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Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

13 mai 09

Les actualités du 13 mai 1909

090513postiers

Les postiers de nouveau en grève

La décision prise par le comité fédéral des postiers au meeting d'avant-hier soir à l'Hippodrome a causé hier matin à Paris une grosse émotion dans le monde des affaires. De très bonne heure, il y eut des signes évidents d'inquiétude un peu partout. De nombreuses estafettes avaient été fournies par la garde républicaine. Et ces cavaliers se rendaient dans les gares, dans les bureaux centraux des postes, au ministère de l'intérieur, au ministère des travaux publics et au sous-secrétariat des postes. C'était un incessant va-et-vient de messages privés.

En même temps, les soldats d'infanterie coloniale venaient occuper la Bourse et d'autres soldats, des lignards ceux-là se rendaient à l'hôtel des postes de la rue du Louvre, au Central télégraphique de la rue de Grenelle et dans tous les bureaux postaux. Pourtant, bien qu'on eut voté la veille la grève, il y eut relativement peu de défections parmi les postiers, et pendant la journée les Parisiens reçurent et expédièrent sans la moindre difficulté. Il en alla de même pour les conversations téléphoniques, tant urbaines qu'interurbaines.

Au-bureau de la rue d'Amsterdam, il y eut dans la matinée un petit incident : un agent des postes du bureau de la rue de Provence. M. Dupont, gréviste, fut malmené, puis conduit au commissariat. Devant ses protestations, il fut remis en liberté.

Un instant, dans le quartier de Clignancourt, les choses prirent, une tournure inquiétante. Les employés du bureau central du dix-huitième arrondissement, agents et facteurs, s'étaient en majorité refusés à prendre part au dernier mouvement. Les grévistes les mirent à l'index, les traitant de "renégats" et de "vendus". Hier matin, une quinzaine de facteurs ne prirent pas leur service dans ce bureau ; ils déclarèrent aux non-grévistes que s'ils ne quittaient pas le bureau, il leur en cuirait. Dans ces conditions, les non-grévistes demandèrent au receveur de les employer à un travail intérieur ou d'assurer leur sécurité. C'est pourquoi 120 hommes de troupes furent réquisitionnés et l'on organisa des patrouilles sous la protection desquelles les facteurs procédèrent aux distributions. Les grévistes furent, par la même occasion, remplacés par des militaires.

Rue de Clignancourt, un inconnu de mise correcte frappa et insulta un facteur ; d'autres facteurs reçurent des pierres lancées sur eux par des ouvriers. Au cours de l'après-midi, malgré quelques incidents partiels dont on trouvera plus bas le récit, la situation ne changea guère. Le nombre des manquants s'accrut toutefois. Chez les téléphonistes de Gutenberg et à la Recette, on comptait 140 défections parmi les facteurs, dont 15 seulement chez les facteurs des lettres. Sur 1,068 agents, 74 manquaient. Les bureaux de la recette de la rue du Louvre étaient gardés par des agents et des gardes municipaux nombreux. M Orsatti, commissaire divisionnaire et M. Milet, officier de paix assuraient le service d'ordre.

Dans les bureaux d'arrondissement il y avait à six heures du soir une centaine de défections. Partout le service était à peu près normal. C'est dans le seizième arrondissement, bureau de Passy que l'on signalait le plus de manquants (14 sur 32 agents). Dans tous les bureaux téléphonique qui sont eux aussi gardés par des soldats il n'y a pas eu d'incidents : à Wagram, rue Desrenaudes, où il y a 380 téléphonistes, on n'a enregistré qu'une dizaine de défections parmi les ouvriers des lignes. Les téléphonistes et les agents travaillent. On a cependant quelques appréhensions pour aujourd'hui. Non loin, au bureau de la rue Jouffroy, qui est la recette la plus import tante après celle de la rue du Louvre, il n'y a eu que 6 absences d'agents sur 64 et pas une parmi les facteurs.

A Saxe, pas de défections d'agents ; 4 absences de dames sur 80 téléphonistes et 6 de monteurs sur 20. Aux Sablons, à Passy, le téléphone et les commis sont au complet; 16 monteurs manquent sur 33. Rue Chaudron, à Port-Royal, à la Roquette, les absences sont insignifiantes pour ce qui est des téléphonistes et agents. A la Roquette sur 30 monteurs, 16 ont manqué. Enfin, à Gutenberg, les relèves se sont effectuées également sans incidents: sur 600 téléphonistes, en comprenant Gutenberg interurbain et Gutenberg-ville, on n'a compté que 25 dames absentes. Là aussi, c'étaient surtout les ouvriers monteurs qui suivaient le mouvement gréviste : il en manquait 88 sur 150.

Au Central télégraphique, rue de Grenelles une vive effervescence n'a cessé de régner pendant toute la journée. A onze heures, au moment où la première brigade venait remplacer la seconde, quelques cris de : "Vive la grève !" se sont élevés. Un employé, M. Trichy, qui, après la reprise du travail, avait à nouveau lancé le cri que l'administration considère comme séditieux, fut aussitôt appréhendé et ex pulsé, malgré ses protestations. On devait d'ailleurs le relâcher peu après.

De nouveaux cris retentirent à six heures, mais aucune manifestation d'ensemble n'eut lieu. Peut-être les employés de la brigade descendante mettaient-ils à quitter leur service un peu moins d'empressement que d'habitude. Montants et descendants échangeaient des impressions et des espérances. Mais la vigilance des chefs et des gardes ne permettait pas aux groupes de stationner longtemps. Sur la deuxième brigade, 54 employés manquaient ; sur la première, 76.

Le Matin – 13 mai 1909

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Absinthe

 

EN BREF

Voyant arriver les gendarmes un déserteur s'ouvre la gorge - Laon, 12 mai. Deux gendarmes venant de la Fère arrivaient dans l'après-midi à Danizy, petite commune du canton, pour y chercher un jeune homme de vingt-cinq ans, Henri Durot, déserteur du 160e d'infanterie, à Toul. Durot était un récidiviste de la désertion. Pour la troisième fois il s'était récemment enfui, en s'affublant des vêtements du concierge de l'hôpital de Nancy, qu'il avait voles afin de pouvoir s'évader. Durot se cachait a Danizy chez, son amie, Juliette Verdier, chez laquelle les gendarmes se présentèrent à l'improviste. Mais par la fenêtre le déserteur les avait vus. Aussitôt il prit un couteau et tenta de se tuer. Il ne réussit qu'à se faire à la gorge une horrible blessure. Il a été transféré à la Fère. Le Petit Parisien – 13 mai 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonjour,
    Je découvre ce blog, c'est original da mettre l'actualité illustrée par les cartes anciennes...On se rend compte de la actualité d'aujourd'hui en parallèle, ce que nous devenons...Ce que nous sommes devenus...

    Posté par Valentine, 13 mai 09 à 15:39

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