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30 juil. 09

Les actualités du 30 juillet 1909

Traversée de la Manche: Nouvel échec de Latham...

Latham manche

Hubert Latham dont il faut admirer le courage et l'opiniâtreté n'a pu réussir pour la seconde fois la traversée de la Manche. Après un essai infructueux hier matin, Latham, ayant fait réparer son monoplan, décidait dans la soirée, malgré la pluie qui tombait à ce moment, de tenter la traversée du détroit. Le temps était du reste favorable, et à six heures, hier soir le grand oiseau quittait les falaises de Sangatte, Il parvenait en vue de Douvres, et il n'en était plus qu'à un mille environ, lorsque l'on vit le monoplan tournoyer et s'abattre. Une nouvelle panne de moteur, ainsi que l'a déclaré Latham venait d'arrêter le hardi aviateur, et une fois de plus, la traversée était manquée. Heureusement Hubert Latham fut sauvé et l'appareil aussi. Voici du reste les détails de cette nouvelle tentative,

Hubert Latham, satisfait de son essai du matin, malgré son atterrissage brutal, avait décidé de tenter, à 6 heures, la traversée de la Manche. Vers 5 heures, l'aéroplane est sorti de son hangar et traîné par un cheval en haut de la côte des Escalles. Les autos, motos, vélos, piétons qui suivent sont légion. La pluie, qui commence à tomber, jette une consternation générale. Malgré cela, personne ne bouge et la foule, au contraire, augmente toujours. Quelques essais de moteur sont effectués. On attend que la pluie cesse. A 5 h. 45, le temps est absolument favorable; il fait un calme plat. On aperçoit au loin le remorqueur Champigny les torpilleurs 227, 257, 238 et 276, accompagnés de l'Escopette, qui doivent convoyer l'intrépide aviateur.

On attend jusqu'à 8 heures. L'hélice est mise en marche. Le monoplan prend son élan en 50 mètres, et montant graduellement, passe 100 mètres au-dessus de l'usine du Tunnel, rejoint bientôt les premiers torpilleurs et va toujours en s'élevant. Pendant dix minutes, on le voit se dirigeant directement vers Douvres.

Aussitôt que le poste de télégraphie sans fil de Sangatte eut annoncé le projet de Latham, une foule considérable se porta vers le rivage de la mer pour assister à l'arrivée de l'audacieux aviateur. A 6 heures, on sut qu'il était parti; l'émoi fut alors intense. A 6 h. 20, on vit soudain l'aéroplane émerger, surgir du brouillard, volant vers la terre; il se comportait magnifiquement! grossissant de seconde en seconde. De toutes les bouches jaillissaient les cris ; "L'aéroplane ! L'aéroplane! Le voilà ! Le voila !" L'émotion était des plus vives, et à mesure que la distance, diminuait, cette fièvre augmentait.

Un instant encore, l'aéroplane allait atterrir; soudain, le silence, un silence poignant se fit. Toute cette foule semblait impressionnée, atteinte au cœur. L'aéroplane vacillait, s'inclinait, puis s'abattait comme un aigle frappé à mort en plein vol, tournait en battant convulsivement des ailes et tombait. La foule impuissante semblait saisie d'horreur. Au milieu d'un silence impressionnant, elle vit l'aéroplane toucher les flots; c'était la fin. Alors, des signaux de secours retentirent de toutes parts, des embarcations comme de la flotte.

Les vaisseaux de la flotte anglaise de l'Atlantique, mouillés aux environs du port, dépêchaient des détachements de marins. Les autres vaisseaux firent de même. Les marins de l'État arrivèrent les premiers mais déjà Latham et son aéroplane étaient atteints et repêches par un des torpilleurs français. Il fut immédiatement décidé pour empêcher la foule émue et frénétiquement enthousiaste, de gêner Latham dans ses mouvements, le débarquement se ferait à la jetée du Prince de Galles où l'on n'a accès qu'en payant 60 centimes.

Les torpilleurs étaient échelonnés sur le parcours. L'Escopette se trouvait à 10 milles de la côte anglaise lorsque Latham quitta Sangatte. Il vola a 200 mètres de hauteur, filant à toute vitesse, et passa successivement au-dessus de tous ses convoyeurs. Il venait de dépasser L'Escopette lorsque, soudain, on le vit descendre rapidement. On le crut arrivé à Douvres. Malheureusement, il était encore assez loin de la côte et tombait ! La chute fut rapide et brutale. Tandis que deux remorqueurs anglais et quatre chaloupes, dont celle du navire de guerre Russell, s'approchaient du naufragé, un berton, détaché de l'Escopette, rejoignait Latham et le prenait a bord, trois minutes après sa chute. Latham eut ces simples mots : "Je n'ai pas de chance, vraiment."

Quelques instants après, Latham était débarqué à Douvres, où une foule enthousiaste l'acclamait. Latham a été conduit au Lord Warden Hôtel, où il a été reçu par M. Finez, vice-consul de France. Un chirurgien de l'hôpital de Douvres a soigné Latham à l'hôtel Lord warden. Il annonce qu'il a recousu le front du blessé en trois endroits, et le nez à deux endroits. Une personne qui était à bord de l'Escopette raconte que le contre-torpilleur se trouvait a neuf milles en mer environ au moment du départ de Latham, et qu'au bout de douze minutes celui-ci les dépassait en agitant sa casquette pour saluer les passagers. L'aéroplane a été remorqué dans le port où il est gardé par la police. Latham est reparti pour Calais par le bateau de onze heures. Latham aurait déclaré qu'il recommencerait sa tentative dès qu'il serait guéri.

Le Temps – 29 juillet 1909

Ostende_Douvres

 

EN BREF

Tour_1909 La quatorzième étape du Tour de France – L'avant dernière étape du Tour de France cycliste organisé par notre confrère l'Auto s'est disputée hier sur le parcours Brest-Caen (415 kilom.) par la grand route passant par Morlaix, Saint-Brieuc, Dinan, Granville et Coutances. Jusqu'à Granville, les concurrents de tête, groupés en peloton, affrontèrent les côtes assez rude de la Bretagne. A Coutances, Trousselier, Duboc, F.Faber, Vanhouwaert, Garrigou et Alavoine pédalèrent de conserve. (...) Voici le classement à l'arrivée: 1. Duboc, à 3 h 3m; 2. Alavoine à 3 h. 10 ; 3. F.Faber à 3 h 10 1/5; Arrivent ensuite en peloton à 3 h. 11: Garrigou, Trousselier, Vanhouwaert. Le Matin – 30 juillet 1909

Espagne A Barcelone, l'émeute continue – Les combats continuent toujours ici entre la police et les manifestants. Un grand nombre de personnes ont été tuées ou blessées. On déclare que M. Maura, Président du Conseil à l'intention de démissionner et qu'il sera remplacé par un général. La communication avec Gerone est interrompue. Le Matin – 30 juillet 1909


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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