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28 nov. 09

Les actualités du 28 novembre 1909

Caruso

us-1908 Le ténors Clément et Caruso triomphent à New-York

New-York, 16 novembre 1909 - Dans-le cadre magnifique du New-Théâtre, M. Clément a fait ce soir son début en Amérique dans Werther. Pour la plupart des assistants, M. Clément, quoique n'ayant jamais chanté Aux Etats-Unis, était un ami avant le lever du rideau. En effet, cette foule qui se presse ce soir à la première représentation lyrique du New Théâtre est composée d'une élite mondaine pour qui la scène de l'Opéra-Comique à Paris est aussi familière que celle du Metropolitan Opera à New-York. Aussi dans les applaudissements qui ont accueilli le grand ténor français il y a eu plus que de l'appréciation; il y a eu la cordialité qui va à ces artistes qu'on connaît et qu'on aime.

En eut-il été autrement que le résultat serait le même : très en voix, le pas ferme et l'œil brillant, M. Clément est ce soir le Werther exquis que tout Paris, que l'Europe artistique admirent de longue date. Son interprétation de ce rôle a cette même qualité poétique qui se trahit dans ses attitudes, dans les moindres inflexions de sa voix. L'ovation que New-York vient de lui faire n'étonnera personne à Paris. M. Clément avait à ses côtés la plus mignonne, la plus ravissante Charlotte qu'on puisse imaginer, Mlle Géraldine Farrar qui faisait sa rentrée, plus jolie que jamais, la voix tout à fait reposée des épreuves de l'hiver dernier. Elle a chanté son rôle d'une manière digne de la partenaire d'un artiste tel que M. Clément; on ne peut dire plus.

Tous deux, ils vont rendre à l'art français de grands services : ce sont eux qui chanteront les rôles principaux dans la série d'opéras-comiques français qui sera donnée au New Théâtre, cet hiver; nul doute que le public new-yorkais considérera ce répertoire non seulement comme définitif, mais comme devant être augmenté d'année en année. M. Dinh Gilly dans le rôle d'Albert, Leo Devaux et Georges Bourgeois se sont acquittés de leurs tâches respectives avec grand mérite. M. Gilly possède un baryton agréable. Il a chanté et joué son rôle en vrai artiste.

Quant aux autres... ne soyons pas méchants. Bornons-nous à signaler, que la "Katchen" à qui nous avons demandé en français le chemin de la loge de M. Clément, nous a répondu "Içh verchtehe nicht meinherr !". Elle était bien dans son rôle.

Hier soir, rentrée triomphale de Caruso au Metropolitan Opéra, dont c'était l'ouverture annuelle, dans Gioconda. C'est un rôle que l'éminent ténor a souvent chanté à New-York. Il suffit de dire que M. Caruso, dont la voix est plus belle que jamais, a reçu un accueil chaleureux, qu'il a chanté avec une mesure parfaite et que jamais ovation n'a été plus méritée que celle qui a salué la fin de l'air Cielo e Mar. M. Caruso a partagé les honneurs avec M. Amato qui, dans le rôle de Barnaba, a remporte un magnifique succès, et Mme Destinn, dont la voix pure a charmé dans le rôle principal, comme dans tant d'autres déjà.

Tout ce qu'il y a d'élégant et d'artistique à New-York a salué M. Caruso hier soir, et M. Clément, ce soir. Chacun d'eux était digne, d'ailleurs, de la réception royale qui les attendait. Quant à Massenet, qu'il suffise de dire qu'après Hérodiade et Thaïs, la semaine dernière, et Werther ce soir, son triomphe sera continué demain soir, au début de Mlle Garden dans Sapho.

Le Figaro – 28 novembre 1909


EN BREF

Au nouveau cirque - La faveur du public pour le spectacle du Nouveau-Cirque va toujours en progressant. Grâce au soin averti avec lequel le directeur, M. Debray, choisit ses attractions, la coquette salle de la rue Saint-Honoré est comble à toutes les représentations. Le programme actuel comptera pour un des meilleurs ; il détient sans conteste le record des nouveautés sensationnelles, et il faudrait citer tous les numéros qui le composent. Mentionnons seulement Miss Clarke, une fringante écuyère de panneau ; le trio Ella endoira, dans leur fantaisie aérienne ; les Alberts, merveilleux équilibristes ; M. Guichenet, le seul écuyer d'école de l'heure présente ; les Pissiuti, deux véritables statues de marbre animées, dans leurs poses à cheval ; les Frédiani, dans une création équestre vraiment miraculeuse de souplesse, d'élégance et de présence d'esprit. Au cours de la représentation, le public est égayé par les lazzis des clowns : Foottit et ses fils, les frères Adbano, Peppino Chocolat, Armando, Mitchell, etc., tous très amusant et des plus originaux. Le spectacle se termine par cet inénarrable Chocolat-Aviateur, la joie des enfants et des grandes personnes, avec son vrai aéroplane « survolant » autour" de la salle. Il est tout naturel que des éléments aussi variés attirent une foule nombreuse au Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré et que le succès couronne les efforts de l'habile directeur, M. Debray. La Presse – 28 novembre 1909

Ecrasé par une auto des postes — M. Louis-Alexandre Oppenheimer, négociant en diamants, 7, rue Le Peletier, passait hier soir, vers six heures, rue du Faubourg-Montmartre, lorsqu'à, l'angle de la rue Geoffroy-Marie il fut renversé par une automobile des postes. Le lourd véhicule lui passa sur le corps. Relevé le thorax défoncé, les jambes broyées, le malheureux succomba presque aussitôt. Le corps, transporté provisoirement au poste central de la rue Drouot, a été ramené dans la soirée au domicile du défunt. M. Louis Oppenheimer, qui était âgé de soixante-deux ans, était né à Lucerne. Il exerçait avec ses frères le commerce des perles d'Orient. M. Millerand a envoyé un des attachés de son cabinet porter ses condoléances aux parents de la victime. De l'enquête ouverte par M. Rieux, commissaire de police du quartier du Faubourg-Montmartre, il semble résulter que la responsabilité du chauffeur ne serait pas engagée. Les témoins entendus ont déclaré que l'automobile allait à une allure modérée. M. Oppenheimer venait de traverser la chaussée. Au moment de s'engager sur le trottoir, pris de peur sans doute on voyant l'automobile venir sur lui, il eut, d'après les témoins entendus par M. Rieux un moment d'hésitation. Malgré les efforts du chauffeur, le véhicule atteignit M. Oppenheimer qui tomba sous les roues. Le Temps – 28 novembre 1909

Le tour du monde en poussant une barrique - Londres, 27 novembre — Les deux Italiens, MM. Vianello et Zanardi, qui cherchent à gagner un prix de 50,000 francs en faisant le tour du monde en poussant une barrique devant eux, sont arrivés ce soir à Londres. Ils avaient quitté Venise, leur point de départ, le 20 juin dernier. MM. Vianello et Zanardi ont accompli, parait-il, en moyenne, une distance de 27 kilomètres chaque jour. L'un des deux voyageurs est assis sur un siège disposé à l'intérieur du tonneau, alors, que l'autre est occupé à pousser. Le Matin – 28 novembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]