CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

01 nov. 09

Les actualités du 1er novembre 1909

Catastrophe du Paillat

Grave accident de chemin de fer

Il y a un peu plus d'un mois, M. Millerand, ministre des travaux publics, assistait à Montlouis (Pyrénées-Orientales) à un banquet offert par la Compagnie du Midi, à l'occasion de l'achèvement de la ligne électrique de Villefranche à Bourg-Madame. Cette ligne qui n'est pas encore inaugurée, vient d'être le théâtre d'un affreux accident.

Prolongement de la ligne de Perpignan à Villefranche-Vernet-les-Bains, elle parcourt une contrée excessivement mouvementée et où les ouvrages d'art sont nombreux. Parmi les principaux se trouve un pont suspendu à quatre-vingts mètres au-dessus de la rivière de la Têt, pont construit sur un nouveau modèle de suspension, par un ancien officier du génie, le commandant Gisclard, et dont la hardiesse a fait l'admiration générale.

Hier dimanche, après les essais de la voie, on faisait des essais de vitesse. Dans un train spécial, comportant deux automotrices , remorquant chacune deux plates-formes chargées de rails, avaient pris place le commandant Gisclard ; son gendre, M. Amodin, MM. de Noëll, conducteur principal, faisant fonctions d'ingénieur; Clerc et Borallo conducteurs des ponts et chaussées à Prades; Toulet, conducteur des ponts et chaussées à Perpignan; Hubert, ingénieur des chemins de fer de l'Etat ; Loriot, conducteur de la voie, et de nombreux employés.

Parti de Villefranche-Vernet-les-Bains, le train marcha de la façon la plus satisfaisante. Il passa successivement aux stations de Serdynia, Joncet, Olette, Nyers, Thues, Pontpédrouze, Santo, Planes et Mont.Louis-la-Cabanasse, point terminus de la première section. C'est un peu avant celle station que se trouve le fameux pont. On constata qu'il supportait sans fléchir le passage du train et l'on en félicita le commandant.

Le convoi se partagea alors en deux : une automotrice remonta vers Montlouis, avec les plates-formes, l'autre, ramena les ingénieurs vers Villefranche et Prades, pour déjeuner. Tout à coup, dans une descente de 6 %, en face du hameau de Paillat, où se trouve l'usine génératrice, l'automotrice s'emballa. Le mécanicien serra les freins, mais les rails étant très humides, ils furent impuissants à arrêter l'élan. Justement la voie faisait une courbe, la machine sortit des rails et tomba dans le ravin, renversée sur le côté.

Ce fut un cri d'épouvante dans la population qui était accourue en foule et se massait tout le long des voies pour voir passer le nouveau chemin de fer, dont l'inauguration prochaine lui était promise. Les montagnards s'empressèrent autour des victimes. Malheureusement, six d'entre elles avaient cessé de vivre ou rendaient le dernier soupir entre les bras des sauveteurs. Ce sont le commandant Gisclard, les conducteurs Clerc, Borallo, Toulet et Hubert, et le chef monteur Dezault. On les transporta à la cantonnière de Paillat.

Douze des voyageurs étaient blessés, dont plusieurs grièvement. Parmi eux se trouvent MM. de Noëll, qui a une jambe détachée du tronc, l'autre jambe brisée et des contusions au crâne; Leriot, conducteur de la voie; Triquera, cantonnier; M. Arnodin, Leyde, Pujel et les wattmen Ciota, Bardoux et Calvo. Une partie fut ramenée à Prades, une autre a l'hôpital militaire de Mont-Louis.On sait que Mont-Louis est une place de guerre de 1ere classe.

Dès que M. Millerand, ministre des travaux publics, a eu connaissance de l'accident, il a chargé M.M. Lax, inspecteur général des ponts et chaussées, de se rendre sur les lieux de la catastrophe, ainsi que M. Fontaneilles, ingénieur en chef adjoint de la direction des chemins de fer.

Le Figaro – 1er novembre 1909


EN BREF

Meeting d'aviation de Saint-Étienne – La foule envahit l'aérodrome - Saint-Étienne, 31 octobre. Un meeting d'aviation a lieu actuellement sur l'hippodrome de Villars, près de Saint-Étienne. La première réunion fut donnée hier. Seul l'aviateur Gobron tenta une sortie et, sans parvenir à s'enlever, brisa son appareil. Malgré ce début peu encourageant, le public était venu nombreux aujourd'hui. Il fut encore déçu. Les essais des aviateurs ayant été infructueux, la foule envahit la piste, renversa la barrière et réclama le remboursement du prix des places. Des troupes d'infanterie et de cavalerie, ainsi que les gendarmes et la police durent intervenir. Le Petit Parisien – 1er novembre 1909

Cinq personnes aspergées de vitriol - Un drame de la vengeance a eu lieu à Paris, 1a nuit dernière, à minuit et demi. Une journalière, âgée de trente-deux ans, Eugénie Simon, demeurant rue Notre-Dame-de-Nazareth, ayant été quittée il y a quelques mois par son ami Albert Dubois, âgé de trente-trois ans, voyageur de commerce, a attendu celui-ci au, passage, rue Grenier-Saint-Lazare. Elle tenait, dissimulée sous son manteau, une boite remplie d'acide sulfurique et, lorsque Albert Dubois fut arrivé à sa hauteur, elle en lança le contenu dans sa direction...Mais il était avec deux de ses amis, Charles Galbert, âgé de trente-sept ans, employé de commerce, demeurant, 1, rue Charlot, et Robert Tromblert, âgé de trente-trois ans, demeurant à Rueil, boulevard des Ormes. Le geste d'Eugénie Simon fut si maladroit que le liquide destiné à un seul vint atteindre les trois hommes. Mais ce ne fut pas tout. A ce moment arrivaient deux autres passants, M. Poiret, demeurant 24, rue Saint-Maur, et M. Favaudon, demeurant 5, rue des Haudriettes. Ceux ci reçurent également les éclaboussures du dangereux liquide.Quatre des cinq blessés, Albert Dubois, Galbert et les deux passants, purent regagner leur domicile après avoir reçu des soins dans une pharmacie.Seul, M. Trombler, un des amis d'Albert Dubois, grièvement brûlé à la face et sur diverses parties du corps, a dû être transporté à l'Hôtel-Dieu. La vitrioleuse est au Dépôt. Le Petit Journal – 1er novembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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