CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

25 août 09

Les actualités du 25 août 1909

Suisse Catastrophe à Genève

geneve catastrophe usine a gaz

Cet après-midi, vers quatre heures et demie, une formidable explosion a mis notre ville en émoi : c'était l'usine à gaz qui sautait. D'après les premiers renseignements, le nombre des victimes est considérable et les dégâts sont énormes. Il semble que l'explosion a été causée par un appareil d'essai qui sauta dans la salle des épurateurs. La force de l'explosion fut telle que les environs de l'usine ont été littéralement ravagés.

Tous les magasins avoisinants ont eu leurs vitres brisées et plusieurs maisons ont tellement souffert qu'elles sont inhabitables et ont dû être évacuées. Les rues sont jonchées de débris de stores, de verre, etc., etc.. On assure que des murs sont lézardés jusqu'à un kilomètre du lieu de la catastrophe. L'explosion projeta jusque dans le cimetière de Plain-palais, voisin de l'usine, des débris humains parmi lesquels une tête entière. L'usine présente un spectacle lamentable. Un gazomètre est complètement détruit.

Aussitôt après l'explosion, une foule énorme accourt de tous côtés. Les rues menant à l'usine sont barrées par un cordon de police. Par moments, la gendarmerie est impuissante a retenir la foule et de violentes poussées se produisent. Le sauvetage des victimes a été entrepris avec une grande rapidité. A huit heures, les pompiers avaient retiré des décombres de l'usine sept morts et quinze blessés ; mais on ne peut pas encore établir exactement le nombre des victimes, plusieurs cadavres restant sous les débris et plusieurs ouvriers s'étant enfuis affolés, bien que sérieusement blessés.

Une infirmerie a été établie dans le bureau principal de l'usine. De nombreux médecins prodiguent leurs soins aux blessés retirés dans un état affreux; des automobiles emportent ensuite les blessés. Malgré la nuit, une foule énorme stationne encore devant le lieu du sinistre. Outre les victimes de l'usine, une cinquantaine de personnes ont été blessées par des éclats de verre dans les maisons du voisinage. Parmi les victimes, on cite M. Béguet, ingénieur de l'usine, mortellement atteint.

Il résulte de la première enquête faite par M. Rutty, juge d'instruction, que l'accident a été provoqué par l'ouverture fortuite de la vanne aboutissant à la grande colonne du gazomètre. Pendant que les ouvriers travaillaient à la canalisation, une étincelle dut jaillir d'une pierre et enflammer le gaz; mais on ne s'explique pas comment la vanne était restée ouverte, une minute avant l'explosion. Quelques instants avant, trois personnes, parmi lesquelles M. Béguet, étaient devant la chambre des compteurs. L'une d'elles aurait remarqué une odeur de gaz et aurait dit : Il ne fait pas bon rester ici. Peu après, l'explosion se produisait. Parmi les morts se trouve l'ingénieur René Masset, directeur d'une Société pour la fabrication des compteurs à gaz à Paris.

Le Gaulois – 24 août 1909

L_ete_dans_les_grisons

EN BREF

L'ile Clipperton n'a pas disparu ! Contrairement aux nouvelles de New-York parues aujourd'hui dans divers journaux français, il est inexact que l'île Clipperton, dont la France et le Mexique se disputent actuellement la possession, ait disparu à la suite d'un tremblement de terre. Un télégramme d'Acapules (Mexique), parvenu ce soir à Londres et que publie la Westminster Gazette, mande en effet qu'un bateau de guano, qui vient d'arriver dans ce port, rapporte que les secousses sismiques qui causèrent tant de ravages au Mexique n'ont même pas été ressenties dans l'Ile. Le Matin – 25 août 1909

uk Un concours de beauté masculine - Londres, 24 août. — D'après le Star, un concours de beauté pour hommes doit avoir lieu demain à Folkestone. Les concurrents ne seraient pas très nombreux, et, à en croire quelques Anglais peu galants, cela serait dû au fait que la prime, en ce concours original, consistera en la main d'une jeune veuve qui, cependant, serait ravissante. Le Matin – 25 août 1909

Dernières et bizarres volontés - Strasbourg, 24 août — Un avocat de Strasbourg, mort récemment, avait stipulé dans son testament que sa dépouille mortelle serait incinérée. Il demandait encore que son frère, accompagné de deux guides éprouvés, procédât à l'ascension du Grosglokner, dans les Alpes tyroliennes, et arrivé sur le sommet, ouvrit l'urne funéraire renfermant ses cendres, lesquelles seraient jetées à tous les vents. Les dernières et bizarres volontés du défunt viennent d'être exécutées en tous points. Le Matin – 25 août 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]