CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

21 oct. 09

Les actualités du 21 octobre 1909

cortes madrid

Espagne Violents incidents aux Cortes espagnols – Le Président obligé de lever la séance

Madrid, 20 octobre. La séance de la Chambre a été marquée par des scènes scandaleuses provoquées par l'opposition ; le tapage a été tel que force fut au président de lever la séance.Le tumulte a commencé au moment où le ministre de l'intérieur, répondant à M. Moret, dit : "M. Moret sait-il que publiquement, dans les meetings tenus à l'étranger, il a été question de provoquer une révolution sociale et politique en Espagne et que, publiquement, on annonce des assassinats ?"

Sur ces mots, l'opposition interrompt violemment Le ministre essaie de poursuivre son discours, mais les députés de l'opposition crient, frappent leurs pupitres, frappent le sol de leurs cannes et empêchent le ministre de parler. Le président essaie vainement de rétablir l'ordre ; il brise sonnettes sur sonnettes.

Le ministre s'écrie : "Nous n'avons peur ni des menaces ni des violences et nous persistons à rester ici, car le contraire serait une lâcheté." La majorité applaudit frénétiquement. Les membres de l'opposition redoublent leurs cris ; le public des tribunes se mêle au vacarme qui est assourdissant et tel que jamais on n'en entendit dans la Chambre espagnole.

Le président s'agite, éperdu, et brise de nouvelles sonnettes ; mais tout est inutile. Le tapage continue. On entend de temps en temps la voix du ministre qui, pâle mais calme, reste à la tribune, tenant tête à l'orage. Le tumulte se calmant un peu, le ministre justifie les mesures qu'il a prises et qu'il prendra pour éviter de fâcheux événements, il ajoute qu'une manifestation publique se prépare, mais qu'il est résolu à l'empêcher.

La majorité applaudit. Les députés de l'opposition recommencent de crier. Pendant que le vacarme se poursuit, le président du conseil félicite vivement le ministre de l'intérieur. M. Moret reprend la parole. Il critique l'altitude du ministre de l'intérieur, qui se lève pour répondre ; mais les membres de l'opposition l'accueillent par un tel tapage que, pendant plus d'un quart d'heure, il ne peut parler. Le président de la Chambre, qui vient de briser encore plusieurs sonnettes, proteste au milieu d'un tumulte de plus en plus assourdissant. Le tapage devient tel que le président est contraint de lever la séance.

Le Gaulois - 21 octobre 1909


EN BREF

Un compresseur éclate dans une brasserie à Paris – 1 mort - Un tragique accident s'est produit hier matin, vers sept heures, dans les locaux de la brasserie Karcher, 139, rue des Pyrénées. M. Henri Picard, âgé de quarante et un ans, demeurant, 83, rue des Pyrénées, était depuis sept ans déjà employé en qualité d'ingénieur mécanicien dans la maison et avait su, par son affabilité envers tous et ses qualités professionnelles, se concilier les sympathies de tout le personnel de l'usine. Hier matin, il descendit dans les sous-sols de l'usine, accompagné de M Maurice Merle, ouvrier, pour mettre en mouvement les compresseurs à glace indispensables à la fabrication de la bière. A peine cette opération était-elle commencée qu'une formidable explosion se produisit. À la hauteur des bottes à clapets, un tuyau venait de se rompre. Un jet de gaz d'ammoniaque frappait aussitôt à la figure M. Henri Picard et brûlait cruellement à la main et au ventre M. Maurice Merle. Quand on retrouva M. Picard, il avait la figure horriblement tuméfiée. Transporté dans une pharmacie voisine, il expira pendant le trajet. Quant à M Maurice Merle, qui est marié et père de quatre enfants, il fut transporté à son domicile, où des soins immédiats lui furent prodigués. Ses jours ne sont pas en danger. Le Matin – 21 octobre 1909

Accident mortel au collège d'Ajaccio - Ajaccio, 20 Octobre - M. Fabre, préfet de la Corse, a visité, hier, dans l'après-midi, le collège d'Ajaccio, en compagnie du vice-recteur et du maire de la ville. Les élèves avaient été réunis dans la cour d'honneur donnant sur la rue Fesch. Au moment où le préfet se retirait, la plupart des élèves se portèrent vers la grille à laquelle ils s'accrochèrent, les uns en bas, les autres en haut. Tout à coup, et alors que la voiture du préfet était déjà loin du collège, la grille et les pilastres en maçonnerie qui la maintenaient, cédant tous le poids, oscillèrent et s'abattirent avec fracas, entraînant, dans leur chute les malheureux enfants.Beaucoup purent se dégager à temps, Mais l'un d'eux, le jeune Alexandre Carabelli, âgé de dix-sept ans, élève de rhétorique, a trouvé La mort dans cet épouvantable accident. D'autres élèves, au nombre de huit, furent blessés plus ou moins grièvement.Le préfet s'est transporté sûr les lieux dès qu'il a été informé de ce triste événement. Il s'est ensuite rendu au domicile de la famille Carabelli pour lui présenter ses condoléances. Le Petit Journal – 21 octobre 1909

Fursy, le chansonnier rosse, dont les spirituelles improvisations font chaque soir la joie du public de la Boîte, sait, quand il le faut, changer sa manière. C'est ainsi qu'hier soir, les spectateurs ayant demandé comme sujet : "Le vol merveilleux du comte de Lambert Fursy, en moins de trois minutes, chanta deux couplets vibrants d'admiration à l'adresse du hardi pilote qui lui valurent un succès énorme. Le Gaulois - 21 octobre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires

Poster un commentaire