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25 sept. 09

Les actualités du 25 septembre 1909

premier salon aeronautique

La première exposition de locomotion aérienne

Depuis que Santos-Dumont, sur la pelouse de Bagatelle d'abord, que les frères Wright, ensuite, réussirent, on sait comme, les admirables vols mécaniques qui causèrent dans le monde entier la profonde sensation, l'enthousiasme colossal auquel nul n'échappa ; de ces jours à jamais mémorables date la naissance de l'aviation en tant que sport et industrie, en attendant que, semblable à l'automobile, l'aéroplane devienne un moyen, un mode de transport.

Déjà, l'an dernier, les organisateurs du Salon de l'Automobile, dans la seconde partie de l'exposition, avaient, avec les poids lourds, fait une large place à la navigation aérienne. Nous vîmes alors l'ancêtre, l'Avion d'Ader, la Libellule de Santos-Dumont, l'Antoinette, le R.E.P. de Robert Esnault-Pelterie, un Wright et, côté ballon dirigeable, la Ville-de-Bordeaux.Cette année, un comité s'est formé parmi les industriels de la locomotion aérienne, pour organiser une exposition exclusivement réservée à cette branche nouvelle de l'activité humaine.

C'est celle exposition qu'inaugurera ce matin, à dix heures, M. Fallieres, assisté de MM. Millerand, ministre des travaux publics, et Jean Dupuy, ministre du commerce. Il se pourrait aussi que le garde des sceaux prît place dans le cortège officiel ; on sait, en effet, l'intérêt passionné que porte à l'aéronautique et à l'aviation M. Barthou. On espère, aussi le ministre de la guerre et celui de la marine.

On ne verra pas dans cette exposition le luxe et la variété dans la décoration des stands. MM. Robert Esnault-Pelterie et André Granet, les dévoués organisateurs, ont tenu à conserver à l'ensemble une unité d'un goût simple, mais sûr. On ne verra pas non plus les stands exigus et pressés auxquels nous habituèrent les Salons de l'Automobile des dernières années. Nous sommes, cette fois, en présence, non pas d'industries riches, prospères, classées, en pleine activité, mais bien d'une industrie nouvelle plus riche de gloire et d'espérances que d'argent et de commandes, bien que certains constructeurs ne sachent où donner de la tête.Mais, par contre, le Grand Palais montrera à la foule, qui ne manquera pas de s'y presser, tout ce que le génie, humain, tout ce que la science et l'empirisme ont pu enfanter de génial ou de puéril.

Les appareils déjà glorieux et connus, le Blériot qui traversa la Manche, l'Antoinette de Latham, le R. E. P. d'Esnault-Pelterie, le Farman, gagnant du prix de la Champagne : le Wright, voisinant avec les conceptions les plus ingénieuses et peut-être aussi les plus baroques. Il y aura là un ensemble curieux et passionnant, émouvant aussi par les souvenirs attachés, glorieux ou funèbres, a la plupart des aéroplanes ainsi réunis.

Au-dessous d'un ballon du siège, que reconstitua M. Mallet avec des agrès authentiques et qui occupe la coupole centrale, on verra le Blériot fameux avant son entrée au Conservatoire des Arts-et-Métiers. Les deux hémicycles qui l'entourent seront occupés par les stands Farman et R. E. P. à droite, Wright et Antoinette à gauche. Le même coté de la nef supportera un Zodiac, ce petit dirigeable créé par le comte Henry de La Vaulx et mené par lui à tant de succès.De l'autre côté, lui faisant pendant, se balancera un modèle réduit d'un dirigeable d'un autre système.

Enfin, et pour compléter l'exposition dans les airs, un superbe ballon Michelin occupera le fond du palais du côté de l'avenue d'Antin. Il démontrera que nous ne sommes pas tributaires de l'étranger pour les toiles caoutchoutées que nécessitent aujourd'hui les aérostats, voire les aéronats. Et comme il y a toujours à ces choses un côté comique, c'est la nacelle du Michelin qui nous le fournira cette fois.

