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29 août 09

Les actualités du 29 août 1909

soldats grecs

Graves évènements en Grèce

L'agitation qui, depuis plusieurs mois, règne en Grèce — agitation qu'explique et qu'excuse peut-être un peu l'énervement causé par la trop longue discussion au sujet des affaires de Crète — a gagné l'année et la marine helléniques et pris tout à coup un caractère presque inquiétant. Des événements, dont il serait puéril de nier la gravité, se sont passés hier à Athènes.

Des officiers, oublieux de leurs premiers devoirs de soldats, foulant aux pieds leurs serments, se sont rendus en corps chez le président du conseil, pour lui remettre un programme de revendications qui n'était autre qu'un ultimatum.

M. Rhallys devait à son pays, il se devait à lui-même de refuser d'écouler de telles sommations, et il a préféré se démettre de ses hautes fonctions plutôt que de sembler, par un acte qu'il considérait comme une dangereuse faiblesse, pactiser avec les agitateurs. Le Roi, dont la haute sagesse est appréciée par toute l'Europe, a immédiatement chargé M. Mavromichalis de former un nouveau cabinet.

Pendant ce temps — et c'est là l'incident le plus grave de cette mauvaise journée — les officiers que M. Rhallys avait refusé d'écouter, parcouraient les casernes d'Athènes, entraînaient un certain nombre de soldats et allaient camper, menaçants, sous les murs de la capitale. Voici, du reste, la dépêche que nous avons reçue hier soir au sujet de ces événements.

Athènes, 28 août

Une délégation d'officiers s'est présentée chez M. Rhallys, président du conseil, pour lui soumettre un mémoire contenant un programme de revendications rédigé par de nombreux officiers, tant de l'armée que de la marine. M. Rhallys a refusé de recevoir celle délégation parce qu'elle se composait d'officiers punis et que le mémoire lui était présenté d'une façon qui lui paraissait incorrecte.

Le conseil des ministres s'est aussitôt réuni ; après une courte délibération, M. Rhallys a donné sa démission. Le Roi a chargé aussitôt M. Mavromichalis de former un cabinet ; on espère que les nouveaux ministres pourront prêter serment cette nuit. Quant aux troupes, que les officiers rebelles ont entraînées aux portes de la ville, on espère qu'elles rentreront demain matin dans leurs casernes respectives.

On le voit, la situation, de difficile qu'elle était ces jours derniers, devient presque dangereuse. Nous espérons que les quelques officiers et soldats qui se sont laissés entraîner, se' ressaisiront et nous ne doutons pas que, le loyalisme, le bon sens et le patriotisme du peuple hellène aidant, le gouvernement ne surmonte heureusement cette nouvelle et déplorable crise. Aussi bien, la Chambre grecque est convoquée pour ces, jours-ci. Jusque-là, toute agitation serait une imprudence, disons plus : un crime de lèse-patrie.

Le Gaulois – 29 août 1909

grece

EN BREF

Vol d'une mitrailleuse - Chalons-sur-Marne — On a soustrait, au cours de la nuit dernière, au 106e de ligne, une mitrailleuse. C'est à sept heures du matin qu'on a trouvé la porte du bâtiment de l'habillement du 106e ouverte, et qu'on a découvert la disparition de cette mitrailleuse modèle 1908 qui était remisée au deuxième étage, et qui était confiée à la garde d'un lieutenant. Tous les soupçons se portent sur le caporal qui était de service à l'habillement et est déserteur depuis huit jours. Il était parti emportant les clés et avait dit, quelques jours avant son départ : Si jamais je file, il y a un bon coup à faire au 106e. Je ne le raterai pas. On suppose qu'il a pénétré au 106e vers deux heures du matin pour emporter le tube de la mitrailleuse en laissant le support. Des autos douteuses ont stationné cette nuit dans ces parages. L'inculpé était surveillé depuis longtemps par la Sûreté pour espionnage. Le Gaulois – 29 août 1909

Un facteur échappe à une mort horrible – Le préposé au transport des sacs de dépêches de Villeneuve-lès-Avignon, à la gare de Pont-d'Avignon, s'engageait, hier soir, à 8 heures, sous un court tunnel qu'il traverse habituellement pour abréger sa route lorsque deux individus se jetèrent sur lui, lui couvrirent la tête d'un tablier, le ligotèrent et, après l'avoir dépouillé de son sac de dépêches et d'une somme peu importante qu'il portait sur, lui, le placèrent au travers de la voie ferrée et partirent. Un train allait passer. Après de violents efforts, le malheureux préposé, nommé Jean Rigaud, put se rouler hors de la voie et se débarrasser de ses liens. Il se rendit immédiatement à la gendarmerie. Le sac de dépêches volé renfermait, seulement une centaine de francs de valeurs ; la veille, il y en avait pour douze mille francs. Le Petit Journal – 29 août 1909


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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