des tables installées en plein air, on voit les grévistes mangeant de la soupe. Quelques-uns sont coiffés du bonnet révolutionnaire rouge sang.

Au milieu d'eux, un agitateur pérore et plus loin, aux abords de la maison, sur la route, des centaines d'hommes dépenaillés sont couchés dans les fossés auprès de marmites vides, insultant les personnes qui passent soit en voiture, soit en automobile. Heureux, ceux qui ne reçoivent pas des pierres ou d'autres projectiles. Le chant de l'Internationale retentit de temps à autres.

Chaque jour, des meetings sont tenus, soit à Argenteuil, à Taverny, à Sannois, à Cormeilles-en-Parisis, et rien ne fait prévoir la fin de cette grève. La situation est extrêmement tendue et la gendarmerie, appuyée des effectifs de police de Montmorency et Argenteuil sans compter la Sûreté générale, a fort affaire pour enrayer ce mouvement.

Nous sommes décidés à défendre nos drapeaux rouges, qui flottent à l'entrée de notre soupe communiste, a dit, ce matin, le secrétaire de la permanence du comité de grève et bien malins ceux qui viendront les enlever. Le soir venu, les habitants de la région n'osent plus s'aventurer en ces parages, sillonnés de grévistes aux mines patibulaires.

La Presse – 7 mai 1909

Bullier

EN BREF

Un tripot à Chatou - Le service des jeux au ministère de l'intérieur était informé, il y a quelques jours, qu'un tripot fonctionnait chaque soir dans une villa de Chatou, avenue du Chemin-de-Fer. Une descente de police sur mandat de M. Hirsch, juge d'instruction, eut lieu mercredi. Il fallut d'abord enfoncer la porte du Jardin pour pénétrer dans la villa; à l'intérieur, où un jeu de roulette et un tir mécanique fonctionnaient sur des tréteaux et des planches, l'arrivée des magistrats causa une véritable stupeur. De tous cotés on vit fuir les joueurs qui se réfugièrent les uns au grenier, les autres dans une écurie, sous la paille, d'autres encore dans un pigeonnier ; l'un d'eux voulut fuir en escaladant les grilles de clôture et il resté empalé, si bien que les agents durent le délivrer. Il échappa ainsi à un danger réél. Des deux croupiers, l'un est en fuite, l'autre, qui n'a pu justifier d'un domicile, a été arrêté et conduit à la prison de Versailles. Le Petit Journal – 7 mai 1909



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