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01 juin 09

Les actualités du 1e juin 1909

allemagne Le record du Dirigeable: 1200 Kilometres en 37 heures

Zeppelin II Friedrichshafen

Après trente-sept heures, de voyage et après avoir parcouru 1,200 kilomètres, le Zeppelin numéro deux s'est abimé gravement entre Gœppingen et Jebenhausen, sur une colline du Wurtemberg, au moment où il cherchait à atterrir pour renouveler sa provision de benzine. Il était midi douze, les moteurs avaient été arrêtés. L'atterrissage semblait devoir s'exécuter dans des conditions excellentes quand un coup de vent violent poussa la pointe du ballon, entre les branches d'un pommier, le seul arbre qui surmontait la colline. L'armature et l'enveloppe du ballon s'engagèrent si fort dans les rameaux que malgré tous ses efforts, le dirigeable ne put se dégager par lui-même.

Tout à coup un fracas épouvantable se fit entendre; l'enveloppe fut déchirée sur une longueur de 30 mètres et ses morceaux voletaient autour. Toute l'armature de devant fut faussée et brisée également sur une longueur de 30 mètres. La nacelle de l'avant tomba à terre, tandis que la nacelle de derrière, continuait à flotter et se balançait dans les airs. On scia, à la hâte les branches du pommier; on dégagea les loques de l'enveloppe, et les décombres de l'armature ; puis on s'occupa à tourner lentement et avec précaution la pointe du ballon contre le vent. Ce travail délicat fut accompli à trois heures et demie, sous la direction des ingénieurs Dürr et Kohl.

Ce récit, donné par le Berliner Lokal Anzeiger, ne peut être compris par les lecteurs que s'ils se souviennent que le Zeppelin est composé de dix-sept ballonnets recouverts par une enveloppe extérieure. Le ballon peut donc continuer à voguer, même quand l'enveloppe est endommagée.

A cinq heures et demie sont arrivés sur le lieu de la catastrophe le premier bataillon n° 18 et des sections des 420e et 127e régiments d'Ulm. En même temps accouraient des équipes d'ouvriers de Friedrichshafen, appelés par télégraphe. Les plus optimistes à , Goeppingen croient que le Zeppelin II pourra regagner demain Friedrichshafen par ses propres moyens. Il faudrait scier et détacher ces 30 mètres d'armature métallique et boucher le trou béant de l'enveloppe.

Comte Zeppelin

On ne croit pas ici, à Berlin, que l'appareil ainsi modifié soit doué de l'équilibre nécessaire, même pour un court Voyage. Suivant le Primer Tageblatt, le comte Zeppelin a envoyé à sa fille un télégramme disant qu'il avait été oblige d'atterrir pour prendre de la benzine à Goeppingen et que, par suite d'une maladresse, le ballon avait été un peu endommagé. M. de Zeppelin ajoutait qu'il espérait que son ballon serait demain à Friedrichshafen, et que le gouvernail de l'avant n'avait pas été atteint. Un examen plus approfondi semble cependant avoir modifié l'opinion du célèbre inventeur, puisqu'il est parti en automobile à 6 h. 20 du soir pour Friedrichshafen où il arrivera à 9 heures.

Ce triste accident, s:il met une fois de plus en lumière le point faible du système rigide, qui est la fragilité de l'armature, sensible au moment de l'atterrissage, n'est pas de nature à atténuer le mérite glorieux du record établi par Zeppelin ainsi que le fait remarquer le correspondant du Berliner Tageblatt à Friedriehshafen.

Voici donc les détails puisés par lui aux. meilleures sources sur cette randonnée désormais fameuse.

Les innovations apportées au Zeppelin II n'ayant pas donné de bons résultats, on revint au vieux système et on profita d'un vent favorable pour accomplir avec le Zeppelin II la tâche imposée par l'état-major allemand, le voyage de vingt-quatre heures, qui se termina tragiquement pour le Zeppelin I. Le comte de Zeppelin partit à 9h.42 de Manzel avec des provisions de bouche et de benzine calculées pour un voyage de trente-six heures. Le voyage débuta mal; quand. M. de Zeppelin envoya à Treuchtingen.,une premiere dépêche, ses amis à Friedrichshafen le croyaient à 200 kilomètres plus loin. Et dans cette dépêche, M. de Zeppelin disait: " Pluie et vent ont contrarié notre voyage." A mesure que l'aérostat s'approchait de Berlin, le vent devenait plus défavorable. A Bitterfeld, il était si violent que M. de Zeppelin renonça à visiter la capitale et se décida à opérer son retour. '

Le comte de Zeppelin passa par Clailsheim; mais au lieu de prendre la ligne la plus courte, par Ulm, il choisit le plus long chemin, par Heilbronn et Stuttgard. Ce fut peut-être une faute, excusée par le désir de montrer à ses compatriotes le dirigeable victorieux. Au bout de trente-sept heures et demie de voyage en face des hautes montagnes du Wurtemberg, il était absolument indispensable de renouveler la provision de benzine.

D'après ces indications, la catastrophe a donc été produite par les premiers retards causés par les vents contraires, par la nécessité d atterrir dans une contrée perdue et par la difficulté que l'aérostat éprouve et éprouvera toujours à exécuter l'opération de descente sur terre.

M. de Zeppelin télégraphie, à la dernière heure, au Berliner Lokalanzeiger, que les réparations dureront au moins six semaines et qu'elles se feront sur place. Naturellement, les cent trente députés du Reichstag qui devaient se rendre à Friedrichshafen le 5 juin ont renoncé à ce projet, et il ne peut plus être question d'ascension ni d'ovations enthousiastes à Friedrichshafen, au glorieux et malheureux inventeur. Le Lokalanzeiger annonce, d'autre part; qu'on va tenter demain; après avoir enveloppé de linges l'armature endommagée, de regagner Friedrichshafen en faisant machine en arrière, de façon à n'offrir au vent que les parties intactes. Deux des ballonnets ont éclaté.

Le Figaro – 1er juin 1909

Zeppelin_II

 

EN BREF

Violent incendie à Toulouse - Un incendie, qui couvait certainement depuis longtemps, a éclaté avec une rare violence ce matin, vers deux heures, dans les combles de l'immeuble situé rue Bayard, 55. voisin de l'hôtel de la Dépêche. Menacée dans ses annexes et dépendances, la Dépêche a pris des mesures défensives, d'autant plus urgentes que le feu avait gagne déjà le magasin des papiers et que les flammèches pleuvaient sur les toitures des annexes et dans la cour. Les pompiers ont combattu énergiquement le foyer de l'incendie et on a pu éviter toute atteinte grave de ce côté. Par contre, le feu a complètement detruit l'immeuble Durrieu, où est installée l'imprimerie coopérative ouvrière. Il s'est étendu à l'entrepôt des machines agricoles de M. Traboul et a causé quelques dégâts à une imprimerie contiguë. Après des efforts opiniâtres, les pompiers, aidés d'un détachement du 23e d'artillerie, ont réussi à faire la part du feu, et toute la matinée ils ont noyé d'eau les décombres. Les pertes sont très importantes. Le Petit Parisien – 1er juin 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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