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31 juil. 09

Les actualités du 31 juillet 1909

Espagne L'insurrection en Catalogne

barcelona julio 1909 2

De nouveaux désordres se sont produits à Barcelone et en plusieurs autres endroits en Catalogne, ainsi qu'à Madrid, où une grande manifestation contre la guerre aurait été faite par la foule et les soldats devant le palais royal. Mais il semble que la situation générale se soit améliorée et que les autorités aient réussi à étouffer l'insurrection de Barcelone grâce aux renforts de troupes envoyés au capitaine-général.

Un télégramme officiel de Madrid, 30 juillet, dit que les nouvelles de Barcelone sont satisfaisantes. La cavalerie aurait acculé dans les faubourgs de Clôt et de San-Martin le principal groupe des séditieux contre lesquels l'artillerie aurait ouvert le feu, lui causant de grandes pertes. Les survivants se seraient rendus et auraient livré leurs armes. Il resterait encore à réduire quelques petits groupes dans les villages voisins de Barcelone.

Le paquebot allemand Scutari est arrivé hier soir venant de Barcelone où il se trouvait au moment des émeutes de ces jours derniers. Le Scutari a quitté Barcelone dans l'après-midi de mercredi. Voici le récit d'un officier du bord. Jusqu'à lundi dernier tout était demeuré calme dans la ville, malgré qu'une vive effervescence, provoquée par les nouvelles du Maroc, régnât parmi les ouvriers. Soudain, lundi après-midi, la grève éclata. La ville perdit aussitôt toute son animation coutumière : plus de charrois, plus de tramways; partout un calme inquiétant qui devait bientôt être suivi de graves désordres.

Ces désordres commencèrent mardi matin, et prirent bientôt une importance considérable. Les rues furent dépavées, les rails arrachés, des barricades furent élevées en de nombreux points de la ville. La troupe intervint, des collisions se produisirent entre les soldats et les émeutiers et des coups de fusil et de revolver furent échangés. Le canon lui-même fit entendre sa voix et des boulets furent lancés contre les barricades qui furent enlevées d'assaut.

Naturellement, tout cela n'avait pas été sans qu'il y eût de nombreuses victimes et des dégâts considérables. Plusieurs immeubles avaient été détruits, l'église San-Pablo, par exemple. Le calme un peu revenu dans la cité, de sévères mesures furent prises par les autorités, A partir de dix heures du soir, il fut interdit à la population de demeurer sur la voie publique. Les groupes de plus de deux personnes furent défendus.

D'autre part, toute la troupe : cavalerie, infanterie et artillerie, fut mise sur pied. Les soldats disséminés dans toute la ville avaient reçu des ordres formels de tirer sur tout contrevenant aux prescriptions édictées par le gouverneur de la ville : à dater de mardi et jusqu'à nouvel ordre, la troupe devait manger et coucher sur place, prête à toute éventualité. Certaines artères principales comme la Rambla, la Santa-Monica et le Parallèle notamment, étaient complètement barrées par les soldats. Sur les quais, autour de la statue de Christophe Colomb, sur la place de Catalogne, etc.. on ne voyait que des hommes de troupes ; dans diverses rues des canons et des mitrailleuses étaient installés.

Toutes ces mesures de répression n'empêchèrent pas les troubles de se renouveler en différents points. Pourtant dans Barcelone même l'émeute paraissait momentanément enrayée, Il n'en était malheureusement pas de même dans les quartiers constituant la banlieue barcelonaise, à San-André, San-Antonio, Barcelonetta, Badeluna, où malgré les balles et les obus les révoltés tenaient bon derrière leurs barricades, tirant sans relâche sur la troupe. Partout des incendies éclataient, des églises, des couvents et des usines étaient livrés aux flammes. D'un seul de ces faubourgs les ambulances de la Croix-Rouge ramenèrent mardi soir une trentaine de morts et une centaine de blessés.

Durant la nuit de mardi à mercredi des coups de feu retentirent de loin en loin. Cependant il y eut répit de part et d'autre. Avec le jour, mercredi matin, la fusillade reprit. Les mesures d'ordre devinrent plus sévères encore ; la population de la ville ne fut plus autorisée à sortir de chez elle que de six heures à neuf heures du matin. Il fut interdit aux passants de marcher deux ensemble et d'être porteurs d'un paquet quelconque sans autorisation.

Le Temps – 31 juillet 1909

Espagne

EN BREF

Voitures de paille qui flambent – Depuis un mois on signale chaque jour des incendies de voitures de paille. Ces chargements prennent feu subitement soit dans les rues de Paris soit dans les cours des dépôts de fourrage. Hier, sur le boulevard Beaumarchais une de ces voitures, appartenant à M. Gallon, cultivateur à Villecresnes, a flambé. Les pompiers de la caserne Sévigné n'ont rien pu sauver. Ce matin encore, un chargement a brûlé près de la gare de Clichy-Levallois. Malgré une surveillance active, la police n'a pu découvrir la cause de ces incendies. Elle croit qu'un dangereux monomane lance sur la paille des produite chimiques, phosphore blanc ou sulfure de carbone. La chambre syndicale des grains et fourrages a décidé de prêter son concours aux agents de la préfecture de police: elle a résolu d'offrir une prime de 500 francs à celui qui ferait connaître les auteurs de ces sinistres. D'autre part, les agents de la Sureté chargés de suivre les voitures de paille entrant dans Paris vont être doublés. Le Temps – 31 juillet 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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