CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

05 août 09

Les actualités du 5 août 1909

sous marin archimede

On a lancé hier le plus grand sous marin du monde !

Ce matin, dès huit heures, une foule énorme envahissait l'arsenal pour assister au lancement de l'Archimède, le plus grand sous-marin du monde (...). Rarement on vit une telle affluence dans le port ! Dans la cale 1 on apercevait l'avant du submersible peint au minium. Les autorités maritimes, ingénieurs, commandants etc., étaient aux premières places. L'ingénieur Fenaux et l'adjoint technique Siron, dirigeaient l'opération du lancement qui occupait près de 200 ouvriers.

A 9 heures et quart le navire glissa lentement, apparut pavoisé avec son équipage sur le pont et gagna le bassin avec une allure de 3 nœuds. Un tonnerre d'applaudissements éclata. Le lancement avait été parfait, l'ingénieur fut félicité et les ouvriers reçurent congé pour la journée.Un lancement fait dans de telles conditions constitue un réel tour de force ; l'allure modérée avec laquelle l'Archimède prit contact avec son nouvel élément n'avait jamais été réalisée, c'est véritablement merveilleux si l'on songe que le Rubis partit à une vitesse de 12 noeuds.

Le nouveau navire, véritable contre-torpilleur sous-marin a été remorqué dans la forme pour recevoir ses machines. Longueur, 63 mètres 40 ; largeur, 7 mètres ; tonnage, 700 tonnes ; profondeur, 7. Il est, comme forme, identique aux submersibles du type Pluviôse, mais sa disposition intérieure varie sensiblement et son armement est également modifié. Le submersible de l'ingénieur Hutter est armé de 7 tubes lance-torpilles, ainsi disposés : 1 tube de l'étrave à l'avant, 4 sous les brise-lames, 2 (du système russe) à l'arrière. Ces appareils sont sous-marins.

L'équipage est nombreux ; l'état-major comprend : un lieutenant et deux enseignes de vaisseau. Parmi les hommes d'équipage sont embarqués : un premier-maître torpilleur et trois seconds-maîtres mécaniciens. C'est le lieutenant de vaisseau Frochaud qui le commande.

Le Petit Journal – 5 août 1909


EN BREF

Une exécution en Algérie Alger, 4 août 1909. — Ce matin a lieu à Bouira l'exécution, capitale de Boucheriguène ben Mohamed. Cet indigène avait, le 18 août 1908, assassiné M. Dupont, jeune colon français habitant les environs de Bouira en l'assommant a coups de matraque, en le lardant à coups du couteau et en lui coupant la gorge. A minuit, M Lapeyre, bourreau d'Alger et trois aides montent la guillotine sur la place Victor-Hugo, à cinq cents mètres de la prison. A quatre heures, M. Bessert substitut du procureur général à Alger, le juge de paix de Bouira, le caïd et l'interprète vont réveiller le condamnné. A la nouvelle qu'il va être exécuté, Boucheriguène, qui est âgé de dix-huit ans, se roule à terre et hurle lamentablement : Attends ! attends ! monsieur ! Comme le bourreau et ses aides veulent placer Boucheriguène sur un petit tonnelet dans la cour de la prison, afin de procéder à la funèbre toilette, le condamné s'imagine que le tonneau est l'instrument de l'expiation, il détourne les yeux et se débat désespérément. Cependant lorsque descendu de la voiture, le condamné aperçoit la sinistre silhouette de la "veuve" il sursaute violemment, reprend ses forces et entonne à tue-tête, d'un air résigné, une chanson que les Arabes chantent lorsqu'ils accompagnent au cimetière un parent ou un ami décédé. Une poussée... Boucheriguène tombe sur la planche. Il essaye cependant de soustraire sa tête à la lunette et se débattant prononça une dernière fois : Attends ! attends ! Att...Le couperet tombe, la tête a été nettement sectionnée. Il est quatre heures vingt-cinq. Le Matin – 5 août 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]