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15 août 09

Les actualités du 15 août 1909

grandes manoeuvres 1909

Les grands manœuvres de 1909

"Manœuvres d'armée du Bourbonnais", disent les notes militaires officieuses. En réalité, manœuvres de corps d'armée contre corps d'armée, avec une division de cavalerie en plus, et renforcement de fractions d'infanterie dépassant une brigade. Le 13e corps, de Clermont-Ferrand, général Goiran (ombre infortunée de Boulanger, où le retrouver ?) marche contre le 14e corps de Lyon, général Robert. La 6e division de cavalerie, de Lyon, la brigade régionale de Lyon, le groupe des zouaves de Sathonay prennent part aux opérations ; nous saurons par la suite dans quel camp et dans quel rôle.

Sur la carte des chemins de fer pointez les deux chefs-lieux de corps d'armée, Lyon et Clermont-Ferrand : au milieu et au-dessus, la Clermont-Ferrand ; au milieu et au-dessus, la Palisse, sommet du triangle dont les deux autres places forment les angles ; vous avez le théâtre des opérations qui se dérouleront entre la Loire et l'Allier d'une part et de l'autre, entre les lignes de chemins de fer Moulins à Digoin, Saint-Germain-des-Fossés à Roanne. Les baigneurs de Vichy seront aux premières loges pour assister au spectacle. A la Palisse, quartier général du directeur des manœuvres, le général Trémeau. (...)

Selon l'usage, et conformément aux nécessités pratiques, deux périodes d'opérations. Première période, du 8 au 14 septembre : manœuvres préparatoires ou d'entraînement brigades contre brigades, divisions contre di-visions, avec marches pour amener les deux corps d'armée en présence l'un de l'autre. Deuxième période, du 15 au 18 septembre inclus, manœuvres d'armée : parti A, 13e corps ; parti B, 14e corps. A partir du 15, heure à fixer, les chefs de parti auront entière liberté pour conduire les opérations — d'après le thème particulier qu'ils auront reçu. Le thème imposé tempère quelque peu l'entière liberté laissée aux chefs. Cette liberté n'est pas moins restreinte dans une éventualité couramment admise cependant en doctrine de guerre du jour, celle des attaques de nuit. En Mandchourie, c'est presque toujours la nuit, ou bien à l'aube, que les Japonais ont commencé leurs attaques contre les lignes russes. Aucune attaque de nuit disent les prescriptions du général Trémeau, ne sera exécutée sans l'assentiment du général directeur.

(....) Changement plus substantiel, et qui va nous mettre dans la bonne voie adoptée depuis longtemps en Allemagne : faire bivouaquer les troupes, au lieu de les envoyer, à la fin de la journée, au prix de marches éreintantes, à des cantonnements éloignés. Le bivouac sur le champ de bataille, c'est la conservation du terrain acquis ou défendu victorieusement, en même temps qu'une promptitude et une facilité plus grandes pour reprendre l'action le lendemain au point intéressant.

(...) Mais le vrai clou, comme à la revue du 14 juillet, ce sera la participation, pour la première fois, d'un dirigeable aux opérations : on annonce, en effet, que le dirigeable République viendra prendre part à ces manœuvres du Bourbonnais en effectuant, par ses propres moyens, le trajet du parc de Chalais-Meudon jusqu'au quartier général, à la Palisse. L'engin aura là comme local, pour le recevoir, la Halle aux blés, et une compagnie de 150 soldats aérostiers avec un capitaine pour gardes du corps.

Ce serait faire Gros-Jean voulant en remontrer à son curé, que d'observer le grand avantage dont bénéficiera le parti qui possédera dans son jeu l'esquif aérien comme moyen d'exploration et de reconnaissance des forces adverses. Pour rétablir l'équilibre, il faudra que chacune des armées ait à tour de rôle le dirigeable à sa disposition. Et la partie encore ne sera vraiment égale que lorsqu'il y aura des dirigeables opposés par corps d'armée opposés : Chacun pour soi, et non un seul dirigeable pour tous. .. La leçon de choses n'en sera pas moins très précieuse : c'est des prochaines grandes manœuvres françaises que datera l'enseignement à retirer de l'emploi des ballons dirigeables au service des armées en campagne.

Le Gaulois – 15 août 1909

EN BREF

Drame de la mer - Le Cap, 14 août. On considère ici comme perdu corps et biens le paquebot Warata parti d Australie pour le Cap avec trois cents passagers embarqués a Sydney, Adélaïde, Melbourne et Durban, a destination du Cap et de l'Angleterre. Le Warata paquebot de 10.000 tonnes, en était à son second voyage sous le commandement du capitaine Ilbery ; il avait a bord des vivres pour deux mois et 2,000 tonnes de charbon. C'est la première fois que disparaît sans laisser de traces un vapeur de cette dimension pourvu de deux hélices. Le Gaulois – 15 août 1909

Les étranges moyens auxquels ont recours les américains pour se soustraire à la chaleur - New-York, 13 août. — En raison de la chaleur intense qui règne aux Etats-Unis, 50,000 New-Yorkais, hommes, femmes et enfants, vont dormir toutes les nuits sur les plages de Coney Island. La police veille sur les dormeurs qui sont séparés par sexes. On paye jusqu'à deux dollars les cabines de bains sur la plage pour y passer la nuit. Dans Riverside Drive, le parc fashionnable de New-York, on rencontre dans les premières heures de la matinée à côté de pauvres diables, des familles riches chassées de chez elles par la chaleur ; les hommes sans col ni chapeau, les manches de chemise retroussées, et les femmes en vêtements légers et flottants. Les souffrances communes rapprochent étrangement les gens de toutes classes et l'on voit les femmes de millionnaires assister de pauvres mères de famille qui ont fui leur galetas avec leurs babys pour chercher quelque soulagement au bord de l'Hudson. On a installé sur les toits des hôpitaux des rangs de lits pour les malades et les infirmières. La mode féminine est complètement bouleversée. Les dames dans Broadway portent des robes dites à la "mother Hubbard", vêtement flottant, d'une seule pièce, sans col ni manches, dont usent les voyageuses dans les wagons-lits Pullman. Les gants sont bannis. Le chapeau a été remplacé par des voiles blancs et l'on ne porte plus que des chaussures de toile blanche. La Presse – 14 août 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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