CPA Scans

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22 nov. 09

Les actualités du 22 novembre 1909

Tramway

Dans la purée de pois parisienne, trois collisions de tramways font de nombreux blessés

Trois collisions de tramways causée par le brouillard se sont produites hier dans la banlieue parisienne. A Vitry, vers 2 heures trois quarts, en face du numéro 14 de la rue de la Barre, l'accident s'est produit entre deux convois de la compagnie Sud-Parisien ; le numéro 595 venant de Choisy, et le numéro 567 venant de Paris. Les deux wattmen; MM. Auguste Lanchet, et Jean Jean Boudet, trompés par le brouillard, n'eurent pas le temps, malgré leur présence d'esprit et la rapidité qu'ils mirent à bloquer les freins, d'empêcher le choc. Une panique indescriptible s'empara des voyageurs des deux voitures, qui projetés les uns sur les autres ou blessés par les éclats de verre cherchaient à se précipiter hors des véhicules.

Le premier moment de stupeur passé, on se compta. Beaucoup de personnes se plaignaient de douleurs internes, d'autres étaient blessées à la tête, ou contusionnées. On les conduisit dans une pharmacie ou elles reçurent les premiers soins pendant que M. Bénézech, commissaire de polie d'Ivry, arrivait sur les lieux et procédait aussitôt aux constatations. L'accident était bien imputable au brouillard intense qui à ce moment empêchait absolument de voir les signaux.

A quatre heures de l'après-midi, à cent mètres du pont de Saint-Ouen, le tramway 127 de la ligne Saint-Cloud-Pierrefitte a heurté le tramway 136 tenant de Saint-Denis. Le choc a été extrêmement violent. Quatre personnes ont été plus ou moins grièvement blessées : le wattman Léopold Rondel, du tramway 127, atteint a la jambe gauche ; M. Daniel Ducos, vingt-cinq ans, plaies à la tête ; M. Mallet, Blessures au front, et M. Laffont, douleurs internes. Les deux voitures, gravement détériorées, ont été reconduites au dépôt de Saint-Denis.

On a également établi que cet accident a été causé par un brouillard très dense qui planait à ce moment sur la Seine, et qui a empêché le wattman Rondel de remarquer le signal d'arrêt au croisement du pont de Saint-Ouen.

A Nogent-sur-Marne, c'est entre deux tramways nogentais, l'un conduit par le wattman Pierre Bétourné, allant à Nogent, et l'autre par le wattman Brenu, se dirigeant sur Paris que la collision s'est produite près la rue de Plaisance. Huit personnes ont été légèrement contusionnées.

D'autre part, un accident analogue, semblablement occasionné par le brouillard, s'est produit en gare de Noisy-le-Sec, à trois heures dix, sur la ligne de la Grande-Ceinture. Le train de marchandises C. 1253 a été tamponné par le: train de voyageurs C. 9. Trois voyageurs ont été fortement, contusionnés et la machine du train a été mise hors d'usage. A la suite de l'accident, la circulation a été interrompue pendant deux heures.

Le Matin – 22 novembre 1909


EN BREF

Horrible accident à la gare du Nord — Ce matin à huit heures vingt-cinq, un voyageur âgé d'environ quarante ans, ayant voulu monter dans le train qui se mettait en marche sur la voie numéro 2, à la gare du Nord, est tombé sous les roues et a été broyé. M. Mallet, commissaire spécial, a immédiatement ouvert une enquête. Le corps était coupé en deux morceaux et la base du crâne était complètement écrasée. Dans les vêtements ont été trouvés des cartes au nom de M. Albert Piron, agent de change, 10, rue de l'Université, à Liège, ainsi qu'un billet de retour de première classe Paris-Feignies. On ne s'explique pas que la victime de cet accident ne soit pas passée au contrôle et ait voulu prendre un train allant à Amiens et l Lille, et non pas à Feignies. Les funèbres débris, qui avaient été déposés au poste de secours de la gare du Nord, ont été transportés à la Morgue. Le Matin – 22 novembre 1909

L'éruption de Teneriffe - Madrid, 21 novembre - D'après les dépêches officielles de Ténériffe, le volcan en éruption vomit la lave par quatre bouches situées à l'est et à l'ouest : celles des extrémités ont environ douze mètres de diamètre ; les matières qu'elles lancent forment un panache de cinquante mètres de hauteur. Les bouches du milieu sont alternativement en activité, avec des détonations assourdissantes ; elles ne lancent ni fumées, ni pierre, ni cendres, mais des matières en fusion. Les nappes de lave, en sortant dos divers cratères, coulent vers la vallée de Saint-Jacques et de Tamaincus, divisées en plusieurs bras ; les accidents de terrain empêchent de les endiguer et de les acheminer vers des parties moins endommageables. Depuis le moment où a commencé l'éruption jusque aujourd'hui, ces nappes de lave ont parcouru environ six kilomètres ; l'une d'elles' a rempli une cuvette de vingt-cinq mètres de profondeur et de quarante mètres de diamètre puis a repris ensuite sa marche vers le nord. Un service de surveillance de jour et de nuit a été organisé pour parer à toute éventualité. Les localités de la zone dangereuse ont été complètement évacuées. Les populations, composées pour la plupart d'indigents, sont secourues par les autorités et les particuliers. Le Gaulois – 22 novembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]