Qu'il nous soit permis en terminant d'exprimer un regret. Le minuscule et remarquable aéroplane avec lequel Santos-Dumont vient d'exécuter, ces jours derniers, d'admirables prouesses ne figurera pas à cette exposition. La cause de cette abstention : un malentendu, parait-il. Souhaitons qu'il soit tôt dissipé et que nous puissions admirer la Demoiselle, qui le mérite bien, dans le même temps que les autres triomphateurs de l'air.

Le Gaulois – 25 septembre 1909


EN BREF

Un baleineau échoué à l'embouchure du Var - Nice, 24 septembre - Une petite baleine a été capturée au cours de l'avant-dernière nuit, par des pécheurs du Cros de Cagnes, non loin de l'embouchure du Var. Le Laborieux, bateau de pêche appartenant aux trois frères Ghis, partait mercredi soir pour aller poser des filets à plusieurs milles de notre côte. L'embarcation était parvenue à quelque distance de l'embouchure du Var, lorsque l'un des pêcheurs aperçut une masse sombre paraissant être une épave. On fit alors force de rames de ce côté et dès que le Laborieux fut à proximité, les frères Ghis reconnurent un énorme cétacé à demi échoué sur les alluvions que charrie le Var. Tout l'équipage se mit à l'œuvre pour capturer le monstre marin qui fut, après plusieurs heures de travail, solidement attaché à l'aide de la chaîne d'ancre, d'un câble et de quelques aussières. Le Laborieux fit ensuite route vers le petit port du Gros où il parvint non sans peine.On tira alors le cétacé sur la grève. C'était un baleineau mesurant six mètres de longueur et pesant environ mille kilogrammes. Quoi qu'il soit extraordinaire de trouver dans nos eaux des spécimens de la famille des grands cétacés, il ne peut y avoir de doute. L'animal porte bien dans sa gueule énorme des fanons caractéristiques et l'on aperçoit sur son crâne les évents par où la baleine lance ses jets d'eau.Une foule nombreuse n'a cessé de défiler durant la journée devant le baleineau dont on a proposé l'acquisition au directeur du musée océanographique de Monaco. Le Petit Parisien – 25 septembre 1909

Une religieuse morte de peur - Montreuil-sur-Mer, 24 Septembre. La gendarmerie fait actuellement une enquête sur un fait bizarre qui s'est produit la nuit dernière, à l'Hôtel-Dieu de Montreuil-sur-Mer. Vers onze heures du soir, à deux reprises. différentes, un homme s'est présenté vêtu d'un manteau de religieux, à la porte de la salle d'infirmerie, où une sœur veillait près d'une autre sœur malade. La première fois, la garde-malade se crut victime d'une hallucination, mais la seconde fois, étant sûre de ne pas être le jouet d'un rêve, elle interpella le noctambule qui s'enfuit par les couloirs. L'éveil fut aussitôt donné. On fit des recherches dans l'établissement où l'on ne découvrit rien, sinon qu'une fenêtre donnant sur le jardin, lequel n'est séparé de la rue que par une grille, avait été ouverte de l'intérieur. La sœur malade, sœur Saint-Nicolas, née Marie Mouroy âgée de soixante-dix-huit ans, fut frappée de saisissement et prise de tremblements nerveux qu'on ne put calmer. Elle est décédée ce matin à onze heures. Elle était dans sa cinquante-cinquième année de profession religieuse. On se perd en conjectures sur le mobile et la présence de l'individu, à cette heure-là, dans le quartier de l'infirmerie. Est-ce un hospitalisé qui a voulu faire une stupide farce et a ouvert la fenêtre pour faire croire à l'introduction d'un étranger ou à un fantôme, ou est-ce un étranger à l'établissement qui s'est introduit dans un but encore inconnu ? C'est ce que l'enquête, sans doute, établira. Le Petit Journal – 25 septembre 1909


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arton771

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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