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08 nov. 09

Les actualités du 8 novembre 1909

bercy entrepots

A Bercy, un hangar s'écroule – 6 ouvriers sont blessés

Un grave et pénible accident, mais dont les conséquences auraient pu être, beaucoup plus désastreuses encore, s'est produit hier après-midi à Bercy, jetant l'émoi et la consternation parmi les nombreux promeneurs qu'un pâle soleil automnal avait amenés le long des quais de la Seine.

Au milieu du vaste entrepôt des vins, désert et assoupi dans le repos dominical, une équipe de dix-huit maçons-travaillait sous l'oeil de son chef de chantier, à la réfaction d'un hangar en ciment armé situé exactement à l'extrémité de la rue de l'Yonne. Les travaux étant à peu près terminés, les étais qui depuis une trentaine de jours assuraient la stabilité des murs avaient été retirés jeudi dernier, et les ouvriers mettaient la dernière main à la bâtisse.

Soudain — il était environ deux heures — un léger craquement se fit entendre. Le chef de chantier, inquiet, leva la tête et s'aperçut tout de suite qu'un des derniers étais laissés par sécurité venait de céder. Se rendant compte du danger, il cria aussitôt à ses hommes : Sauvez-vous! Mais son cri d'alarme se perdit dans on fracas épouvantable.

Entraînant avec elle, en un indescriptible chaos, poutres métalliques, madriers, briques, pans de murs, tuiles, charpentes, la toiture s'effondrait, ensevelissant une partie de l'équipe des maçons. Et ce fut quelques instants d'affolement et d'une panique sans nom, cependant que du sein d'une poussière aveuglante s'élevaient des cris de douleur et des appels désespérés.

Le premier moment de terreur passé, on se compta : six ouvriers manquaient à l'appel... Aussitôt, bravement, d'un même élan, les rescapés se précipitèrent à la recherche de leurs camarades, fouillant fébrilement parmi les décombres et pataugeant dans des flaques de vin échappé de fûts abrités sous le hangar et que l'effondrement avait éventrés.

Guidés par les plaintes et les gémissements, les sauveteurs, aidés des pompiers accourus, eurent tôt fait de découvrir les victimes qu'ils dégagèrent une à une avec mille précautions. Mais, hélas ! plusieurs étaient dans un état lamentable.

Un service de secours fut rapidement organisé par MM. Laurent, secrétaire général de la préfecture de police, arrivé en toute hâte en automobile, et Verdeau, commissaire de police, et l'on transporta immédiatement à l'hôpital Saint-Antoine les six ouvriers, qui sont tous assez grièvement blessés. Ce sont les nommés : Bonnefoix, rue des Plantes, à Montgeron; Donraglio, 42, rue d'Alfort, à Alfortville; Emile Joubert, rue d'Aboukir, à Courbevoie ; Sommer, 8, rue des Fonds-Verts ; Gentil, rue de Charenlon ; Jean Wyns, rue de Meaux.

Cependant que les pompiers procédaient aux travaux de déblaiement. M, Verdeau ouvrait sur place une rapide enquête destinée à établir les causes et les responsabilités de cet accident. Dès que M Briand, président du conseil, a été informe de l'accident, il a fait prendre des renseignements sur la situation des familles des blessés en vue de l'attribution immédiate de secours.

D'autre part, dès que M. Millerand, ministre des travaux publics, des postes et des télégraphes, a été informé, il a envoyé sur les lieux M. Raoul Persil, son chef de cabinet, qui est allé prendre des nouvelles des blessés à l'hôpital Saint-Antoine.

Le Matin – 9 novembre 1909

 

EN BREF

uk Le brouillard londonien complice d'un meurtrier - Londres, 7 novembre — Ce matin, à Londres la nature a été là complice d'un meurtrier, et grâce à l'épais brouillard épandu en nappes jaunâtres et si denses qu’on ne pouvait distinguer à quelques pas devant soi , un individu a pu tuer d'un coup de revolver une jeune femme près de laquelle il marchait dans la rue et s'enfoncer tranquillement dans le brouillard protecteur, sans que ceux qu'attira le coup de feu pussent voir autre chose qu'une ombre qui disparaissait. Maintes fois de semblables fuites se produisent dans des circonstances analogues. Pickpockets et voleurs de toutes sortes s'en donnent chaque jour à cœur joie, alors que la police reste impuissante, malgré toute sa bonne volonté. Le Matin – 8 novembre 1909

Deux trains de marchandises en collision - Lisieux, 7 Novembre - Ce matin, vers quatre heures, le train de marchandises n° 7.350 a tamponné, le train de marchandises n° 2.408 à un kilomètre environ de la gare de Saint-Mards-de-Fresne, près de Lisieux. Deux wagons de queue du 2.408 furent broyés. Aucun accident de1 personnes n'est à signaler. Le tamponnement serait dû à une mauvaise marche de ce dernier train qui, sans doute, avançait lentement par suite du brouillard et de l'humidité qui imprégnait les rails. L'encombrement des voies provoqua des retards dans la marche des trains de voyageurs, le service ayant dû être fait sut une seule voie. A dix heures et demie, ce matin, la seconde voie.était rendue à la circulation. Le Petit Journal – 8 novembre 1909

Un train de marchandises à déraillé en gare de Bretoncelles (Orne) - Alençon, 7 Novembre - Vers quatre heures, ce matin, un train de marchandises a déraillé en gare de Bretoncelles. Un wagon, qui a eu les deux essieux brisés, s'est renversé et les deux voies ont été obstruées. Il n'y a pas à signaler d'accident de personnes ; mais les trains venant du Mans ont subi un retard de deux heures. On a établi un service de voie unique, dans la gare de Bretoncelles, en attendant que les autres voies principales soient dégagées. Le Petit Journal – 8 novembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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