CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

10 sept. 09

Les actualités du 10 septembre 1909

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Un vandale lacère un tableau au Louvres

Un nouvel et inexplicable acte de vandalisme vient d'être commis au Louvre. Cette fois encore il s'agit d'un tableau des frères Le Nain (le portrait d'Henry II, duc de Montmorency). Voici les faits : Hier dans l'après-midi il y avait peu de monde, au Louvre, dans les salles de l'école française. Le gardien de service, qui avait la surveillance d'une longue galerie, et de trois salles contiguës, se promenait mélancoliquement lorsqu'il perçut un bruit semblant être causé par des déchirures de toile et provenant de la salle XIII où sont exposées les œuvres des frères Le Nain, école française du dix-septième siècle.

Le gardien se dirigea aussitôt vers cette salle, et au moment où il y pénétrait, un individu, assez, misérablement vêtu, qui le toisa avec affectation, en sortait tranquillement. Voulant avant tout se rendre compte de ce qui venait, de se passer, le gardien ne s'inquiéta pas, outre mesure de ce singulier personnage et pénétra dans la salle. Il ne remarqua rien d'insolite et allait se retirer lorsqu'un visiteur l'interpella et lui fit remarquer qu'un des tableaux: était déchiré à coups de canif.

Le gardien s'empressa de prévenir ses chefs et se mit immédiatement à la recherche de l'individu qu'il arrêta et conduisit au bureau du conservateur du musée, M Homolle. Lorsqu'on l'interrogea il déclara se nommer Maurice Feuchot, âgé de vingt-deux ans, garçon épicier, sans travail ni domicile fixe et n'être à Paris que depuis quelques jours. A l'accusation qui était portée contre lui, il opposa les dénégations les plus formelles et les plus énergiques ; il reconnut toutefois que c'était bien lui qui avait stationné dans la salle XIII et qui en était sorti au moment où le gardien y pénétrait.

Le tableau mutilé lui fut présenté il déclara ne pas savoir de quoi il s'agissait. Conduit au commissariat du quartier de Saint-Germain-l'Auxerrois, Maurice Feuchot fut sommairement interrogé par M. Furiat et persista à nier avec énergie. Il a été maintenu en état d'arrestation et sera à nouveau interrogé ce matin,, lorsque le commissaire aura entendu le gardien de service et le visiteur qui a signalé la mutilation du tableau. Ajoutons que M. Euriat a saisi dans les poches de Maurice Feuchot, un petit canif neuf dont la lame, au premier aspect, parait s'adapter parfaitement aux déchirures faites dans le tableau.

Nous avons vu le tableau mutilé dans le cabinet de M. Homotte, où il avait été transporté.Il porte le numéro 545 et représente le portrait, grandeur naturelle, d'Henri II, duc de Montmorency, amiral et maréchal de France 1593-1632; il mesure 0.61 sur 0.54 et provient de la donation Sauvageot; il est l'œuvre d'un des frères Le Nain. Le mystérieux vandale a donné à ce tableau deux violents coups de canif, qui on produit des déchirures d'environ cinq centimètres de longueur. La première a été faite au-dessous de l'œil droit, au long du nez la seconde affecte le cou et a été portée dans la collerette.

Le Matin – 10 septembre 1909

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EN BREF

uk Violent incendie à Londres - Londres, 9 septembre — Un incendie d'une grande violence a détruit la nuit dernière toute une confiserie située dans le quartier de Whitechapel. Le feu éclata si soudainement et se propagea avec une telle rapidité que les trois premiers étages de l'édifice ne formaient déjà plus qu'un brasier lorsque l'alarme fut donnée. Affolées, deux jeunes filles de dix-huit et vingt-deux ans qui se trouvaient au dernier étage enjambèrent la fenêtre de la pièce où elles se trouvaient et sautèrent dans le vide. Dans leur chute, l'une se brisa les deux jambes et l'autre se tua sur le coup. Une troisième, jeune femme, aveuglée par la fumée, se précipita par erreur dans une partie de l'édifice en flammes. On a retrouvé son cadavre complètement carbonisé. On ignore encore la cause de l'incendie. Le Matin – 10 septembre 1909

Italie Le circuit d'aviation de Brescia - La constatation forcée qui s'impose à l'esprit, alors que l'on assiste au meeting de Brescia après avoir vu celui de Reims, c'est le regret qu'il n'ait pas eu lieu avant: Brescia souffre de cette comparaison, malgré une bonne organisation, un service d'ordre bien fait et un souci de décoration très réussi. Du reste des tribunes et des hangars le cadre est admirable, car la plaine immense s'étend au pied des derniers contreforts des Alpes qui viennent finir ici, entourant le lac de Garde dont nous sommes à quelques kilomètres. Mais il y a trop peu de concurrents, et la journée d'hier, qui a pourtant enthousiasmé cinquante mille personnes réunies autour du circuit, a été pour nous un simple lever de rideau. Aucun concurrent n'a fait un tour de piste complet. Tous ont fait des vols d'essai, se qualifiant pour le Grand-Prix de Brescia. C'est ainsi que Curtiss a volé un kilomètre facilement, superbement. Anzani a été un peu moins brillant. Rougier a couvert, par trois fois, deux kilomètres. Enfin Leblanc, très en progrès, a fait une belle envolée, mais a dû atterrir dans les champs, son moteur faiblissant. Quand Blériot, qui ne devait pas voler, est sorti quand même, il a été salué par les acclamations du public. Les aviateurs italiens Cobianchi, Cagno et Moucher ne sont pas sortis. L'hélicoplane de ce dernier vient seulement d'arriver et il est dans des caisses. On ne l'a même pas vu. Sur la fin de la journée, nous avons eu cependant une forte émotion. Après un mauvais départ sur un appareil Wright, qui lui a été prêté par M. Michel Clemenceau, le lieutenant Calderara repartait pour la seconde fois. L'appareil s'était très bien élevé. Calderara fit un virage trop brusque incliné à quarante-cinq degrés. L'appareil, ayant perdu de sa vitesse, descendit, toucha le sol d'un coin d'aile, et pirouettant, tomba à la renverse. On se précipita, mais déjà le lieutenant Calderara, qui était en costume blanc d'officier de marine, était debout sans aucune blessure. Mais l'appareil était brisé en partie. Ce matin, les épreuves commencent à dix heures. Le temps est splendide, sans vent On espère quelques performances plus sensationnelles. Le Temps – 10 septembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]