CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

14 juin 09

Les actualités du 14 juin 1909

Le Mans concours international de tir 1909

Clôture du concours international de tir au Mans

C'était aujourd'hui la dernière journée du 10e concours national et international de tir qui se tenait cette année au Mans, après avoir eu successivement pour théâtre Pau et Reims. Depuis près de trois semaines, plus de 10,000 tireurs français et étrangers se sont succédé dans le magnifique stand de tir de Pontlieue, dont la construction n'a pas coûté moins de 500,000 francs. Plus de 175,000 francs de prix sont venus récompenser et encourager les vaillants efforts de tous ces tireurs qui, pendant la durée du concours, n'ont pas consommé moins de 700,000 cartouches, généreusement mises à leur disposition par le ministère de la guerre.

A la dernière journée de fête, au concours d'honneur, le général Picquart avait tenu à venir présider en personne ; M. Caillaux, un enfant du Mans, comme il se plaira à le rappeler tout à l'heure avait tenu à raccompagner. Arrivés à onze heures du matin, les ministres furent immédiatement conduits au stand de tir. A leur passage à travers la ville, les acclamations retentirent ; les "Vive Caillaux !" s'affirmèrent nombreux. L'entrée des ministres au camp fut saluée par une triple salve des tireurs, et en voyant tous ces fusils agités au milieu de clameurs on se serait cru à quelque magnifique fête arabe.

Précédés du président de l'Union, M. Mérillon, et des membres du comité local, les ministres visitèrent en détail le stand, dont l'aménagement est des mieux compris. Figurez-vous une coquette construction, longue de plus de 120 mètres, précédée d'une spacieuse véranda où, assis dans un confortable rocking-chair, le tireur peut a son aise fumer un cigare ou se reposer en attendant son tour de prendre part au concours. Dans l'intérieur règne l'animation la plus grande. Cent tireurs, couchés sur des planches inclinées, tirent sans interruption par les cent créneaux du bâtiment sur les cibles placées à 200 mètres devant eux. Soigneusement, des soldats pointent chaque coup. Le bruit des détonations est épouvantable. La-bas, lorsque le coup a porté, on voit une palette qui indique l'endroit de la cible touché par la balle. Un drapeau qu'on agite annonce le point 10, qui est le maximum.

Mais voici qu'un commissaire vient annoncer que le banquet est prêt, et, comme le général Picquart doit repartir à deux heures cinquante, tout le monde se précipite vers les nombreuses tables installées en plein air, sous une tente. Le déjeuner est expédié très rapidement, car l'odeur de la poudre a comme décuplé les appétits. Voici l'heure des discours : ils sont nombreux, intéressants et brefs. Après quelques mois du préfet, M. d'Auriac, et du maire, le président de l'Union, M. Mérillon, se lève, un petit papier a la main. Son discours est un chef-d'œuvre de malice. Après avoir fait l'éloge du ministre qui défend avec une farouche énergie un budget dont l'équilibre est indispensable, bravant les impopularités passagères et luttant souvent contre lui-même, il le supplie de faire un effort financier pour soutenir les vaillantes sociétés qu'il préside.

Très aimablement, M. Caillaux dit toute la bienveillance qui l'anime, pour l'œuvre des sociétés de tir et, glissant rapidement sur la question financière, passe la parole au général Picquart, qui a d'intéressantes choses à dire. Intéressantes en effet les déclarations du ministre de la guerre qui passe rapidement en revue les avantages accordés par le gouvernement aux sociétés de tir si nécessaires pour se préparer aux guerres possibles. Si les subventions de l'Etat n'ont pas été en proportion avec l'importance des sociétés c'est que l'accroissement de ces dernières a été trop prompt et, de ces résultats, le ministre et la France ont lieu de se réjouir : on regagnera le temps perdu, voilà tout.

C'est maintenant le tour des récompenses; les rubans multicolores viennent récompenser d'inlassables dévouements. On proclame ensuite les divers champions. "Accolade ! Accolade !" crie-t-on de toutes parts lorsque le ministre remet a la reine du tir, Mme Johnson, son écharpe blanche. Galamment, le général se présente et dépose deux baisers sur les joues de la ravissante reine qui rougit.

Précipitamment le cortège regagne les voilures qui se dirigent au galop vers la gare.En passant, le général Picquart s'arrête pour serrer la main au commandant du 4e corps, le général Langle de Cary, qu'une légère indisposition retient chez lui. A deux heures cinquante, le ministre de la guerre montait dans son wagon réservé, tandis que son collègue lui criait "Merci, cher ami, et au revoir ! ". M. Caillaux est resté pour présider la grande fête de fleurs, ainsi que le gymkhana cycliste et automobile. Montés sur de magnifiques chars, Manceaux et Mancelles se couvrent de fleurs, et dans la tribune d'honneur M. Caillaux sourit aux projectiles fleuris.

Le Matin - 14 juin 1909

Martini

EN BREF

Les championnats de natation - Dans le bassin de l'île des Cygnes, la Fédération des Sociétés Athlétiques Professionnelles de France faisait disputer, hier, ses championnats. Sur les deux rives, les spectateurs se pressaient nombreux sur le quai de Grenelle, ils étaient pittoresquement juchés sur les amas de pierre de taille qui y sont élevés. C'était assez dangereux du reste car l'un d'eux est tombé et fut sérieusement blessé. Sur le pont de Grenelle, la foule était également considérable, On attendait la tentative du second des plongeons que Peyrusson avait annoncée. Il voulait battre son second de 31 mètres 48 et pour cela un échafaudage de 40 mètres de haut avait été élevé d'où de hardi plongeur devait piquer une tête. Hélas les spectateurs furent privés de cette attraction car de crainte d'accident, le préfet de police l'avait interdite. Les épreuves sportives du programme furent intéressantes. (...) Le public a chaleureusement accueilli la victoire de M. Ronnet et celle de Mlle Decorne, qui ont gagné avec une grande aisance les épreuves auxquelles ils ont pris part. Louons les Jeunes filles qui, très sportivement disputèrent le Championnat féminin. Il y a longtemps qu'en Angleterre les femmes du meilleur monde participent à des épreuves de natation et il n'y a pas de raison pour qu'il n'en soit pas de même en France. La natation est un sport dont l'utilité n'est plus à démontrer, et il serait à souhaiter que les jeunes françaises tout comme les jeunes français apprennent à nager. Trop souvent nous avons à relater des accidents mortels qui seraient évités si les victimes tombées à l'eau eussent pu se tirer d'affaire, si on avait songé à leur en donner les moyens en leur apprenant l'art, facile à acquérir de la Natation. Le Petit Journal – 14 juin 1909

Un accident à l'aéroplane Ferber - Après un superbe vol de dix minutes de l'aéroplane du capitaine Ferber, à Savignyr sur-Orge, l'aviateur donnait, hier, en atterrissant, un faux coup de guidon.L'appareil est venu se briser contre les tribunes. Il n'y a pas eu d'accident de personnes et le capitaine Ferber est sain et sauf. Le Petit Journal – 14 juin 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]