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29 juil. 09

Les actualités du 29 juillet 1909

Melilla

Désastre espagnol au Maroc: Plus de 1000 morts et 2000 bléssés sous Melilla ! Effervescence dans toute l'Espagne

C'est un véritable désastre que l'Espagne vient d'essuyer au Maroc. Des combats nombreux et déjà meurtriers se sont engagés quotidiennement depuis plus d'une semaine, autour de Melilla. Celui qui s'est livré, mardi, a eu les conséquence les plus graves : 1000 soldats ont été tués et 2.000 ont été blessés au cours de cette lutte acharnée ; le général Pintos et plusieurs officiers ont trouvé une mort glorieuse à la tête de leurs troupes (...)

Telles sont les affligeantes nouvelles qu'une censure sévère a laissé peu à peu filtrer. On juge de l'impression douloureuse et profonde qu'elles ont produite dans toute l'Espagne, secouée déjà d'un bout à l'autre de la péninsule par le mouvement révolutionnaire provoqué par rappel des réserves sous les drapeaux.

La situation intérieure parait à ce point alarmante qu'aussitôt après la proclamation de l'état de siège dans tout le royaume Alphonse XIII a décidé de rappeler la famille royale de Saint-Sébastien et de se réinstaller dans sa capitale.

Mais revenons aux péripéties du combat de mardi. Le Général Marinas avait appris dans la matinée que les Marocains avaient détruit la voie ferrée sur sa droite. Un détachement fut envoyé par lui aux postes avancés. Les colonnes commandées par les colonels Fernandez Oueda et Axo escortaient le convoi pendant que les troupes du général Pintos s'emparaient des collines voisines du mont Curugu. Mais le combat fut acharné et les Marocains, à peine repoussés, revenaient à la charge contre les vaillants soldats espagnols, isolant par ce fait les avant-postes. Aussitôt le convoi rentré, les troupes se replièrent sur le campement. Ce sont les suites de cet engagement qu'est venue préciser la dépêche suivantes .

Melilla, 29 Juillet

Les journées des 25 et 26 juillet ont été tranquilles. Le 21, à la suite d'une attaque contre la voie ferrée, la ligne a été coupée, et le ravitaillement des avant-postes a été ainsi rendu impossible. Le bombardement des Riffains a commencé, mais les avant-postes sont en danger, et leur abandon est probable. La situation de Melilla est grave, en dépit de l'arrivée des renforts. On se bat sous les murs de la ville. Sont tués : le général Pintos, un colonel, deux lieutenants-colonels, un commandant, cinq capitaines, de nombreux officiers subalternes et mille soldats environ. Il y a quinze cents à deux mille hommes blessés et un nombre également considérable d'officiers blessés. L'hippodrome est rempli de cadavres.

Le bruit court que deux généraux seraient grièvement blessés. Que va-t'il se passer à présent à Melilla ? La question n'est pas sans inspirer les plus vives alarmes. Déjà, on annonce qu'une harka a attaqué Albucemas et les télégrammes que laisse passer la censure espagnole ne cherchent pas à simuler ces craintes, ainsi qu'on va le voir :

Hendaye, 29 Juillet

Les indigènes, grisés par leurs succès et excités par les marabouts, se montrent de plus en plus agressifs. Chaque jour, ils se livrent à quelque fusillade contre les détachements et les positions avancées. Ils approchent si près de la place qu'on peut suivre de celle-ci toutes les phases de leurs attaques et la riposte des troupes espagnoles. On craint qu'ils n'arrivent jusqu'aux portes de la ville. Les habitants des quartiers excentriques situés hors des murailles sont en continuelle alarme. Beaucoup quittent précipitamment, la nuit, leur demeure, à peine vêtus quand ils entendent le bruit de la canonnade et vont, se réfugier à Melilla.

Cette campagne aura mis en triste relief l'organisation défectueuse des services administratifs de l'armée. Mais si les événements de la côte marocaine sont graves, ceux de l'Espagne continentale ne sont pas plus rassurants. C'est ainsi qu'on a parlé de l'assassinat du gouverneur civil de Barcelone, M. Ossorio, et de la proclamation d'un gouvernement provisoire.Quoi qu'il on soit, à Barcelone et dans toute la Catalogne en particulier, l'agitation est extrême et n'est pas moindre dans les autres provinces, pour se traduire par des incidents moins violents. Le point capital à retenir c'est l'union complète qui existe, d'après un télégramme reçu hier, entre les soldats et les civils dans la manifestation du sentiment populaire hostile à la guerre.

Ajoutons, en terminant, que le gouvernement français, soucieux de continuer à observer à regard de l'Espagne la plus réelle correction, s'est inquiété de la situation. Au Conseil des ministres, tenu hier à l'Elysée, le ministre des Affaires étrangères, ainsi que l'indique la note communiquée à la presse à l'issue de cette réunion. "a fait savoir à ses collègues que, d'accord avec le prési-dent du Conseil, il avait télégraphié à M. Jonnart, gouverneur général de l'Algérie, pour lui prescrire d'empê-cher les Marocains qui se trouvent en Algérie pour les moissons de pas-ser en bandes armées sur le territoire voisin de Melilla". Ce fait réduit à néant les insinuations de certains journaux étrangers qui présentent la France comme ayant poussé l'Espagne à la guerre.

Le Petit Journal – 29 juillet 1909

Maroc

 

EN BREF

Quintuple assassinat - Rostoff-sur-le-Don, 28 juillet. — Une dizaine de commerçants revenaient sur une barque à voile de la foire de Tagenrod. Vers, deux heures du matin, lorsque tout le monde dormait, l'un des voyageurs se leva tout à coup et se jeta sur le pilote avec un poignard à la main. Ce dernier: à moitié endormi sans doute fut jeté à la mer après avoir été blessé au ventre. Son meurtrier entreprit alors, de tuer les dix-voyageurs, mais après le quatrième, les autres se réveillèrent enfin par le bruit. Il avoua que son intention était de tuer tous les voyageurs pour les dévaliser. Le pilote et deux voyageurs moururent le soir même. La Presse – 29 juillet 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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