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06 juil. 09

Les actualités du 6 juillet 1909

Tour_1909  Le Tour de France 1909 est lancé !

Depart course cycliste

Les valeureux routiers qui pendant vingt-cinq jours vont étonner le monde sportif par leur endurance sont partis ce matin. Pour la septième fois, l'intéressant épreuve créée par notre excellent confrère Henri Desgranges va tenir en haleine tous ceux qui s'intéressent aux belles luttes que nous valent toujours les grandes épreuves cyclistes. Le Tour de France 1909 ne le cèdera en rien comme intérêt à ses prédécesseurs, au contraire, la lutte y sera plus âpre, plus terrible car jamais les grandes maisons de cycles ne sont aussi bien préparé pour ce véritable championnat du monde de la route.

La place de la Concorde présentait, ce matin une animation peu ordinaire; à partir de 2 h. 30, ce fut l'envahissement complet par des milliers et des milliers de cyclistes et à trois heures — au moment même où l'actif Charles Ravaud assisté de R. Desmarets et de G. Abran ouvrait le contrôle - il était matériellement impossible d'approcher du grand refuge ; aussi ce ne fut pas sans peine que les coureurs purent se ranger en bon ordre pour recevoir les dernières, recommandations officielles;

A 4 h. 15, le peloton, escorté de plusieurs centaines de cyclistes, sous la conduite de Ravaud, prenait la direction de la Porte Maillot. Quel pittoresque coup d'oeil que celui de ce défilé, dans l'avenue des Champs-Elysées ! Quelques chutes occasionnées par les dérapages et le cortège arrivait au pont de la Jatte à 1 h 40. Au café de la Grande-Jatte, tout pavoisé, les coureurs, à tour de rôle, vinrent signer la, feuille de contrôle. Jamais nous n'avions vu une foule aussi compacte à un départ, de course; Toutes les hautes personnalités de nos grandes maisons de cycles et de nombreux sportsmen étaient présents. (...)

Les bas-côtés de la route; les trottoirs, sont noirs de monde et ce n'est pas une petite tâche pour Ravaud. que de faire placer les concurrents selon leur numéro d'ordre. Enfin, tout est prêt et après un appel en règle Abran naisse, son traditionnel drapeau jaune et le peloton s'ébranle en bon ordre au milieu des acclamations. Il est 5 h. 31, la Bataille est commencée.

Malgré la boue, le pavé gras nos routiers s'en vont de toute la force de leurs jarrets et sur les bords de la Seine le train est des plus vifs. Ringeval et Lapize sont en tête et au pont d'Asnières (4 kil.), le premier peloton, comprend encore une cinquantaine de concurrents. Des dérapages amenant plusieurs chutes font quelques vides dans le lot de tête. A la sortie de Gennevilliers, un pédard occasionne une chute : huit coureurs en, sont victimes et parmi eux Cornet qui est: légèrement blessé au bras. Le temps de redresser son guidon et le brave petit champion repart à la poursuite des leaders.

Epinay est traversé à belle allure, et partout nos routiers sont chaleureusement acclamés. A Enghien (11 kil.), emmené par Ringeval et Derche, le peloton de tête comprenant Vanhouwaert, Ganna, L. Trousselier,, F. Faber et Blaise, passe à 5 h. 54. Puis, à une centaine, de mètres, le second; peloton emmené par Cornet et Chiodi. Nemo arrive le dernier à 6 h. 6. 134 coureurs sont passés.

Au contrôle de Clermont, tous les sportsmen du pays se pressent pour fêter les-routiers. A Saint-Just en Chaussée (88 kil); Faber a le commandement et l'allure se; maintient régulière. Dix fois les Italiens; tentent de s'échapper mais c'est en pure perte car tous les champions qui sont prêts répondent rapidement aux démarrages. (...)

La lutte, est de plus en plus vive et le peloton de tête, qui comprenait 21 coureurs à Amiens, n'en compte plus que 11 à Beaucourt (180 kil.). C'est Vanhouwaert qui est cause de ce lâchage et seul un homme a pu lui tenir tête jusqu'à Arras (207 kil.), c'est Ernest Paul dit Faber. Ces deux leaders arrivent à midi 29. Signent ensuite: à midi 34, François Faber, Lapize, L. Trousselier, Pottier, Christophe, Garrigou, Cornet, Cruchon, Ganna, Galetti, Deloffre, Derche, Defraye, Ménager, Lannoy ; à midi 36, Ringeval et. Duboc ; à midi 44, Dupont ; à midi 45, Alavoine et Canepari, etc...Derrière les leaders, la bataille est de plus en plus acharnée, et Lapize et Blaise reprennent un peu de leur retard. A Lens (224' kil.), Vanhouwaert et Ernest Faber n'ont plus qu'une minute d'avance.(...)

Roubaix – 271 kil.- C'est au milieu d'une foule considérable que les concurrents du tour de France cycliste ont terminé la première étape. Jusqu'à la ligne d'arrivée, la lutte fût des plus emotionnantes et je vous prie de croire que nos champions ont été acclamés. C'est Vanhouwaert, le champion de la maison Alcyon, qui a triomphé de François Faber également sur bicyclette Alcyon qui a fait une course remarquable. Voici d'ailleurs le classement:

1. CYRIEL VANHOUWAERT (Belge), sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, à 2 h. 50 m., soit 9 h. 19 pour les 271 kil.

2. François Faber (Français), sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, à 2 h. 50 m. 8 sec.

3. Blaise (Belge), sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, à 2 h. 50 m. 59 s.

4. Christophe, sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop.

5. Ernest Paul dit Faber, sur bicyclette Alcyon

6. La pize, 7. Garrigou, 8. Trousselier, 9. Galetti 10. Defraye, etc. Arrivée magnifique.

La Presse – 6 juillet 1909

La deuxième étape - Roubaix - Metz


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]
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