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22 juil. 09

Les actualités du 22 juillet 1909

Tour_1909   9e étape: Victoire de Ménager à Bayonne

cyclistes au depart

Toulouse – 21 juillet – Si vous n'avez jamais eu la chance d'assister à un départ de courses, à Toulouse, vous n'avez rien vu. Il est absolument impossible de se faire une idée de l'enthousiasme de ces braves et bruyants toulousains. Toulouse est véritablement un des pays les plus sportifs du monde. Depuis une heure du matin, les abords du contrôle étaient envahis par les sportsmen et à l'heure où les coureurs sont venus, il a fallu toute la science, toute l'énergie de ces dévoués Peyronnet et Pons pour permettre aux concurrents de pouvoir accomplir les formalités préliminaires.

Ont-ils été choyés et acclamés ces courageux "Tour de France". Si tous les contrôles étaient comme celui de Toulouse je crois que les concurrents demanderaient que cette dure épreuve dure éternellement. L'heure s'avance, nous nous rendons au départ où après le traditionnel appel en règle, sous l'œil vigilant de Desgranges, le signal de l'envolée vers l'Océan fut donné à soixante-dix concurrents.

Auch (77 kil. de Toulouse à 222 de Bayonne) - La bataille commence bien; à quelques kilomètres du départ, Ernest, Paul et Ménager surprennent leurs camarades et poussant comme des sourds s'assurent près de 200 mètres d'avance; Malheureusement, près de Leguevin Ménager crève et le peloton ramené par Cruchon et Alavoine rejoint les fugitifs. Une petite côte est escaladée à belle allure, le peloton emmené par Trousselier, Vanhouwaert et Alavoine. Dans une descente, ce dernier s'échappe à son tour, et secondé par Faudon s'assure une bonne avance. Les deux leaders passent à Auch à 6 h. 33 ; puis à 6 h. 36 vient un peloton comprenant Ernest Faber, Vanhouwaert, Trousselier, Ménager, Maitron, Fleury, Cruchon, Faillot, François Faber, Zavattï, Denizot, Rabot, Léman et Fleury. Il fait toujours une chaleur lorride et une poussière terrible.

Pau, 21 juillet — Nous rejoignons les leaders à Miramart (94 kil.), Faudon est à plat et Alavoine poursuit sa fuite éperdue. Le premier peloton est maintenant à peu de distance. Près Saint-Maur-Soulès (108 kil.), Alavoine est rejoint et notre champion de France en profite pour se reposer quelque peu en suivant la roue de Garrigou qui est véritablement merveilleux d'allure. Ménager tente à diverses reprises de fausser compagnie à ses camarades, mais en pure perte, car Alavoine et Garrigou ramènent chaque fois le peloton sur le fugitif.

A Aureilhan (147 kil.), Faudon est irrémédiablement lâché et les hommes de tête avancent toujours à splendide allure. Nous arrivons à Tarbes (149 kil. de Toulouse, à 150 kil. de Bayonne) au moment où le peloton s'arrête au contrôle superbement installé au Café de Bayonne. Notre ami Dancausse a fait les choses de main de maître. Signent dans l'ordre : Alavoine, Garrigou, Maitron, Fleury et Ménager, à 9 h. ; Louis Trousselier, Ernest et François Faber, Christophe, Vanhouwaert, Duboc et Faure, à 9 h.5 ; Ringeval et Le Bars, à 9 h. 19 ; Saillot et Cruchon, à 9 h. 25. Au moment où nous repartons du contrôle, arrive une auto dans laquelle a pris place Lafourcade. Le pauvre coureur, qui avait une belle chance de se classer honorablement, a fait une chute fantastique ; il est sérieusement blessé et de plus sa machine est en morceaux ; dans ces conditions, il est contraint d'abandonner.

Nous repartons à la poursuite des leaders, non sans avoir encouragé le vaillant Christophe qui est parvenu à reprendre contact avec le second peloton. Nous rattrapons les leaders après Sournoulou (172 kil.), Ménager et Alavoine sont au commandement et arrivent à Pau (188 kil. de Toulouse à 111 kil. de Bayonne) à 10 h. 15 ; Maitron, Fleury et Garrigou signent avec eux. Six minutes d'attente, et François Faber suivi de Vanhouwaert, Trousselier, Duboc, Bettini, E. Faber et Christophe signent ensemble. Faure, Léman et Ringeval passent ensuite.

Peyrehorade, 21 juillet — La lutte est véritablement belle et on sent que tous ont à cœur de gagner. Maintes fois Ménager tente de s'échapper et chaque fois 1e petit coureur trouve une résistance opiniâtre. Par bonheur pour lui Alavoine crève et le champion d'Amiens en profite pour tenter l'effort suprême. Il parvient à s'assurer une belle avance, seuls Fleury, et Maîtron restent avec lui et lorsque nous arrivons à Peyrehorade les trois nommes passent seuls en tête à midi 40 ; Alavoine arrive à 12 h. 50 et repart aussitôt (...)

Bayonne (299 kil. de Toulouse), 21 juillet — Débarrassé de ses plus redoutables adversaires, Garrigou et Alavoine, le courageux Ménager poursuit plus rapidement sa course vers l'Atlantique. Il augmente considérablement son avance et passe seul à Biaudes. Dès lors, sauf accident, la course est gagnée. Nous approchons de Bayonne et, sur la route de Toulouse, la foule est des plus compacte. Lorsque nous annonçons que le petit Ménager est seul, l'enthousiasme déborde et c'est par de folles acclamations que le public reçoit le jeune champion qui remporte ainsi la plus belle victoire de sa carrière. Maitron, qui arrive ensuite, est également très acclamé, de même que Fleury. Enfin notre champion de France Alavoine et Garrigou reçoivent aussi leur part d'applaudissements. De l'endroit fixé pour l'arrivée, les coureurs se rendent place de la Liberté signer la feuille de contrôle. (...)

La Presse – 22 juillet 1909

Heliopolis

EN BREF

Un canot automobile fait explosion au large de Nice: 2 morts - Un douloureux accident vient de se produire en vue de notre ville et a fait deux victimes, un sportsman et un commerçant niçois. Un canot automobile construit à Antibes a fait explosion, ce soir, au large de la plage de la promenade des Anglais prolongée, non loin du champ de courses. Les deux personnes qui le montaient ont été tuées par les éclats du moteur. On a retrouvé les deux cadavres.C'étaient le propriétaire du canot, le baron Pernety-Haussmann, âgé de quarante ans, marié, membre du Club Nautique, et un marchand de cycles, M. Julien Guillet, trente-cinq ans, demeurant tous deux à Nice. Le baron et son ami étaient partis ce 'matin par le chemin de fer pour aller prendre livraison du canot automobile le Moucheron. La mer était assez forte, mais ils voulurent quand même ramener le Moucheron dans le port de Nice. Ils s'embarquèrent donc et longèrent la côte. Quelques heures plus tard, vers cinq heures, on trouvait leurs cadavres sur la plage du champ de tir. Il est certain que le moteur a fait explosion, mais on ignore la cause de cette explosion. Peut-être s'est-elle produite, ce qui paraît très probable, au moment où le canot, chaviré par une lame, se remplissait d'eau. Le Petit Journal – 22 juillet 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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