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11 juil. 09

Les actualités du 11 juillet 1909

bandits drome david

Verdict pour les chauffeurs de la Drôme: 3 condamnations à mort

Nous voici au terme de cette longue et triste affaire dont je vous enverrai le verdict ce soir, mais à une heure tardive, le jury ayant à répondre à 175 questions. Je n'ai plus qu'à retracer en quelques lignes les plaidoiries des défenseurs. La tâche était ardue d'apitoyer le jury sur de sinistres criminels que rien ne rend intéressants. Leurs avocats n'ont pas été au-dessous de leur lâche, dont ils se sont tirés à leur honneur.

C'est d'abord Me Pay qui a plaidé pour Berruyer. Il rappelle aux jurés que s'ils peuvent condamner a mort, ils peuvent aussi envoyer les accusés au bagne pour toujours, les mettant ainsi dans l'impossibilité de nuire. Il demande l'aumône d'un peu de pitié pour son client qui s'est toujours défendu d'avoir frappé. Il a son père, sa mère, une femme et quatre enfants. Ouvrier laborieux, il s'est perdu par ses connaissances, notamment par Liotard qu'il avait recueilli par pitié.

C'est Me Joulié, bâtonnier, qui se lève pour David, et son plaidoyer est digne de sa réputation oratoire. Que pouvait-il dire tout d'abord ? sinon faire le procès de la société qui laisse des enfants livrés a leurs propres instincts. La thèse n'est pas neuve et peut prêter à développements philosophiques. Sans justifier les assassinats et encore moins les cruautés qui les accompagnèrent, M" Joulié fait appel aux sentiments humanitaires des jurés. David, dit-il, n'est pas le chef de bande créé par la légende. Les véritables bandits ce sont Liotard et Berruyer. David les a suivis. Et il montre David ignorant tout de la famille qu'il n'a jamais connue, vagabondant dès l'âge de dix ans et condamné aussitôt. Triste début fans la vie qui devait provoquer la haine et la révolte dans cet être.

Me Chubanon, enfin, demande l'acquittement de Brenier, le receleur, contre lequel il n'y a pas de preuve formelle.Le jury vient d'entrer dans la salle de ses délibérations. Pendant ces longs débats, quantité de lettres anonymes ou non ont été adressées au président des assises. Elles contiennent des menaces, mais sont visiblement l'œuvre de mystificateurs. David, jusqu'au bout, aura fait des mots, en public ou avec les gendarmes. Il a dit ce matin, en attendant la reprise des débats :La garde meurt, mais ne se rend pas..Dans cinq jours, je défilerai.....

C'est à huit heures quarante-cinq seulement, le jury étant entré dans sa salle de délibérations à quatre heures, que la cour a rendu son arrêt. David, Liotard et Berruyer sont condamné à mort. Brenier est acquitté. Boum ! s'écrie David, au revoir et merci !

La délibération du jury a donné lieu à quelques incidents. Après trois heures de délibération, le jury rentrait en séance. Son chef n'était plus le même. Il donne lecture du verdict, mais impossible d'en préciser la portée sans l'aide du greffier, en présence des accusés, qui ne sont pas encore rentrés. L'émotion est extrême. A ce moment, le président annonce que le jury a commis plusieurs irrégularités et qu'il est obligé de rentrer dans sa salle de délibérations.

Le verdict rectifié, les trois accusés sont introduits et lecture en est donnée. Liotard et Berruyer restent assis, impassibles. Seul David affecte de ricaner. Des conclusions à fin de cassation éventuelle sont déposées par Me Joulié, bâtonnier. Avant d'en délibérer, le président demande aux accusés s'ils ont quelque chose à dire. Moi, rien du tout, ça me va ! répond cyniquement David. Les deux autres ne soufflent mot. La cour se retire pour délibérer. La salle est haletante. A neuf heures, enfin, en même temps qu'acte est donné à la défense de ses conclusions, l'arrêt de la cour est prononcé.

Statuant alors sans l'assistance du jury, mais en présence des trois accusés, la cour prononce par contumace la peine de mort contre Lamarque, en fuite, non toutefois sans que, ainsi que le veut la loi, l'huissier ait, par trois fois, appelé le nom de Lamarque. Au dehors, la foule accueille le verdict par des clameurs et des exclamations.

Le Gaulois – 11 juillet 1909

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EN BREF

uk Deux frères nés et morts le même jour - Londres, 10 Juillet – MM Charles et Frédéric Robinson, frères jumeaux, âgés de 54 ans, avaient l'un pour l'autre une affection des plus vives. Hier, Frédéric qui, depuis quelque temps, souffrait d'une dépression nerveuse, causait dans son jardin avec son frère, lorsque, dans un accès brusque, il se précipita dans un fossé profond qui était plein d'eau. Comme il ne savait pas nager et qu'il allait se noyer; Charles se porta à son secours, mais il sombra lui-même, et leurs deux cadavres furent retrouvés quelques minute s plus tard. Le Petit Journal – 11 juillet 1909

Les fêtes de Jeanne d'Arc à Chalons - Aujourd'hui, pour le 430e anniversaire de la délivrance de Chalons-sur-Marne par Jeanne d'Arc, le comité châlonnais avait organisé de splendides fêtes. Les rues furent magnifiquement pavoisées et décorées par les habitants et illuminées le soir, vu le temps magnifique favorisant la fête. A la cathédrale, le matin et le soir, 6.000 personnes assistèrent aux cérémonies que présidait le cardinal Luçon, archevêque de Reims, assisté des évêques de Verdun, Belley et Chalons. Dans les rues, un imposant cortège de 2.000 hommes précédés de 60 tambours et clairons, des musiques de Châlons, d'Epernay, de Vitry, de Montmirail et des sociétés de gymnastiques de Châlons, Epernay et Vitry, se déroula au milieu d'un enthousiasme indescriptible. Au cirque, en matinée et en soirée, on représenta devant 3.000 spectateurs une épopée musicale en cinq actes, intitulée Jeanne d'Arc à Chalons, composée par un Châlonnais. Enfin, un cortège historique de 350 figurants représentant les corporations du quinzième siècle, présentant comme au moyen âge les chefs-d'œuvre de leur travail, se déroula dans la ville. Le Matin – 12 juillet 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]