CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

22 août 09

Les actualités du 22 août 1909

charrette foin noiseau

A-t'on arrêté l'incendiaire des voitures de paille ?

On vient enfin de prendre en flagrant délit, hier soir, un de ces mystérieux incendiaires de paille et de fourrage, qui, depuis plus de deux mois, commettent dans Paris sans se faire découvrir méfaits sur méfaits. Il n'était pas encore tout à fait dix heures. M.Malevert, chef d'accessoires au théâtre Sarah-Bernhardt, était sur la terrasse qui fait le tour de la gare de Lyon et qui domine le boulevard Diderot et la rue de Châlons.

M. Malevert s'était accoudé sur la rampe de pierre qui domine la rue de Châlons, quand il aperçut, se dissimulant avec précaution le long des murs, un jeune homme qui, après avoir regardé autour de lui avec attention, s'approcha d'une grande porte cochère ouvrant sur des magasins de fourrage appartenant à M. Violette. Intrigué par le manège du jeune homme, M. Malevert suivait la scène avec attention, quand soudain, il entendit un pétillement et, aussitôt après, une petite flamme courut sous le porche.

M. Malevert poussa un cri d'alarme, mais l'inconnu s'était déjà enfui. Heureusement, le gardien Gerbert, du XIIe arrondissement, avait aperçu le fait, et, se lançant à la poursuite de l'incendiaire, le rattrapa au bout de quelques instants et l'arrêta. L'alarme fut vite donnée. En quelques instants les pompiers de la caserne de Chaligny, proche de la gare de Lyon, furent sur les lieux. Il était temps. Quelques minutes plus tard, l'incendie se serait rué à travers les magasins bondés de paille et de sacs de grains, et un nouveau sinistre se fût ajouté sur la liste déjà si chargée.

Le gardien Gerbert, pendant que se déroulaient ces faits, avait emmené rapidement son prisonnier. Ce fut une sage mesure. Déjà un grand nombre de personnes avaient proféré des menaces de mort à l'égard du jeune homme. Au commissariat de la rue Traversière, l'inculpé fut interrogé. Il déclara se nommer Louis Parent, âgé de dix- huit ans, garçon de courses, demeurant, 88, boulevard Malesherbes.

Il a déclaré qu'il avait mis le feu par hasard, en fumant. Mais il a été trouvé porteur de deux boites de tisons, tandis qu'il n'avait pas sur lui de tabac. Est-on en présence d'un de ces incendiaires qui ont sans répit mis le feu aux voitures et aux magasins de fourrage, ou d'un acte isolé de vengeance ? Est-ce un maniaque? Nous le saurons bientôt. Louis Parent sera interrogé ce matin par M. Boutineau, commissaire de police, qui l'a consigné à sa disposition.

Le Petit Journal – 22 août 1909

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EN BREF

Terribles inondations en Australie - Melbourne, 21 août. — Vu les fortes pluies des jours précédents, l'orage qui a éclaté jeudi a provoqué la plus forte inondation dont on ait eu à souffrir depuis quarante ans dans l'Etat de Victoria. Le barrage de Laanesorie, qui avait couté plus de trois millions, a cédé sous là pression des eaux et de nombreux ponts ont été détruits. Diverses villes de la province sont submergées, ainsi qu'une vaste étendue de terrain. Plusieurs personnes ont péri et beaucoup d'autres n'ont été sauvées que très difficilement. Des pertes considérables de bétail se sont aussi produites. Par suite de l'écroulement d'un pont, les wagons d'un train mixte sont restés suspendus au-dessus d'un ravin d'une profondeur de plus de quinze mètres. Fort heureusement, les chaînes d'accouplement tinrent bon et on n'eut aucune mort à déplorer, bien que quelques-uns des voyageurs aient été blessés. Un cyclone a causé de grands dégâts à Ballarat. Les communications par chemin de fer entre Melbourne et Adélaïde ont été suspendues pendant trois jours. On signale de nombreux éboulements dus aux pluies. Le Matin – 22 août 1909

hongrie Quatre enfants ensevelis dans le sable - Budapest, 21 Août - Un terrible accident a coûté la vie à quatre enfants, dont l'aîné avait 12 ans et le plus petit 8 ans. Les enfants, trois fillettes et un garçon, jouant dans une carrière de sable de Koebanya, avaient creusé une petite grotte, lorsque, tout d'un coup, un écoulement se produisit, les ensevelissant. Le frère de l'une des fillettes, qui se trouvait non loin de là, s'aperçut de l'accident et appela au secours. On accourut et on organisa le sauvetage, mais, quand on dégagea les pauvres petits, trois avaient déjà succombé et le quatrième expira peu après. La mère de l'une des petites victimes était accourue en voiture ; voyant la foule stationner devant la carrière, elle sauta de son siège et se cassa la jambe. Néanmoins, elle se traîna jusque sur le lieu de l'accident, mais, lorsqu'elle se trouva en présence du cadavre de son enfant, elle s'évanouit. Le Petit Journal - 22 août 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]