CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

23 mai 09

Les actualités du 23 mai 1909

090523Latham

Aviation: les records tombent !

Après une période morose, causée par le mauvais temps, par le vent déplorable qui régnait sur nos régions, l'aviation - le sport de l'aéroplane — semble retrouver une nouvelle ardeur. En trois jours, trois pilotes se sont révélés sur des appareils différents. L'un, Paul Tissandier qui expérimente le vieil appareil de Wilbur Wright — rajeuni par un moteur neuf — dans une atmosphère calme et sereine, s'attribua jeudi dernier le record français de l'heure.

Hier, deux aviateurs ont fait preuve de talent et de savoir. L'un d'eux, Hubert Latham, en permanence au camp de Chalons, eut, au début de son entraînement à bord du monoplan Antoinette quelques déboires. La victoire était cependant au bout de l'effort : nous avions signalé qu'il avait volé près de 13 minutes, franchissant des petits bois, se maintenant au-dessus des arbres d'une grande route.

Il partit hier malin pour la demi-heure, pour le record du monoplan. Doué d'un merveilleux sang-froid, Latham passa au-dessus des bois, au-dessus des hangars, traversant la route, filant sur un autre champ, effectuant en un mot un steeple-chase aérien. C'était merveille de voir évoluer le gracieux appareil qui séjourna 37 minutes 36 secondes dans les airs à une hauteur qui atteignit parfois 40 mètres.

Presque à la même heure, Henry Rougier partait également pour conquérir, au-dessus de l'aérodrome de Juvisy, son brevet de parfait pilote. Ce ne fut pas long. Le biplan Voisin qu'il pilote fut mis au point avant-hier en cinq minutes ni plus ni moins. C'est un record qui vaut autant et même plus que beaucoup d'autres. Un tour de piste, puis trois tours de piste avec des virages à fendre le cœur des spectateurs sensibles, voilà Rougier en forme.

Le lendemain, c'est-à-dire hier, il partit à nouveau et, manœuvrant à la perfection un appareil infiniment stable, il resta un quart d'heure dans l'espace, couvrant environ 20 kilomètres. En trois jours, l'aviation a fait plus de progrès qu'en cinq mois : le père Temps enfin calmé sourit aux aviateurs et les accompagne.

Le Matin – 23 mai 1909

L'exploit prochain de Latham: de Calais à Douvres en aéroplane

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EN BREF

Le Mauretania bat le record de l'Atlantique - On mande de New-York à l'agence Reuter que le Mauretania vient d'arriver, après avoir accompli la traversée en quatre jours seize heures cinquante-trois mi-mites, battant ainsi de treize minutes le record de la traversée de l'Atlantique, en allant de l'est à l'ouest. Un télégramme de Liverpool ajoute que la vitesse moyenne du Mauretania a été de 25 nœuds 62. Le Matin – 22 mai 1909

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A-t-on percé le mystère des dirigeables ? Londres, 21 mai. Arrivera-t-on enfin à savoir le mot de l'énigme en ce qui concerne les mystérieux ballons dont les évolutions nocturnes avaient au début quelque peu inquiété le public anglais ? Maintenant que l'hypothèse d'un dirigeable étranger, venant repérer la défense côtière britannique, est tout à fait abandonnée, on commence À juger les choses avec plus de calme et on se demande si ce que les bons provinciaux ont pris pour des aérostats militaires ne seraient pas tout simplement des jouets d'enfants Un marchand de jouets de Newport a déclaré, en effet, avoir vendu, ces temps derniers, un certain nombre de ballons ayant environ 5 mètres de longueur sur 2 mètres de diamètre, et dans la nacelle desquels se trouve une lampe à alcool, dont la chaleur permet aux ballons de s'élever et de rester en l'air pendant un assez long temps. Ce serait la flamme de cette lampe qu'on aurait prise pour des fanaux intermittents, selon d'autres hypothèses. Quant au bruit du moteur, il n'a peut-être existé que dans l'imagination des promeneurs nocturnes ou des travailleurs qui ont aperçu ces aérostats en miniature. Quoi qu'il en soit, des pécheurs d'Ostende prétendent avoir aperçu en mer, à dix milles du port de Hull, un autre dirigeable manœuvrant avec la plus grande facilité. Se seraient-ils, eux aussi, trompés ? Le Petit Parisien – 22 mai 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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