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07 sept. 09

Les actualités du 7 septembre 1909

Peary cookQui a découvert le Pôle Nord ?

Nos lecteurs ont lu, hier, dans le Gaulois, que l'explorateur Peary, parti de New-York le 7 juillet 1908, à bord du Roosevelt, pour le pôle Nord, avait réussi à atteindre le but que s'était proposé sa vaillante énergie. Cette nouvelle, survenue quatre jours après la sensationnelle dépêche du docteur Cook, a éclaté comme un coup de tonnerre dans un ciel limpide. A New-York, où elle parvint en premier, personne ne voulut tout d'abord y prêter une grande créance. C'est un humbug (une mystification) disaient, en riant, les New-Yorkais. Mais l'effet était produit, et il était énorme. La foule se porta, comme une marée montante, devant les grands journaux, dont les façades rayonnaient de transparents lumineux reproduisant le radiogramme envoyé par Peary de Indian Harbour, dans l'extrême nord du Labrador : "Etendard américain flotte sur pôle Nord".

Bientôt après, un deuxième télégramme, adressé également par Peary à M. Herbert Bridgman, secrétaire du Club arctique d'Amérique, venait confirmer l'étonnante, nouvelle. Il était conçu en ces termes laconiques; "Pôle atteint... Roosevelt sauf". Enfin, un troisième télégramme expédié au New-York Herald était formulé plus explicitement : "Atteint pôle 6 avril. Compte arriver Château-Bay, 7 septembre. Obtenez qu'on, garde fil télégraphique ma disposition dans cette localité. Faites nécessaire pour assurer transmission rapide longue relation. — Peary."

Robert_Edwin_Peary

Un enthousiasme extraordinaire s'empara des New-Yorkais, à quelque condition sociale qu'ils appartinssent. On s'arrachait littéralement les éditions spéciales des journaux, pour y lire les détails de l'expédition de Peary, qui étaient accompagnés du portrait et de la biographie du célèbre explorateur... Mais le docteur Cook?... Il semblait un peu oublié. Non pas que la foule, mît en doute ses assertions, et par suite niât son titre de premier "découvreur" du pôle Nord.. Mais Peary jouit aux Etats-Unis d'une immense popularité, popularité justifiée, d'ailleurs, par ses nombreuses expéditions dans les régions boréales... Et puis, le sentiment patriotique national se trouvait exalté à la pensée que les deux premiers hommes, parvenus au pôle Nord étaient américains... Jusqu'à une heure fort avancée, le public circula dans les rues de New-York, emplit les bars, émettant des appréciations variées, discutant sur les deux remarquables prouesses de Cook et de Peary.

D'autres télégrammes, émanant de Peary et des membres de son expédition, parvenaient à leur tour à différents destinataires... C'est ainsi que le Times d'hier a publié un télégramme que lui a communiqué le docteur Abercromble, président de l'Université de Worcester, et que celui-ci avait reçu de M. MacMillan, ancien professeur de mathématiques à cette Université et membre de l'expédition Peary. Ce télégramme daté de Indian-Harbour, est ainsi rédigé ! "Sommet de la terre atteint... Salutation à la Faculté et aux élèves. "

Aucun doute ne peut, en conséquence, être permis. Le commandant Peary a réellement accompli, et jusqu'au bout, son magnifique voyage. Le témoignage des savants et des marins qui l'ont accompagné a, il faut bien le reconnaître, une valeur plus probante, plus sérieuse, plus qualifiée, que celui des deux Esquimaux dont le docteur Cook s'était assuré la collaboration et qui sont, à l'heure actuelle, on ne sait où.

C'est donc le 6 avril 1909 que Peary a atteint le pôle boréal. Cinq mois après, jour pour jour, il annonçait au monde la nouvelle de sa grande découverte. Cette rapidité de transmission est à noter, quand on la compare à la lenteur mise par le docteur Cook à faire connaître l'heureuse issue de son entreprise soit quinze mois de temps.(...)

Hier encore, le commandant Peary a télégraphié au directeur du musée américain d'histoire naturelle de New-York pour lui annoncer qu'il rapportait de nombreuses collections pour le musée. De plus, il affirme être le premier explorateur qui soit allé au pôle même. On calcule que Cook et Peary arriveront à New-York presque en même temps, c'est-à-dire vers le 20 septembre. L'entrevue des deux explorateurs — s'ils se rencontrent — ne sera certainement pas dépourvue d'intérêt ni de piquant. (...)

Pendant ce temps, le docteur Cook continue à être fêté et acclamé par la population de Copenhague. Chacune de ses sorties provoque des ovations et des explosions de joie. La foule l'admire, les savants le félicitent, la Cour lui prodigue des témoignages de sa bienveillante sympathie. Des monceaux de lettres et de télégrammes s'entassent sur son bureau. Il est l'homme du jour.

