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Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

24 mai 09

Les actualités du 24 mai 1909

090524Lepuy

Au Puy, un incendie fait 8 victimes

Un Incendie, qui a malheureusement fait plusieurs victimes, s'est déclaré cette nuit avenue de Thaulac dans un vaste immeuble appartenant à M. Soulier et habite par de nombreux locataires, dix-huit, dit-on. Lorsque les pompiers arrivèrent, une partie de la maison était déjà en flammes et les locataires, surpris dans leur sommeil, fuyaient à peine vêtus. Quelques-uns purent se sauver à l'aide de draps de lit, plusieurs autres trouvèrent uns mort atroce.

Une pauvre vieille de 62 ans, Mlle Gras se précipita à sa fenêtre, — sa chambre était en feu et l'escalier détruit — elle appela au secours, elle hésita à sa jeter dans le vide, et au moment où un pompier parvenait jusqu'à elle, déjà ses cheveux et ses vêtements brûlaient. Elle est morte à l'hôpital.

Un drame analogue se produisit au même moment sur une autre façade de la maison. M Bernard, aubergiste avait logé dans deux chambres du troisième étage plusieurs territoriaux arrivés la veille pour accomplir une période d'exercices. Surpris dans leur premier sommeil, ils s'étaient trouvés environnés de flammes : il n'y avait pour eux qu'une chance de salut : les fenêtres. Ils n'hésitèrent pas. Un premier enjamba l'appui de la fenétre et vint tomber sur le sol ; hélas ! dans sa chute il s'était tué, se fracturant la colonne vertébrale. C'était un nommé Pierre Imbert, cultivateur à Bargès.

Paul Coutard, trente-huit ans, célibataire, habitant la commune de Saint-Haon, sauta: ensuite : il fut relevé la bassin fracturé : son état est désespéré. Un nommé Chambe, cultivateur à Estublat, se brisa une jambe. Son voisin Enjolras, de la commune de Saint-Haon, a reçu de graves contusions. Deux autres soldats, plus heureux, furent relevés après leur chute avec des contusions sans gravité.

A côté de ces morts et de ces blessés, il faut encore signaler la disparition de deux personnes qui ont péri dans les flammes et dont les cadavres n'ont pu encore être retrouvés. Ce sont Mme Chazal, soixante-six ans, et sa petite-fille, Marie Meysonnet, quatorze ans. Cette dernière a été victime de son amour filial. L'enfant avait été prévenue qu'on se portait à son secours lorsque, constatant l'absence de sa grand'mère, elle voulut, malgré son sauveteur, M Liotard, aller vers elle. Celui-ci, à moitié asphyxié, ne put retrouver l'enfant qui périt avec sa grand-mère.

Ces dernières scènes se succédèrent en l'espace de quelques instants au milieu d'une foule douloureusement émue Des femmes à demi vêtues pleuraient et criaient. Le spectacle était terrifiant. Les causes de cet épouvantable, sinistre sont inconnues.

Le Petit Parisien – 24 mai 1909

Moulin_rouge


EN BREF

Les essais de l'obus éclairant - Toulon, 23 mai - Les premiers essais des obus éclairants ont eu lieu la nuit dernière dans la batterie basse du cap Brun, en présence du général inspecteur d'artillerie de La Mothe. Les engins, lancés à une hauteur prodigieuse, éclatent, puis retombent dans la mer en résidus lumineux d'une très grande intensité. La lumière ainsi obtenue permet de ré-connaître une escadre ennemie sur un rayon de 8 kilomètres environ. De nouvelles expériences auront lieu avec le cuirassé Terrible pour but, demain et après-demain. Le Matin – 24 mai 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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