CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

19 oct. 09

Les actualités du 19 octobre 1909

Comte lambert survol tour eiffel

Le comte Lambert plane au dessus de Paris

Telle est la nouvelle fantastique, incroyable, mais vraie cependant, qui circulait dans Paris, hier au soir, vers six heures. En effet, au cours du meeting d'hier (....) le comte de Lambert ayant soigneusement mis au point son biplan, auquel il travaillait avec d'autant plus d'acharnement qu'il préméditait son audacieuse tentative, le comte de Lambert qui jusqu'ici n'avait accompli aucune prouesse sensationnelle, s'éleva vers quatre heures et demie et, sortant de l'aérodrome, prit, à la stupéfaction générale, la direction de Paris.

Sans aucune hésitation, sans crainte non plus, passant au-dessus des agglomérations, des nombreuses usines de la banlieue, par-dessus des quartiers entiers de Paris où chaque fenêtre montrait des visages émerveillés, il mit hardiment le cap sur la tour Eiffel, repère admirable, jusqu'ici inutilisé cependant par les aviateurs dont l'audace grandit chaque jour.

Ce qu'il fit alors, il nous le dit lui-même avec une simplicité, une modestie charmante au banquet de clôture du Salon de l'aéronautique que présidait M. Trouillot, ministre des colonies. Le comte de Lambert que l'on était allé chercher n'avait même pas eu le temps de revêtir une tenue appropriée et ce fut dans le complet même qu'il porta tout hier qu'il vint prendre place à la table officielle, auprès de M. d'Estournelles de Constant. Et ce dernier ayant pris la parole pour déclarer qu'il ne consentirait à se rasseoir que si le triomphateur de la journée s'engageait a raconter son exploit, le comte de Lambert se leva et dit :

Je suis très étonné et très touché, messieurs, de l'accueil qu'on me fait, accueil très disproportionné, à mon avis. Ce que j'ai à vous dire est d'ailleurs très court et fort simple. Je me suis rapidement élevé, ne ressentant ni remous, ni vent, montant de 4 à 5 mètres à la fois en pente douce. J'avais pris comme point de mire la tour Eiffel ; je l'ai doublée à 100 mètres au-dessus au moins et m'en suis retourné par le même chemin, me guidant cette fois sur la Seine d'abord, puis, en m'approchant de Juvisy sur un grand réservoir blanc.

Mais, sans m'en apercevoir, je n'avais pas cessé de m'élever et j'ai dû atteindre 600 mètres. Il m'a donc fallu descendre un peu vite, après un tour d'aérodrome, mais facilement cependant. Et voilà... conclut avec bonhomie l'auteur de cette sensationnelle randonnée aérienne qui éclipse, a n'en pas douter, tout ce qui a été fait jusqu'ici dans le domaine de l'aviation. Puis, se reprenant : J'oubliais, ajoute-t-il, de vous dire qu'une des premières personnes qui me félicitèrent a ma descente fut Orville Wright, arrivé le matin à Paris, ce que j'ignorais.

On devine quelle ovation fut faite à cet orateur qui — c'est de lui-même que nous le tenons — parlait pour la première fois en public, mais n'avait à parer d'aucune période brillante le récit d'un exploit qui suffisait à rendre passionnant ce bref et simple discours. Le comte de Lambert était revenu à Juvisy à 5 h. 25, ayant effectué son voyage sans précédent en quarante-neuf minutes, ce qui représente une vitesse d'environ 60 kilomètres à l'heure.

Le Gaulois – 19 octobre 1909

cent_ans

Latham échoue dans sa tentative de traversée de la manche

Ouverture de la quinzaine de Paris à Port-aviation

Les_pr_voyants_de_l_Avenia

Pluie de ballons !

Fête fédérale de gymnastique à Angers

Le meeting de Spa

EN BREF

Bercy était on fête aujourd'hui - C'était en effet l'inauguration officielle des maisons ouvrières que, après entente avec la ville de Paris, la Compagnie du chemin de fer métropolitain, a lait édifier pour ses employés. Trente-six pavillons jumelés, tous du même type, comprennent un rez-de-chaussée, une entrée, une salle à manger et une cuisine ; le premier étage est composé de deux chambres à coucher et d'un cabinet de toilette. La toiture en ciment armé forme terrasse et des petits jardins séparent les différentes maisons. Moyennant un loyer de 700 francs au maximum chaque locataire deviendra au bout de vingt ans, propriétaire de son pavillon. Ces conditions particulièrement avantageuses ont attiré nombre d'amateurs et toutes les habitations sont déjà occupées. Au son de la Marseillaise, jouée par la fanfare du Métropolitain, les invités ont été reçus à l'entrée de la rue de Pommard par le haut personnel de la Compagnie. M. Millerand, accompagné de MM. Strauss, sénateur ; Laurent, secrétaire général de la Préfecture de police; Sabot, maire du douzième arrondissement, les représentants du président de la République et des différents ministres oui fait une longue visite à la petite cité ouvrière et ont vivement félicité es organisateurs. Puis le cortège s'est rendu en automobile, à a place d'Italie où a été inauguré le groupe du treizième arrondissement. La Presse – 19 octobre 1909

Les espérantistes au salon de l'aero - Hier matin, l'exposition de l'aéronautique a reçu une visite originale : celle de deux cents espérantistes, Français et étrangers, sous la conduite de M. Ernest Archdeacon, et accompagnés de quelques espérantistes connus, tels que le général Sébert, de l'Institut, M. Carlo Bourlet, professeur au Conservatoire des arts et métiers, etc., qui ont parcouru les stands du Grand Palais. La promenade a débuté par une conférence en esperanto de M. Emmanuel Aimé, au sujet de l'un des appareils exposés. Puis à. tour de rôle, MM. Archdeacon et Bourlet ont pris la parole, toujours en esperanto, pour expliquer, à ce public de diverses nationalités, les dispositifs des appareils les plus connus. Dans l'après-midi, la foule fut particulièrement nombreuse, et les curieux furent peut-être en plus grand nombre que les dimanches précédents. A six heures, le Salon de l'aéronautique fermait définitivement ses portes. On sait que le banquet de clôture aura lieu ce soir sous la présidence de M. Trouillot, ministre des colonies. Le Temps – 19 septembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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