CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

02 juin 09

Les actualités du 2 juin 1909

Spelterini au dessus des alpes

Le Mont Blanc en ballon

Franchir le Mont Blanc en Ballon tel est l'exploit nouveau que rêve et projette d'accomplir le celèbre aéronaute Spelterini qui par six fois déjà à six fois victorieusement réussi la traversée aéronautique des Alpes Suisses. Les 4,804 mètres du colosse le tentent ; il ambitionne de sauter par-dessus les immenses glaciers et les insondables précipices du roi des Alpes, de naviguer entre les cimes du gigantesque massif, de glisser le long des arêtes et des parois inaccessibles, de couler au-dessus des abîmes effrayants et de jouer ainsi avec le chaos sublime et les horreurs magnifiques des monts solennels dans l'immobilité des neiges éternelles.

C'est en juillet prochain que Spelterini se propose d'exécuter l'audacieuse tentative qui se fera de France en Italie. Spelterini partira de Chamonix, d'où jamais aucun ballon ne s'est encore élevé. L'ascension se fera à bord du Sirius, aérostat do 3.000 mètres cubes, fait en double étoffe caoutchoutée.

Les préparatifs d'une telle ascension sont assez compliqués. Le Sirius sera gonflé à l'hydrogène ; et pour le gonfler, il faudra amener à Chamonix 380 tubes d'hydrogène, dont 230 seront fournis par le comte Zeppelin — à qui Spelterini donna ses premières leçons d'aérostation — et 150 par les usines de Greshelm. Ces 380 tubes d'hydrogène représenteront une masse de 25,000 kilos à transporter.

Dans la nacelle — une nacelle extrêmement confortable et remarquablement aménagée — prendront place quatre personnes, l'aéronaute et trois voyageurs choisis dans l'ordre de l'inscription parmi les personnes qui demanderont à participer à l'incomparable ascension. Y prendront place également 900 kilos de lest, plus des appareils photographiques, cinématographiques et la série la plus complète d'appareils enregistreurs pour les constatations scientifiques.

La tentative sera faite du 15 au 30 juillet ; le départ ne sera donné qu'à bon escient, c'est-à-dire qu'avec la certitude de la réussite dans la traversée. Pour avoir la direction du vent, Spelterini fera planter au sommet du mont Blanc un gigantesque drapeau tricolore; si les trois couleurs pointent vers l'Italie le départ sera tout aussitôt donné, ou du moins donné aussitôt que le gonflement — qui demande quatre heures — du Sirius le permettra.

La tactique de Spelterini sera de s'élever tout d'abord aussi rapidement que possible, pour se dégager le plus vivement qu'il le pourra de la vallée de Chamonix, fort étroite, on le sait, enfermée qu'elle est entre deux hautes murailles de monts tout en rocs. Puis se laissant aller vers le mont Blanc, il en fera l'escalade et en serrant d'aussi près que le lui permettront son audace, sa prudence et son habileté les flancs du colosse, ses aiguilles et ses crevasses. Spelterini ne partira que par un vent assez rapide et bien établi, de façon à éviter la descente en montagne.

Le prodigieux voyage du Sirius sera probablement cinématographié ; Spelterini, qui est un photographe émérite, et intrépide — il opère parfois hors de sa nacelle, à califourchon sur une planche de son invention, de façon à embrasser tout le panorama qui se déploie sous lui — emportera en effet un cinéma qui. si la bande prise est réussie, permettra à tous, alpinistes ou non, de se payer l'étonnante impression de l'escalade du mont Blanc.

Le Figaro – 2 juin 1909

Altimetre

EN BREF

En prenant un bain de pied une femme glisse dans l'eau et se noie - Hier après-midi, à l'occasion du Pardon de Toulfoën, Mme Péron. de Penerven avait bu plus que de raison. Vers 6 heures et demie ou 7 heures elle résolut de prendre un pain de pieds et se dirigea vers la rivière la Laïla. Elle se déchaussa et entra dans l'eau. Tout à coup elle glissa sur la vase et, perdant l'équilibre, elle tomba dans la rivière. Quand, quelques instants après, on la sortit de l'eau, la malheureuse respirait encore ; mais malgré les soins qui lui furent prodigués, elle ne tarda pas à rendre le dernier soupir. Ouest Eclair – 2 juin 1909

Près de Naples, un train est démoli par une foule furieuse – Un train de banlieue venant à Naples arriva complet à la station de Nola où attendaient 300 ouvriers. Ceux-ci, furieux de ne pas trouver de places, démolirent le train en renversant douze wagons, maltraitèrent les employés, coupèrent les fils télégraphiques et mirent le feu aux maisons des cantonniers. La ligne est interrompue. Le Gaulois - 2 juin 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]