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18 oct. 09

Les actualités du 18 octobre 1909

Monument wissembourg

L'inauguration du monument de Wissembourg

Wissembourg, 17 octobre — L'animation est extrême ; la ville est pavoisée d'une manière curieuse. Partout le drapeau rouge et blanc, les bannières et les banderoles de mêmes couleurs, celles de l'Alsace, s'y marient au feuillage, et partout aussi un ruban noir vient endeuiller les fenêtres.

La foule déjà nombreuse hier, est encore plus dense aujourd'hui ; il est arrivé des manifestants de partout. Les Sociétés de Vétérans et d'anciens militaires français, les sociétés d'anciens soldats bavarois, fraternisent dans la ville. Beaucoup d'anciens officiers français sont venus en tenue, entre autres le général Bonnal ; le clairon Baudot, de Malakoff, est très entouré, il porte le drapeau des combattants de Gravelotte.

Les cérémonies d'hier ont été émotionnantes ; au cimetière de Wissembourg, des couronnes ont été déposées devant le monument du général Douay et des discours prononcés par MM. Gunzert, l'abbé Wetterlé, le fils du général Douay et Xavier Niessen. Le drapeau de la Fédération des anciens militaires flottait en tête du cortège. Ce matin à neuf heures, un service a été célébré au temple protestant. L'inauguration du monument a eu lieu à une heure ; le départ des délégations et des sociétés a eu lieu à midi.

Vous savez qu'à la suite d'un concours ouvert entre les artistes indigènes, le jury confia à M. Schult, sculpteur strasbourgeois, l'exécution du monument. Il se compose d'une haute pyramide quadrangulaire reposant sur un socle aux lignes sévères et harmonieuses. Devant la pyramide, un ange aux ailes déployées, tient dans chaque main une couronne d'immortelles; aux quatre angles du soubassement étaient posées des coiffures militaires françaises du temps de Louis XIV, de la Révolution, du premier et du second Empire. Sur la façade on lit la simple inscription : AUX SOLDATS FRANÇAIS MORTS POUR LA PATRIE.

Les autorités ont demandé d'abord que le monument fût exclusivement consacré aux soldats français de 1870. C'est ainsi que fut adoptée l'épitaphe plus générale qui figure sur la façade. Ensuite elles voulurent, une première fois, supprimer les coiffures militaires auxquelles on trouvait un caractère "séditieux !". Le comité, non seulement persista à conserver ces attributs militaires, mais il ajouta au monument- le coq gaulois, pour bien marquer son caractère français. L'empereur Guillaume avait, disait-on, approuvé tous les plans du comité. Or, le gouvernement d'Alsace-Lorraine a exigé, au dernier moment, la suppression des quatre emblèmes français, qui ont été enlevés dans la journée de vendredi.

Des discours ont été prononcés par le président du comité d'honneur, M.Gunzert, le président du comité actif, M. Auguste Spimmer, le représentant du gouvernement, le maire de Wissembourg, le délégué du gouvernement français, M. Xavier Niessen, pour le Souvenir français.

Parmi 1es nombreuses couronnes envoyées de France, signalons celle de la Fédération des sociétés alsaciennes-lorraines de France et des Colonies, avec l'inscription : "Aux Français morts pour la Patrie ! - 1704-1744-1793-1870 " puis, la belle palme de 2 m. 50 de hauteur, des Vétérans français des armées de terre et de mer 1870-71, à "leurs frères d'armes morts pour la Patrie", que le Conseil général de la société a fait parvenir au Comité du monument par les soins de la délégation de la Fédération de Meurthe-et-Moselle.

Après la cérémonie, visite a été effectuée au château de Geisberg où s'est déroulé, le 4 août 1870, un des épisodes les plus sanglants de la bataille.

La Presse 19 octobre 1909


EN BREF

Représentation mouvementée — Dans un petit théâtre de la rue des Prairies, Camille Berguit, dix-neuf ans; demeurant, 15, rue des Haies, faisait avant-hier soir grand scandale. Pris de boisson, le jeune homme fumait et interpellait les spectateurs en termes regrettables. Le gardien de la paix Wagner lui imposa silence ; l'ordre fut rétabli pour peu de temps. Dès que le rideau eut été baissé sur la fin de l'acte, une quinzaine de souteneurs, dirigés par Berguit, invectivèrent grossièrement l'agent Wagner et tentèrent de le précipiter du haut de la galerie. Wagner dut dégainer pour tenir en respect ses agresseurs. En fin de compte, Berguit fut arrêté et dirigé sur le Dépôt. Un de ses camarades, Binder, est à la disposition du commissaire de police. Le Matin – 18 octobre 1909

Le concours des véhicules industriels - La première phase du concours des véhicules industriels, le pesage des camions et omnibus engagés, s'est terminée hier soir, à Versailles, dans le parc fermé installé par les soins de la commission des concours de l'Automobile-Club de France, sur l'avenue de Paris. Vingt-neuf véhicules ont été pesés et poinçonnés hier et trois ont été autorisés à venir ce matin. Ces préparatifs du concours ont été égayés dans l'après-midi d'hier par la musique du génie tandis que trois ministres, le général Brun, MM. Dupuy et Millerand, et de nombreuses personnalités du monde automobile examinaient les poids lourds qui vont parcourir jusqu'au 15 novembre près de 5,000 kilomètres. Après la visite officielle, une coupe de champagne fut offerte aux personnalités présentes. Le marquis de Dion prit la parole et dit que l'Automobile-Club de France était toujours prêt à aider le gouvernement et l'armée. Le président de la commission des concours remercia aussi la municipalité de Versailles, qui a aimablement mis un terrain à la disposition de l'Automobile-Club de France, terrain sur lequel a été édifiée la vaste construction où seront remisés chaque soir les véhicules. On peut regretter toutefois à propos de cette construction que la porte d'entrée en façade sur l'avenue de Paris ait été recouverte d'affiches de publicité. L'Automobile-Club jusqu'ici nous avait habitués à plus de décor et d'élégance. Aujourd'hui le public a été admis à visiter le parc fermé et les différents véhicules. Demain matin départ pour la première étape, avec retour à Versailles, le soir, après avoir été à Conflans. Le Temps – 18 octobre 1909

Posté par Ichtos à 21:13 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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