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15 oct. 09

Les actualités du 15 octobre 1909

taxi

Deux mille chauffeurs d'auto donnent une sérénade au juge Hamelin

M. Hamelin, juge au tribunal de simple police, a vécu, la nuit dernière, un effroyable cauchemar. Deux mille chauffeurs de taxi-auto, ayant éprouvé les rigueurs de sa justice, sont allés manifester devant sa porte, 47, avenue Henri-Martin, de la voix et de la trompe. La chambre syndicale des cochers-chauffeurs avait organisé, hier soir, à la Bourse du travail un meeting de protestation contre les contraventions dressées "au vol" par les gardiens de la paix et les peines de prison prononcées par le tribunal de simple police.

Les différents orateurs, dont MM. Willm et Sembat, députés, démontrèrent, tour à tou l'injustice de ces contraventions et l'exagération de ces peines. M. Moussard, conseiller prud'homme, proposa aux assistants d'aller témoigner à M. le juge Hamelin leur mécontentement. Cette proposition fut acclamée; et les deux mille chauffeurs présents dans la salle se dirigèrent d'un commun accord vers la sortie.

Deux mille taxi-autos stationnaient autour de la Bourse, dans les rues de la Douane, Beaurepaire et jusqu'au quai de Jemmappes. Les voitures se formèrent en plusieurs files et, les unes par les boulevards, les autres par les quais, gagnèrent la place de la Concorde. La concentration eut lieu à l'entrée des Champs-Elysées. Les deux mille automobiles, au grand émoi des passants remontèrent l'avenue à toute allure et dévalèrent la rue Pierre-Charron.

Les trompes sonnaient sans arrêt ; les habitants des rues traversées par la manifestation, réveillés en sursaut, se précipitaient aux fenêtres dans les costumes les plus légers. Les chauffeurs arrivèrent sans rencontrer aucun barrage devant la maison du juge. Ce fut aussitôt un hourvari formidable ; les cris, et sifflets, les menaces, les appels de ; trompe se succédaient sans interruption. Les quelques agents accourus en hâte du poste central réussirent à grand peine à empêcher les chauffeurs de pénétrer dans l'immeuble. C'est tout ce qu'ils purent faire.

Au bout d'une demi-heure, M. Fiancette, secrétaire du syndicat, jugea que la manifestation avait assez duré. Il monta sur le capotage d'une voiture et donna le signal du départ. Aussitôt tous se dispersèrent et disparurent dans les rues avoisinantes. Un certain nombre d'arrestations avaient été opérées. Les camarades des chauffeurs arrêtés, au nombre de deux à trois cents, les accompagnèrent, en protestant violemment, au poste central du seizième arrondissement. Des groupes très animés séjournèrent pendant plus d'une heure autour de la mairie.

Le Petit Parisien – 15 octobre 1909


EN BREF

Orages en Lozère — On nous télégraphie de Mende qu'un orage très violent s'est abattu en Lozère ce matin. Pendant une heure, éclairs, tonnerre, pluie et grêle ont fait rage, causant d'importants dégâts. Les cantons de Chanac, Marvejols et Mende ont été particulièrement éprouvés. A Florac la tempête a fait une victime. Un propriétaire nommé Bouchitté, âgé de cinquante-trois ans, marié et père de sept enfants, a eu la tête écrasée par une grosse branche d'arbre qu'il était en train d'abattre et que la rafale a fait tomber sur lui. Par une étrange coïncidence, son frère aîné est mort,il y a quelques années, des suites d'un accident analogue. Le Temps – 15 octobre 1909

Monsieur Fallieres et cinq ministres à Port Aviation - Dès la première heure ce matin, on travaille activement à remettre en état le champ d'aviation, endommagé par les pluies de la nuit. Dans les hangars, les ouvriers s'occupent de la mise au point des appareils, pendant que M. Houdaille, commissaire spécial, réglait les détails du service d'ordre. A 2 heures 45, le ministre de la guerre arrive en automobile (...). Dans une autre voiture, suivent MM. Briand, président du conseil, et Millerand, ministre des travaux publics ; enfin dans une troisième voiture, MM. Pichon, ministre des affaires étrangères; Barthou, ministre de la justice; Trouillot, ministre des colonies, et Sarraut, sous-secrétaire d'Etat à la guerre.(...) M. Fallieres est arrivé en automobile, à 3 heures, accompagné de Mme Fallieres. Il a été reçu par le baron de la Gatinerie, qui a piloté le président et les ministres dans leur visite aux hangars. Le cortège s'est arrêté d'abord à celui de Gobron, qu'il félicite longuement ; puis il rentre, aux tribunes pendant que la musique joue la Marseillaise. A 3 heures 55, Latham s'envole, sur l'Antoinette ; il file d'une façon admirable. Le public lui fait une ovation chaleureuse et les cris de "Vive Latham !" retentissent de toutes parts. Mais au bout de la ligne droite, l'oiseau atterrit. Dix minutes après, Paulhan s'envole à son tour. On l'applaudit vivement, car il s'élève de suite très haut. Le premier tour est parcouru en 2' 19" 3/5, et, dans le second, le populaire aviateur s'élève à près de 100 mètres. Paulhan quitte le champ d'aviation, à près de 60 kilomètres à l'heure, dans la direction de Brétigny. La foule reste stupéfaite quand l'aviateur disparait bientôt de l'horizon. Six minutes plus tard, Paulhan, toujours à 100 mètres de hauteur, reparaît dans le champ d'aviation. On lui fait une ovation pendant qu'il descend doucement, puis atterrit. Le comte de Lambert part à 4 heures 30. Mais le lancement lui manque et le biplan vient atterrir brusquement. Le châssis et le gouvernail de profondeur sont endommagés. Après son bel exploit, Paulhan a été conduit à la tribune présidentielle, où M. Fallières l'a vivement félicité. Paulhan, après avoir remercié, a regagné son hangar.A 4 heures 40, Jean Gobron part pour le prix de vitesse. Il s'élève rapidement à 40 mètres de hauteur. Il achève son premier tour en 1 m. 56 s. 1/5, les deux tours en 3 m. 50 s. 4/5, les trois tours en 5 m. 47 s. 2/5. Il atterrit après le sixième tour, en 11 m. 41 s. A 4 heures 50, Paulhan se prépare à repartir. L'automobile de M. Fallières, escortée de gendarmes à cheval, quitte l'aérodrome à 4 h. 52. Ce matin, de Nabat, sur un monoplan, a voulu tenter un essai. Il a fait une courte envolée, mais en revenant à son hangar, son aéroplane, qu'il ne pouvait diriger, est tombé dans la Fausse-Orge, rivière qui traverse le champ d'aviation. L'appareil a été en partie brisé. Mais l'aviateur est sain et sauf. L'Ouest-Eclair – 15 octobre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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