CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

25 nov. 09

Les actualités du 25 novembre 1909

Amen Ra

uk La momie tragique

Un mystère étrange entoure une momie qui depuis plusieurs milliers d'années dort du sommeil éternel et repose maintenant dans la première salle égyptienne du British Muséum, irrévérencieusement étiquetée sous le numéro 22542. Cette momie, dont il est constamment question en ce moment a paraît-il jeté un mauvais sort sur la plupart de ceux qui l'ont approchée ou l'ont eue en leur possession.

D'après le livre relatant son curriculum vitae, les bandelettes qui l'enveloppent renferment les restes de la grande prêtresse du collège d'Amen-Rha, qui seize cents ans avant Jésus-Christ vécut dans la grande Thèbes des pharaons, la glorieuse cité aux cent portes baignée par les flots fertilisants du Nil.

L'histoire du transport du sarcophage en Angleterre fût marquée d'étapes tragiques. L'anglais qui le premier l'acheta à un Arabe se bléssa très grièvement en revenant au Caire et on dût lui amputer un bras. Un autre membre de l'expédition qui veillât sur la momie, apprit, en arrivant au Caire qu'il avait perdu sa fortune et il mourut quelque temps après.

La troisième personne qui en eut la charge mourut dans, la misère. La quatrième fut tuée d'un coup de fusil. Le sarcophage fut enfin remis entre les mains d'un photographe qui, ayant voulu prendre un cliché de l'image de la prêtresse peinte sur le couvercle et que représente la photographie, vit apparaître sur sa plaque une physionomie de femme vivante au lieu de la figure noire et sévère peinte sur le sarcophage, et le malheureux mourut soudainement quelques jours après. L'homme qui fut ensuite chargé de la momie mourut au bout de huit jours; et celui qui la mit en place au British Muséum se blessa très grièvement.

L'histoire de cette momie a été retracée par M. Fletcher. Ce dernier mourut quelques mois après l'avoir écrite. Tout récemment encore, un savant et un ingénieur plaisantaient le pouvoir occulte de la grande prêtresse. Le savant s'est suicidé depuis, et son ami l'ingénieur vient d'être la victime d'un grave accident. Ce qu'il y a de plus frappant dans ce dernier fait c'est que le savant était bien connu pour ses idées très strictes a l'égard du suicide qu'il considérait comme une faute très grave et un signe de lâcheté.

Dans Londres, actuellement, il n'est question que de la momie d'Amen-Rha, et le nombre de lettres reçues par les journaux, provenant de personnes de bonne foi qui, ayant rendu visite à la momie, ont depuis éprouvé de grands malheurs, est vraiment déconcertant. Les malheureux gardiens de la salle égyptienne du British Muséum tremblent de tous leurs membres lorsque leur service de ronde les amène du côté de la grande prêtresse, et ils disent à qui veut bien les entendre combien ils seraient soulagés si on pouvait réexpédier la fameuse momie à Thèbes, d'où elle n'aurait jamais dû sortir.

Ayant voulu me rendre compte par moi-même de tous ces faits, qui semblent, a première vue, dépasser en insanité les élucubrations d'un cerveau malade, je me suis rendu au British Muséum. Dès mes premiers mots, le brave gardien, à qui je m'adressais, me déclara tout net : Oh ! ne parlons pas de cela, monsieur, je vous en prie. Voyez-vous, ce sont des choses terribles dont il vaut mieux ne pas s'occuper. Sur ce, il me tourna le dos, et je crus voir frissonner le grand et gros gaillard à qui je venais de parler.

Au British Muséum, pas de photographie de la momie ; mais en face, un photographe en a encore quelques-unes a vendre. Ce; commerçant est un homme d'une cinquantaine d'années, nommé. Clarke Davies, et habite, 38, Muséum Street. Son témoignage est des plus poignants. Comme je lui demandais en effet a acheter une des épreuves qu'il avait faites du sarcophage de la grande prêtresse d'Amen-Rha, et que j'ajoutais en souriant : "Croyez-vous vraiment qu'elle porte malheur ?", il me répondit avec l'accent de la plus grande tristesse :

Ne riez nos, monsieur, je vous en prie; Je vous en prie ! insista-t-il. Du moins n'en riez pas chez moi, car depuis que je l'ai prise en photo, je perds complètement la vue. Je remarquai alors qu'en effet M. Davies est presque totalement aveugle. Sa déclaration était si inattendue et si sincère, qu'en sortant de son magasin, la fatidique image en poche, je ne pouvais m'empêcher de me demander quelle fatalité soudaine allait à mon tour m'écraser au premier tournant de la rue.

Le Matin – 26 novembre 1909


EN BREF

Le raid de Latham - Hubert Latham, qui s'est rendu en aéroplane du camp de Chalons à Berru, près de Reims, où le marquis de Polignac l'avait invité à chasser en compagnie de plusieurs membres du comité d'aviation, est rentré à son hangar par la voie aérienne. A 3 heures 45, la chasse étant terminée, le prince de Caraman-Chimay, le prince de Polignac, le comte Adrien Lannes de Montebello et les autres invités du marquis de Polignac vinrent accompagner Latham jusqu'à son appareil. L'aviateur déposa au fond de sa nacelle son fusil et son carnier bourré de faisans qu'il avait abattus. Le moteur fut mis en marche, et bientôt le monoplan s'éleva à une centaine de mètres et se dirigea vers le camp. Vingt-cinq minutes plus tard, Latham atterrissait devant son hangar en un superbe vol plané. Il avait couvert en 25 minutes les 30 kilomètres qui séparent Berru du camp de Châlons. Au cours de ce raid audacieux, Latham s'est tenu constamment à une altitude variant entre 200 et 400 mètres. Le Temps – 25 novembre 1909

Le flair du cocher - Mme Marie Simon, vingt-six ans, demeurant rue Lebouteux, venait, hier soir, de monter dans un fiacre, avenue de Villiers, quand le cocher qui avait remarqué l'était de surexcitation de sa cliente, eut l'idée de jeter un coup d'œil dans la voiture par la glace placée derrière. Il était temps ! Mme Simon venait de sortir un revolver de son manchon et cherchait à le charger. Ayant sauté à bas de son siège, le cocher ouvrit la portière. La cliente, qui avait glissé une cartouche dans le barillet, pressait la détente, le canon posé sur sa tempe. Fort heureusement, le chien frappa sur un conduit vide et la désespérée put être désarmée. Conduite au commissariat de la Plaine-Monceau, Mme Simon profita d'un moment d'inattention du commissaire pour avaler le contenu d'un flacon d'éther. D'après ses déclarations, elle aurait tenté de se suicider à la suite de chagrins intimes. Le magistrat l'a envoyée à l'infirmerie spéciale. Le Petit Journal – 25 novembre 1909

 

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]