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25 oct. 09

Les actualités du 25 octobre 1909

inauguration boulogne

Les fêtes franco-argentines à Boulogne Sur Mer

Boulogne, le 24 octobre. — Les fêtes ont commencé hier par des distributions de secours aux indigents et de jouets aux enfants de toutes les écoles ; cette libéralité, tout à l'éloge du Comité argentin pour l'inauguration du monument San-Martin, a été unanimement appréciée. La ville est animée par une foule considérable où, parmi les gens de la région, on distingue nombre d'Anglais et beaucoup d'Argentins, venus de Londres et de Paris. Le temps est couvert, mais beau, un vent vif fait claquer les drapeaux français et argentins arborés à profusion dans toutes les rues principales.

A neuf heures du soir, la ville a été sillonnée, au milieu d'une joie populaire enthousiaste, par une retraite aux flambeaux géante ; derrière les pompiers, les gendarmes et l'infanterie, venaient un demi escadron de cuirassiers et les cent cinquante dragons argentins arrivés spécialement de Buenos-Ayres par le transport de L'Etat Pampa ; ces cavaliers portent un uniforme premier Empire et sont magnifiquement montés ; ils ont été l'objet d'ovations sur tout le parcours, ainsi que la musique de la frégate-école Sarmiento, qui fermait la marche.

La soirée s'acheva au Casino, par un bal brillant auquel la municipalité a invité tous les officiers et aspirants argentins. Les fêtes sont vraiment populaires, le Comité a fait distribuer largement des brochures sur San-Martin, qui ont été partout très lues ; le libérateur argentin est aujourd'hui connu de tous à Boulogne ; des conversations de nombreux Argentins, recueillies au cours de la journée, il ressort que l'attitude sympathique des Boulonnais et du gouvernement français contribueront très efficacement à rapprocher les deux pays.

Le Journal des débats politiques et littéraires - 25 octobre 1909

Boulogne-sur-Mer, 24 Octobre - Le général Brun, ministre de la Guerre, et M. Sarraut, sous-secrétaire d'Etat à la Guerre, sont arrivés à 11 h. 30. Ils étaient accompagnés de leurs officiers d'ordonnance et de leurs chefs de cabinet. Dans un salon aménagé à la gare, le Maire a souhaité la bienvenue aux ministres. Le generad Brun a remercié en quelques mots, puis le cortège s'est formé pour se rendre au nouvel hôtel des postes, élevé à environ 200 mètres de la gare, sur la place Frédéric-Sauvage. Sur le parcours, les troupes formaient la haie, derrière laquelle la foule poussait des acclamations.

Dans le hall du nouvel hôtel des postes, où les autorités régionales et les employés des postes et télégraphes ont formé le cercle; M. Peron, maire de Boulogne-sur-Mer, a remercié le ministre de la Guerre et le sous-secrétaire d'Etat d'avoir bien voulu venir présider cette cérémonie, qui coïncide si heureusement avec les fêtes données en l'honneur du héros de l'indépendance sud-américaine. Il s'est félicité enfin de voirun port de l'importance de Boulogne posséder un édifice postal digne de lui.

Le directeur des postes et télégraphes du Pas-de-Calais a affirmé ensuite le dévouement des employés des postes à la République et leur attachement à leurs devoirs professionnels. M. Sarraut a répondu. Dans une allocution très applaudie, il s'est déclaré heureux d'avoir été chargé, avec le ministre de la Guerre, de venir dans le port de Boulogne, un des plus beaux fleurons de la. couronne maritime de la France, inaugurer le beau monument que le développement du port rendait indispensable.

M. Sarraut a ajouté : Le ministre des Postes et le gouvernement tout entier connaissent le dévouement des agents des postes et j'affirme que, de leur côté, ces agents peuvent compter sur la sollicitude du gouvernement.Le sous-secrétaire d'Etat distribue ensuite quelques médailles d'honneur à de vieux facteurs, puis le cortège, après avoir parcouru les locaux de l'édifice, s'est rendu au déjeuner offert par la municipalité aux ministres aux autorités argentines.

Voici le menu de ce déjeuner, servi par Delcros : Œufs brouillés Princesse - Filets de soles Boulonnaise - Noisettes de chevreuil Grand Veneur - Purée de châtaignes Neselrode - Poulets sautés Forestière - Selle de chezelle rôtie - Salade Lorette - Aubergines à la Grecque - Bombe Diplomate – Friandises - Corbeilles de fruits - Montebello Maximum sec 1904. Il y avait une nombreuse assistance à ce banquet. Des allocutions ont été prononcées.

Après le banquet, le cortège s'est rendu à la cérémonie d'inauguration. Une foule énorme était massée sur le boulevard. Au moment où tombe le voile recouvrant la statue, retentit une salve de vingt et un coups de canon, tirés par une batterie du port ; une autre salve, tirée par le navire argentin, amarré en rade, y répond. Le général Brun, ministre de la Guerre, a prononcé un grand discours patriotique auquel a répondu M. Pérou, maire de Boulogne. D'autres discours ont été prononcés par les représentants des républiques sud-américaine et des Etats-Unis. Puis les troupes françaises et argentines ont défilé au son des deux hymnes nationaux. Le général Brun et M. Sarraut sont repartis ce soir pour Paris.


La Presse - 25 octobre 1909

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EN BREF

A demi-mangé par des fourmis ! Limoges, 24 Octobre - Deux terrassiers, employés aux travaux de construction du barrage sur la Vienne, à Eymoutiers, viennent de commettre un acte de sauvagerie ; ces deux individus se sont emparés d'un jeune 'homme de 13 ans, avec lequel il venaient de se livrer à des libations prolongées et, malgré sa résistance, l'ont attaché étroitement à un arbre au pied duquel grouillaient des myriades de fourmis. De midi et demi à trois heures et demie, le malheureux garçon incapable de faire un mouvement resta exposé aux cruelles morsures des bestioles qui grimpaient le long de ses jambes et se répandaient sur tout son corps. Il fut enfin délivré par un cambusier, après trois heures de supplice. La gendarmerie recherche les auteurs de cet acte inqualifiable. La Presse - 25 octobre 1909

Un soldat simulateur — François Giron, incorporé au 36e de ligne, au commencement du mois d'octobre était proposé pour la réforme. Il lui arrivait fréquemment de dormir jusqu'à quarante-huit heures ; ce qui amena l'autorité. militaire à le croire affecté de la maladie du sommeil et à l'envoyer à l'hôpital. Les expériences auxquelles il fut soumis confirmèrent l'opinion des médecins. On allait le proposer pour le conseil de réforme quand le hasard fit découvrir une lettre que le jeune soldat adressait à ses parents et où il leur annonçait que tout marchait bien, que les majors n'avaient rien connu à sa prétendue maladie et qu'il allait bientôt être réformé. Devant cette découverte inattendue, l'autorité militaire a fait mettre le soldat simulateur en prison, en attendant qu'une décision soit prise contre lui. Le Temps - 25 octobre 1909

Facteur écrasé — On mande d'Hazebrouck qu'hier soir, vers cinq heures et demie, le train des Flandres a tamponné non loin de la gare un facteur des postes, M. Justin Denle, qui venait de terminer sa tournée et avait emprunté la voie pour regagner son bureau. Le malheureux, relevé avec une jambe coupée et la tête ensanglantée, est mort quelques instants après. Le Temps - 25 octobre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires

  • un blog très original, une superbe idée, j'aime beaucoup, puis-je vous rajouter sur mes favoris

    merci

    mistouflette

    Posté par mistouflette, 25 oct. 09 à 17:54

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