Peary_Sledge_Party_and_Flags_at_the_Pole_Le docteur Cook a appris l'heureuse nouvelle de son concurrent au banquet qui 1ui a-été offert lundi soir au Tivoli. Il y avait là des savants, des diplomates, des hommes politiques, des journalistes de tous les pays. M. Cawling, rédacteur en chef du Politiken. de Copenhague, venait de terminer son discours de bienvenue et de remettre au docteur Cook un magnifique objet en porcelaine, sorti de la manufacture royale, lorsque deux dépêches furent apportées, l'une adressée au rédacteur en chef du Politiken, d'autre à M. Egan, ministre des Etats-Unis, qui assistait au banquet.

M. Egan, stupéfait du contenu de la dépêche et en proie à une vive émotion, la passa au docteur Cook, tandis que lecture de l'autre télégramme était faite à haute voix par M. Cawling. En un clin d'œil, toute l'assistance fut debout,agitée de sentiments divers, ne sachant quelle attitude elle devait prendre vis-à-vis de l'homme en l'honneur duquel était donné le banquet. On entoura le docteur Cook, on le pressa de s'expliquer, de donner son impression.

D'une voix parfaitement calme, le docteur Cook prononça ces paroles :Il faut attendre ! Mais je souhaite de tout cœur que la nouvelle soit exacte. Dans ce cas, je serais définitivement justifié auprès des plus sceptiques, car il sera facile de contrôler ce que j'ai avancé. Nous étions au pôle presque en même temps. Les observations pourront être comparées, et ce sera la consécration définitive de mes efforts. Après un silence, le docteur Cook reprit : J'espère que la nouvelle est exacte... car Peary mérite ce succès. Et il ajouta : Lorsque mes notes seront publiées, on n'osera plus douter de mon succès. Faisons remarquer, à ce propos, que le docteur Cook n'a rapporté avec lui aucun registre de bord, aucun manuscrit relatant les observations scientifiques et autres qu'il a pu faire au cours de son expédition. Il prétend qu'il a expédié ses manuscrits en Amérique, à bord d'un navire.

Le programme des fêtes qui doivent être données en son honneur est fort chargé : ce soir, il fera une grande conférence, en présence de la famille royale et de la haute société danoise. Jeudi, l'Université le recevra solennellement et lui décernera un haut grade universitaire. Le premier ministre l'a invité à passer une journée dans son château. De leur côté, les étudiants préparent une retraite aux flambeaux. Enfin, le docteur Cook reçoit, de toutes parts, des invitations à dîner. On lui fait les offres les plus invraisemblables : tournées de conférences, exhibitions en public...

La presse mondiale commente favorablement le coup de théâtre du commandant Peary... On accepte sans restriction les assertions de Peary, alors que celles du docteur Cook ont été accueillies avec une certaine réserve. Attendons !...

Le Gaulois – 8 septembre 1909

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EN BREF

Un équipage français massacré par des indigènes - Sydney, 6 Septembre - La goélette française Quadalite, employée au recrutement des travailleurs s'est récemment échouée sur l'ile Mallikollo (Nouvelles-Hébrides). Le navire a été immédiatement attaqué par les indigènes, et, malgré leur défense énergique, le capitaine et l'équipage ont été massacrés et le navire pillé. Un navire de guerre anglais s'est rendu sur les lieux. Il procède à une enquête. Le Petit Journal – 7 septembre 1909

Un combat dans l'Oubanghi - Un sergent tué — Un lieutenant blessé. Travailleurs tués et mangés par les noirs - Anvers, 6 Septembre - Les journaux annoncent, d'après les nouvelles du Congo français apportées par la poste congolaise, qu'au cours d'un combat dans l'Oubanghi, le lieutenant Coulbois a été blessé et un sergent européen tué. La région qui s'étend entre la Mataba, la Sangha et l'Oubanghi est, d'autre part, en pleine ébullition ; les travailleurs des factoreries ont été tués et mangés par les noirs révoltés. Un télégraphiste a été tué et dévoré dans sa case par les anthropophages. Pour mettre fin à cette situation, le capitaine Prokos arme une colonne composée de 200 tirailleurs sénégalais et 600 auxiliaires. Cette colonne vient de partir pour la région soulevée accompagnée var les trois lieutenants, Hartmann, Santelli et Eyrand. La colonne a pour mission d'attaquer les anthropophages et de pacifier la région qu'ils habitent. Le Petit Journal – 7 septembre 1909

Incidents à la Foire de Nancy: l'aviateur Sommer molesté par une foule mécontente - Nancy, 6 Septembre - Depuis quatre jours, Sommer exécute à Jarville des vols magnifiques, particulièrement coûtés des Lorrains. Hier après-midi, dix mille personnes attendirent jusqu'à 7 heures une sortie qui, ne se produisant pas, provoqua des incidents déplorables. Les commissaires furent bousculés et M. Laffitte, directeur de l'Exposition, menacé. La foule parla de briser le hangar de Sommer qui consentit enfin à sortir, le temps était calme. La foule satisfaite s'écoula. Ce matin, l'aviateur a exécuté une proues se emmenant deux fois Mme Spire, femme d'un industriel nancéien, puis M. Emile Friant, le peintre connu ; il a couvert ensuite 50 kilomètres en 35 minutes, temps qui, malheureusement, n'a pas été contrôlé, car il constituerait le record. Il s'apprête maintenant à battre ici le record de la durée. Le Petit Journal – 7 septembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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