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20 oct. 09

Les actualités du 20 octobre 1909

cave du diable

Le crime de la cave du diable

Vaumoise, 19 octobre. — Un crime sur lequel plane encore le plus profond mystère vient d'être découvert en l'un des coins les plus pittoresques de la forêt de Retz, non loin de Villers-Cotterets, à l'entrée du coquet village de Vaumoise. Là, sous un amas de roches, une étroite ouverture donne accès à un escalier dont les quarante marches, s'enfonçant sous le sol de la forêt, conduisent à cinq caveaux dont l'origine lointaine fait encore l'objet de nombreuses controverses. Pour les braves gens de la région, cette retraite était, bien sûr, autrefois, l'antre redouté de quelque sorcier jeteur de maléfices. Voilà bien longtemps déjà, un nom lui fut donné : la "Cave du Diable". Et les vieilles femmes, le soir, se signent en passant devant le trou sombre.

Hier donc, vers quatre heures de l'après-midi, trois jeunes femmes en villégiature à Villers-Cotterets étaient venues excursionner à la Cave du Diable. Déjà, ayant allumé des bougies, elles se disposaient à descendre l'escalier souterrain, lorsque l'une d'elles, soudain, poussa un cri. Là, devant elle, à la branche basse d'un pin, le corps d'un homme se balançait. Terrifiées de leur découverte, elles se replièrent en hâte vers leur voiture qui attendait tout près et allèrent prévenir les autorités de Vaumoise. Mais il était tard. La nuit commençait à tomber sur la forêt. On décida d'attendre au lendemain.

Et ce matin M. Dupuis, juge de paix de Villers-Cotterets, accompagné du maréchal des logis de gendarmerie et du docteur Monflier, se rendait à la Cave du Diable. Les jeunes femmes n'avaient pas été victimes d'une, illusion. À l'endroit désigné par elles, à la branche, basse du pin qui domine la cave légendaire, le cadavre d'un homme, pendu par une large ceinture rouge, se balançait. Au-dessus de sa tête, un vol de corbeaux, tournoyait. L'arrivée des magistrats fit prendre la fuite aux oiseaux noirs.

Le pendu paraissait âgé d'une soixantaine d'années. Fort et trapu, presque chauve,. la lèvre supérieure barrée d'une épaisse moustache grise, il était habillé d'un correct vêtement en cheviotte noire a petites raies blanches. On s'approcha. Les assistants eurent un cri de stupeur. La-face penchée du cadavre était toute ensanglantée. D'un imperceptible petit trou,, à sa tempe droite, un filet de sang, noir coagulé maintenant, avait coulé.Aux pieds du corps un chapeau mou en feutre sombre gisait tout couvert de sang lui aussi.

Un désespéré, sans aucun doute, qui était venu là en finir avec la vie. Après avoir tenté de se donner la mort à l'aide d'un revolver et voyant que cette mort ne venait pas assez vite, il s'était pendu. Pour tous, cela ne faisait aucun doute. Et déjà le juge de paix, ayant établi son procès-verbal de constatation, songeait à faire détacher le cadavre.

Mais, soudain, de l'escalier souterrain, une voix clama : '"Messieurs!... messieurs!,.. Attendez!... Cet homme ne s'est pas suicidé... Il a été assassiné !" Et à cet instant, un groupe de villageois débouchaient de l'étroite et sombre entrée de la Cave du Diable. Celui qui marchait en tête tenait à la main un revolver et un couteau ensanglantés. "Voilà ce que nous avons trouvé au fond d'un souterrain, dans le deuxième caveau... Là, il y a du sang partout... C'en, est tout rouge..." On descendit à l'endroit indiqué par l'homme. Il avait dit vrai. Sur le sable, de larges flaques de sang stagnaient.

Là-haut pourtant, tandis que le juge de paix procédait à ses constatations, le docteur Monflier, assisté de paysans, venait de dépendre le malheureux. On desserra là ceinture rouge qui lui ceignait le cou. Tous, à cet instant, poussèrent un cri d'horreur. La gorge du vieillard n'était plus qu'une rouge pluie béante où la section de la carotide apparaissait nettement. Cette fois le doute n'était plus possible : c'était bien d'un crime qu'il s'agissait. Mais quel était cet homme. ? Quels étaient ses assassins ?...

Dans les poches du vieillard on n'avait retrouvé qu'un lorgnon et un porte-monnaie contenant 3 fr. 60. Nuls papiers, nuls indices permettant d'établir son identité. A l'aide de torches, on procéda à de nouvelles recherches. On découvrit encore à l'entrée de la cave un étui à lunettes et une boîte d'allumettes à demi brûlée, au milieu de papiers consumés. Ce fut tout.

A quels mobiles avaient donc obéi les assassins du malheureux vieillard ? Pourquoi, après l'avoir assassiné au fond du souterrain ainsi que le démontrent les traces sanglantes découvertes dans le deuxième caveau, avaient-ils remonté leur victime à la grande lumière du jour et l'avaient-ils pendue à un sapin de la forêt ? Mystère.

Le Matin – 20 octobre 1909


EN BREF

Un capitaine enlevé dans les airs par six cerfs-volants accouplés - Reims, 19 octobre - L'autorité militaire fait actuellement procéder au champ d'aviation de Bétheny à des expériences de cerfs-volants planeurs, destinés à des reconnaissances en temps de guerre.Un capitaine d'artillerie est parvenu à s'enlever cet après-midi à 60 mètres de hauteur avec un appareil composé de six cerfs-volants accouplés. Le Petit Parisien – 20 octobre 1909

Un jockey écrasé — Hier matin plusieurs lads de l'écurie du baron de Rothschild, à Chantilly, conduisaient en main des chevaux sur la route de la Morlaye, quand survinrent les automobiles prenant part au concours des véhicules industriels. Un des chevaux s'effraya et son conducteur, le lad Louis Ruth, en cherchant à le maîtriser, fut renversé par une voiture dont les roues lui passèrent sur le corps. Le malheureux garçon a été transporté à l'hôpital des jockeys, où il est mort. Louis Ruth était marié et père de cinq enfants. Le Temps - 20 octobre 1909

Mort sur son corbillard — Un cocher de corbillard des pompes funèbres de Versailles, M. Désiré Brossard, revenait de conduire un cercueil au cimetière de Chaville, quand, arrivé au lieudit le Puits-sans-Vin, il s'affaissa sur son siège, et perdant l'équilibre, tomba sur le sol. Quand on le releva, le malheureux cocher était mort. Son corps a été transporté à la morgue de Chaville. Le Temps - 20 octobre 1909

Posté par Ichtos à 10:49 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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