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17 oct. 09

Les actualités du 17 octobre 1909

cafes

Café ou Chicorée ?

Demain va s'ouvrir à Paris le deuxième congrès international pour la répression des fraudes. Parmi les produits qui vont faire l'objet des travaux de ce congrès (denrées alimentaires, matières premières de droguerie, huiles- essentielles, aromates, eaux minérales, etc., etc.), le café va va donner lieu à une discussion très étendue.

Dans le discours que M. Paul Deschanel prononçait ces jours derniers à l'ouverture du congrès des anciennes colonies, l'ancien président de la chambre regrettait la décadence économique de plusieurs de nos centres coloniaux et indiquait comme une des causes principales du triste bilan accusé par les statistiques de production les fraudes et les falsifications dans le commerce des cafés.

Emu des plaintes dont il avait été saisi d'autre part, le ministère de l'agriculture a confié à M. Roux, chef du service de la répression des fraudes, le soin d'une réglementation définitive de la question. Le café a été défini en effet, dans la convention de Genève, "un liquide préparé avec de l'eau bouillante et du café torréfié ou moulu". Or, autour de cette définition, deux camps se sont formés : les "chicoréistes" et les "caféistes purs", tout comme autour de la table d'hôte du Righi-Kulm, dans le Tartarin de Daudet, les "pruneaux" et les "riz".

Les premiers, les "chicoréistes", qui, alors que le café était une chose rare et hors de prix, se consacrèrent, sur les conseils de Napoléon Ier, à la culture de ce produit au lendemain du blocus continental et qui, depuis, l'exploitent en grand dans une partie du nord de la France, estiment que la chicorée est un produit sain et hygiénique ; que, dans la dégustation du café boisson, le goût de la chicorée est révélé d'une façon suffisante au consommateur, qui de ce fait est à même d'apprécier ou de refuser ce qu'on lui donne.

Ils déclarent que l'établissement d'une réglementation du café boisson, tel qu'il a été défini à Genève, constituerait, sous le couvert de la loi, un régime arbitraire qui exposerait les débitants à des suspicions continuelles ; ils pensent que c'est un bouleversement aux habitudes séculaires des consommateurs ; que chacun est libre soit de préparer chez lui, soit de consommer dans l'établissement qui lui plaît, la boisson qu'il préfère ; que cette boisson est une préparation culinaire absolument en dehors de toutes les définitions adoptées à Genève.

Les "caféistes purs" apportent cette argumentation que le café boisson ayant été défini "liquide préparé avec de l'eau bouillante et du café torréfie ou moulu", cette définition ne doit pas recevoir le sens élargi que les fraudeurs intéressés veulent lui attribuer en désignant sous ce nom toute infusion faite avec des produits torréfiés divers. A l'appui de leur thèse, ils dénoncent le maquillage que l'on fait subir au café pour imiter les types les plus estimés.

Ils se plaignent qu'il arrive tous les jours dans nos ports des chargements de cafés mauvais ou avariés, qui. d'abord refusés au Havre, à Bordeaux ou à Marseille, rentrent quelques mois plus tard en France sous un aspect plus engageant, parce qu'en Belgique, en Hollande, en Angleterre ils auront subi, dans des usines bien outillées, un traitement approprié. Ceci pour le café vert.

Pour le café torréfié, ils estiment que l'enrobage (opération qui consiste à recouvrir d'un enduit la surface des grains de café fermentés ou avariés pour donner à ceux-ci l'aspect brillant des grains de bonne qualité) doit être à peu près interdit. A leur avis, l'enrobage du café avec des sucres doit être seul autorisé dans certaines proportions.

Quant au café moulu, les défenseurs du café pur estiment qu'il est dangereux pour l'hygiène qu'il soit permis de fabriquer du café de toutes espèces avec des éléments tels que l'argile grise, la brique, la graine de corozo, qui n'est que de l'ivoire végétal et qui sert la plupart du temps à faire "des manches de couteaux et de parapluies". C'est entre ces deux thèses que le congrès aura à se prononcer.

Le Temps – 17 octobre 1909


EN BREF

Une épidémie de grippe dans les Cévennes — On nous mande du Vigan que le village de Saint-Martial, dans les Cévennes, composé de 600 habitants, est depuis quelque temps le théâtre d'une épidémie de grippe infectieuse tout à fait exceptionnelle. Une grande partie de la population est alitée, l'autre partie est composée de convalescents se traînant à peine, et l'on compte plus de vingt morts depuis le début de cette épidémie.A la suite d'une visite du sous-préfet du Vigan, accompagné du médecin des épidémies, l'administration a pris d'urgence les mesures nécessaires. Le Temps – 17 octobre 1909

Un inconnu se fait tuer par un rapide - Le mécanicien du rapide de Dieppe apercevait, hier matin, vers cinq heures, près du passage à niveau de Saint-Germain, à Bois-Colombes, un homme qui, tout à coup, s'étendit en travers de la voie.Malgré tous ses efforts, il ne put arrêter son train à temps. Des employés, aussitôt avisés, accoururent et l'on trouva, les pieds arc-boutés contre un des rails, la tête complètement tranchée et rejetée hors de la voie, le corps d'un individu paraissant âgé de quarante ans, de taille un peu au-dessus de l'ordinaire, moustaches blondes, vêtu d'un pantalon gris, d'un veston de velours jaunâtre et d'un tricot noir. Dans les poches du défunt on a découvert des papiers écrits en allemand et un ticket du métropolitain, pris aux Ternes. Le suicide constaté et l'identité n'ayant pu être établie, M. Planson, commissaire de police de Courbevoie, a fait transporter le cadavre à la morgue. Le Petit Parisien – 17 octobre 1909

Posté par Ichtos à 00:54 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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